Question
Chalom Rav,
Est-il permis d’amener à la piscine ces enfants jusqu’au 9av ? Il s’agit ici de prendre en compte le coté baignade (qui serait permis pour un sefarade jusqu’à chavoua sheh’al bo ?) et le coté loisir à part entière ?
Et de façon plus générale, les autres loisirs familiaux (qui apportent de la joie..), comme le zoo ect.. sont-ils interdits ? et depuis quand ?
Merci pour vos réponses.
Réponse du Rav Shmuel Elikan
1. Concernant la piscine pour les enfants, cela dépend des usages.
- Certains permettent jusqu'à la semaine du 9 av, voire même après en cas de besoin (1).
- D'autres permettent pour les enfants uniquement, de manière discrète (tzin'a), jusqu'au 9 av (2).
- D'autres encore interdisent, même pour des petits enfants dès la néoménie d'Av (3).
2. Concernant d'autres activités de loisirs, comme le zoo, etc. cela dépend de l'ambiance. Si ce n'est pas festif (comme aller au zoo), c'est permis (4).
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(1) cf. Yalkout Yossef OH 551, al. 13-14 et sources citées en note.
(2) cf. She'arim HaMetzouyanim BaHalah'a (Broyn) sur Kitz. Sh. Ar. (Gantzfried) §122, s.k. 12.
(3) cf. H'anoh' LaNoar, chap. 21, n. 4.
(4) Bien qu'il soit écrit dans le livre Yessod VeShoresh HaAvodah qu'il est recommandé de s'abstenir de se délecter pendant les Trois Semaines [entre le 17 Tammouz et le 9 Av] et que Rabbi H'aïm Pallache (dans son livre 'Massa H'aïm') a écrit qu'une coutume a été instituée dans sa communauté (en Turquie) pour éviter de se promener dans les vergers ou le long des plages et des rivières pendant les jours des Trois Semaines (et ses propos sont cités dans 'Sdei H'emed', section Bein HaMetzarim, 1,10) ; donc, malgré cela, les autres décisionnaires n'ont pas mentionné cet usage, et seuls certains livres contemporains évoquent cette rigueur. Il semble que ce soit une coutume de piété, et c'est pourquoi elle n'est pas mentionnée dans la plupart des ouvrages des décisionnaires.
La règle principale en halah'a est que c'est uniquement pendant les neuf jours qu'il faut réduire les activités agréables et les plaisirs qui mènent à la joie. Comme nous le voyons en ce qui concerne le commerce joyeux et la consommation de viande et de vin, qui sont interdits durant les neuf jours.
De même, il ne faut pas interdire les promenades pour des raisons de danger, car la prudence face au danger est une mitzva de la Torah, et la vigilance particulière pendant ces jours ne nécessite pas d'établir de nouvelles règles de précaution… Donc, soit c'est dangereux et on n'y va pas de toute façon, soit ce n'est pas dangereux et on peut y aller.
De même, la règle concernant la baignade en mer ou en rivière, qui ressemble à une promenade tant par le plaisir qu'elle procure que par le danger qu'elle peut représenter, doit être comprise de la même manière. Bien qu'il y ait ceux qui se montrent stricts à ce sujet (cf. p. ex. Mekor Haïm (Bah'rah') OH 551,4), de nombreux autres permettent cela, et nous trouvons dans le Troumat HaDeshen' (§150) que les gens avaient l'habitude de se baigner dans les rivières pendant les neuf jours sans qu'on ne les en empêche ou qu'on leur reproche quoique ce soit.
De manière similaire dans le Shoul'han Gavoa (OH 551), il est écrit que la coutume à Salonique était de nager en mer même la veille de Tisha BeAv.
De même, le rav Ovadia Yossef écrit (resp. Yeh'ave Da'at, vol. 1, §38) qu'il est permis de nager dans une piscine ou en mer même durant la semaine où tombe Tisha BeAv.
Cependant, comme l'écrit le rav Eliezer Melamed dans son Pninei Halah'a, il semble qu'en raison de l'instruction de réduire la joie, il convient de s'abstenir de baignades récréatives pendant les neuf jours dans la mesure où cela procure de la joie.