Question
Bonjour Rav,
Question bar mitsva. Deux cousins, E et A, sont nés à une semaine d'intervalle. A peut-il faire hanahat tefillin le même jour que E, soit 1 semaine avant ses 13 ans (sachant qu'il est par ailleurs pubère)? Peut-il être baal kore ? Shaliah tsibbur ? Merci !
Réponse du Rav Shmuel Elikan
On a pour usage qu'un enfant n'ayant pas encore atteint l’âge de la bar-mitsva ne lit pas et ne monte pas à la Torah (1).
Cependant, selon plusieurs décisionnaires (2), un garçon qui commence à mettre les téfilines quelques jours avant d'atteindre ses treize ans et qui célèbre avec ses parents dans un cadre festif à la synagogue, un lundi ou un jeudi, est autorisé à monter et lire dans la Torah.
Pour être shaliah' tzibour à ce moment-là, c'est plus problématique (3).
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(1) Cf. Mishna Beroura, OH 282, s.k. 11 ; Kaf haH'ayim (Sofer), id. s.k. 24.
(2) cf. resp. Yeh'aveh Da'at (Yossef), vol. II, §15.
(3) En effet, le Beit Yossef, se basant sur une responsa du Rashba au nom du Ra'avad, statue dans le Sh. Ar. OH 53, 10 :
> « Il faut trouver une justification pour les endroits où il est d’usage que les enfants descendent devant l’arche sainte pour diriger la prière d'Arvit à la sortie de Shabbat. »
Le Rema ajoute :
> « Dans les endroits où cela n'est pas une coutume, un enfant ne doit pas diriger la prière, même pour Arvit. Et même s'il atteint l’âge de treize ans le jour de Shabbat, il ne doit pas diriger Arvit de Shabbat (avant la tombée de la nuit), car il n'a pas encore pleinement atteint ses treize ans » (Mahari"l).
Il est ici question d'endroits où l’on permettait à un orphelin de diriger Arvit, quelques jours avant sa bar mitzva, même s'il n’avait pas encore atteint l’âge de treize ans et un jour.
En général, un enfant ne peut pas être shaliah' tsibour (officiant) pour deux raisons principales :
1. Il ne peut pas acquitter les autres de leur obligation, car lui-même n'est pas encore pleinement soumis à l'obligation des prières.
2. On considère que ce n'est pas respectueux pour la communauté qu'un enfant la dirige.
Et bien qu'Arvit ne contienne ni répétition de la A'mida ni Kedousha, elle inclut tout de même le Kaddish et le Bareh'ou, qui nécessitent la présence d'un quorum (de dix hommes adultes), et un enfant, qui n'est pas compté dans le minyan, ne peut pas les réciter.
Cependant, comme il était d'usage dans certains endroits qu'un orphelin dirige Arvit, le Beit Yossef a trouvé une justification :
1. Arvit ne comporte pas de répétition ni de Kedousha, ce qui le rend moins problématique que les prières de Shah'arit et Minh'a.
2. De plus, Arvit est considéré comme une prière facultative (dans sa forme initiale), ce qui permet d’être plus indulgent.
Toutefois, l'intention du Sh. Ar. n'est pas de permettre cela dans les endroits où ce n'est pas une coutume, mais uniquement de justifier les lieux où cela était pratiqué.
Donc même si on peut justifier cet usage il dit bien qu'a priori, il ne faut pas agir ainsi.