Question
Bonsoir Rav
Connaissez vous dans l’histoire des Rabbanim autodidactes qui ont appris la majorité de leur connaissance d’eux même sans Rav ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
La tradition est une continuation, une transmission.
Nos Sages nous enseignent que quelqu'un qui n'étudie pas dans un Beit Midrash, alors qu'il y en a un dans sa ville, n'a pas de part au monde futur (1).
De manière similaire, ils nous enseignent qu'il faut étudier ensemble, dans le dialogue (2).
D'ailleurs, c'est pour cette raison que quand on tranche la halah'a, il faut prendre conseil avec d'autres maîtres (3).
Certains soutiennent que de nos jours où tout est imprimé, les livres font lieu de h'avrouta (4).
Mais cet avis est amplement discuté et très peu l'acceptent. Ainsi, Rabbi Yehonathan Eybeschütz, par exemple, critique de manière vive Rabbi Yonah Téomim du fait qu'il se permet de prendre position contre le Shah', alors qu'il a étudié seul et pas dans un Beit Midrash (5), il semble soutenir que seuls qui ont étudié avec un groupe de personnes, selon la tradition peut se permettre de trancher la halah'a.
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(1) cf. Avot deRabbi Nathan, fin du chap. 36. Cf. encore Rambam, hil. Talmud Torah, chap. 3, hal. 12.
(2) cf. TB Berah'ot 63b ; Taanit 7a ; Guittin 60b, etc. cf. encore Makot 10a où l'on voit que le maître part dans une ville de refuge avec ses disciples, même si seulement un disciple est astreint d'y aller, parce qu'il faut qu'il puisse continuer à étudier en groupe avec un maître !
(3) cf. Maharsha sur Meguila 32a.
(4) cf. Rashbetz, Maguen Avot, chap. 1, mishna 6 et Orot Eilim (Pappo) sur Berah'ot, id. Cf. cependant resp. Rivash §445 ; Sefer H'aredim, intro. cond. 16 ; Sh. Ar. HaRav (H'abad), hil. Talmud Torah, chap. 4, al. 10 ; Mishna Beroura OH 155, s.k. 1 et Be'our Halah'a, ad loc. qui soutiennent tous que même de nos jours, il est interdit d'étudier seul.
(5) cf. Toumim §25.