Rav Elikan
Divers
Divers26 février 2024Questeur #88WhatsApp

Question

Bonsoir Rav

Est il interdit/déconseillé de croiser les doigts quand on dit quelque chose dont on est pas sûr (en signe de chance) ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Certains kabbalistes écrivent qu'a priori on ne croise pas les doigts des mains, car ils représentent des vertus du Divin qui sont différentes et on ne saurait les mélanger (1).

Toutefois pour quiconque qui n'est pas kabbaliste, il n'y a aucun interdit à croiser ses doigts/mains (2), d'une part.

Et d'autre part, la croyance selon laquelle en croisant les doigts on ne dirait pas la vérité, n'a rien à voir avec le judaïsme (3) et il faut s'éloigner du mensonge le plus possible, le fait de "croiser ses doigts" n'aidant en rien (4).

En résumé : ce n'est pas formellement interdit (sauf si on suit les kabbalistes).

Par ailleurs, si on ne dit pas de mensonge, on pourrait croiser les doigts, mais ce n'est ni l'usage, ni conseillé, car on s'éloigne de cela, pour éviter de mentir.

__________

(1) cf. Zohar, vol. III (Vayikra), 24a ; Ari zal, Sha'ar haMitzvot, par. Ekev ; Sha'ar haGuilgoulim, hakdama 12, al. 2 ; hakdama 39 Sha'ar Yotzer veKriyat Shema ; Even haShoham, §6, al. 67 ; Or haH'ama (de ribbi Avraham Azoulay), p. 21a ; Moed leKhol H'aï (Pallache), §38 ; TaZ OH 95 vers la fin ; etc.

(2) cf. TB Shabbat 10a et Rashi ad loc. ; Rashbetz sur mass. Avot, chap. 2, Mishna 13 ; Kaf haH'ayim (Sofer), OH 95 s.k. 52 et OH 98, s.k. 28 qui explique que si ce n'est pas fait volontairement, il n'y a aucun problème et id. dans le Ben Ish H'aï, 2ème année, par. Pinh'as, al. 18.

(3) selon Rabbenou Bah'ya Ibn Asher, dans son comm. sur par. Nitzavim - Devarim 30,7 il s'agit d'un usage édomite duquel il faudrait s'abstenir. Et c'est également ce qui ressort des propos du rav Kaniewsky (Dereh' Sih'a, par. Leh' Leh'a) ; resp. Az Nidberou, vol. II, §25 ; et c'était également l'usage au Maroc d'éviter de croiser les doigts, parce qu'il s'agirait d'un usage chrétien - cf. resp. Ravid HaZahav, vol. II, §34 ; Netivot haMaghreb, p. 294 ; Sih'at H'ah'amim, §62, p. 78 ; resp. Meh'kerei Aretz, vol. VI ; resp. Shraga haMéïr, vol. II, §7, al. 2 ; etc.

(4) cf. Shemot 23,7 et comm. ; Yireim, §235 ; SMaG, comm. pos. §107 ; SMaK, comm. 227 ; Rashbetz, Zohar haRakiya, §159.