Question
En cas de séjour prolongé dans un abri, on peut s'attendre à ce qu'il y règne au bout d'un certain temps une odeur liée à la présence d'excréments, ce qui d'ordinaire pose problème pour étudier/prier/réciter des psaumes.
Dans ce contexte très particulier, dont on espère bien sûr qu'il reste théorique, peut-on néanmoins envisager de poursuivre ces activités? Y aurait-il alors des mesures particulières à prendre ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Cela dépend de l'origine des odeurs.
Si cela provient d'excréments visibles, cela est problématique - en effet, il est interdit de dire, voire de penser, à des choses saintes dans un lieu où se trouve excrément ou quelqu'élément méphitique, tel que nous l'a enseigné Moshé :
« Tu te tourneras (vers la fosse) et recouvriras tes déjections. Car l'Eternel ton Dieu marche à l’intérieur de ton camp (…) et ton camp sera saint » (1).
Nos Sages expliquent que tout ce qui se trouve autour de l'homme, dans un rayon de quatre coudées (soit environ deux mètres), est considéré comme son « camp ». Par conséquent, s’il se trouve une ordure à l'intérieur de ses quatre coudées, son camp "n'est pas saint" et il sera interdit d'y prier (2).
Si l'ordure malodorante se trouve face à nous, et n'est pas recouverte, on ne peut pas prier tant qu'on peut la voir.
Et si son odeur se répand, il faut s'éloigner de quatre coudées à partir de l'endroit où l'odeur n'est plus perceptible, a priori (3).
Si les excréments sont recouverts et l'odeur ne parvient pas - on peut prier là bas (4).
Et selon beaucoup, dans ce cas où les défections sont recouvertes, il est possible d'utiliser du parfum etc. pour "recouvrir" les mauvaises odeurs et alors on pourra prier (5).
Selon certains, si c'est recouvert, mais qu'il y a néanmoins des odeurs, on ne peut pas prier et réciter le Shema là bas, c'est-à-dire dans les deux mètres alentour, mais on pourrait étudier (6).
Puissions nous connaître de jours meilleurs.
Bessorot tovot
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(1) Devarim 23, 14-15. Cf. comm. ad loc.
(2) cf. TB Eirouvin 51a ; Sh. Ar. OH 79,1 et comm. dont Mishna Beroura s.k. 1-2 et Kaf haH'ayim (Sofer), s.k. 3-4.
(3) bien que certains soient plus stricts, on peut largement s'appuyer sur cet avis, surtout en cas de besoin, comme dans un abri anti-bombes - cf. Yalkout Yossef, vol. I, p. 130, note 16.
(4) cf. Mishna Beroura OH 76, s.k. 12-14.
(5) cf. Sdei H'emed (Medini), vol. X, Tzavaat haMeh'aber, Perek haGuessisa, §10 ; Maamar Mordeh'ai (Eliahou), chap. 14, al. 99.
(6) cf. Kaf haH'ayim (Sofer) OH 79, s.k. 1 qui définit cela comme odeur n'ayant pas de consistance ( ein bo mamash ), semblable à l'aérophagie où il a été fixé qu'on peut étudier mais pas prier là où l'odeur est forte - cf. Sh. Ar. OH 79,9 et comm.