Rav Elikan
Fetes
Fetes30 septembre 2025Questeur #144WhatsApp

Question

Bonjour Rav,

Est il autorisé de recevoir des non juifs sous une soucca pendant hol amoed pour partager un repas ?

Certains rabbins de communauté disent non, tandis que je sais pour l'avoir vécu que des communautés très frum l'ont fait pendant plusieurs années.

Merci d'avance

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Absolument aucun problème.

Ceux qui pensent le contraire se basent sur des concepts kabbalistiques uniquement, sans fondement halah'ique, et devraient, logiquement, également interdire à une femme ayant ses menstruations d'entrer dans la soukka, comme le dit l'Admour de Zanz (1)…

Or, on voit bien que ce n'est pas ce que disent les décisionnaires.

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(1) Le Rav Sofer, dans le Kaf Ha‘Haïm (OH 639, s.k. 6), met en garde de ne pas inviter un non-juif dans la soukka, car alors « la sainteté s’enfuit de la soukka » et les Ouchpizin Kadishin (les « invités célestes ») « le maudissent » (!). De même, il est écrit dans le commentaire Maassé Oreg du Rav Aharon HaLévi sur le Mah'zor (éd. Rödelheim), au nom du Ra'avan (même si je n’ai pas trouvé l’endroit précis…) et du Rav Mordeh'ai Kohen de Safed (dans son commentaire Shah' sur la Torah, parachat Emor 23), qui rapporte cela en lien avec le poème liturgique du deuxième jour de Soukkot : « Et l’incirconcis ne participera pas à son enceinte ».

Dans le H'akal Yits‘hak (de Rabbi Yitzh'ak de Spinka, parashat Vayera, sur le verset vayisha‘anu tah'at ha‘ets), il écrit au nom de son père l’Imré Yossef de Spinka :

> « J’ai parlé avec notre maître et il a accepté qu’il ne faut pas faire entrer un non-juif dans la soukka, mais seulement sortir dehors pour lui parler (comme il est dit dans Kélim chap. 1), car l’enceinte sainte (‘heïl) n’est pas permise aux non-juifs, et il est logique que la soukka ait certainement une sainteté semblable à celle du ‘heïl. »

C’est-à-dire qu’il applique à la soukka la sainteté du Temple (qui est encore plus élevée que celle du Mont du Temple, comme il ressort du traité Kélim 1, michna 8) !

Et par conséquent, il va de soi qu’une femme nidda ne pourrait pas y entrer… et cette opinion est répandue parmi certains Admourim. Le conseil préconisé est alors de fermer le toit au-dessus du seh'ah', et ainsi il devient possible d’héberger le non-juif, même selon cet "avis".

C'est ce qu'a écrit l’Admour de Sanz-Klausenburg dans ses responsa Divrei Yatziv, OH, vol. II, §274, al. 3 interdisant à une femme nidda de la même manière, et c’est cité dans le livre du Rav Gabriel Zinner (Niteï Gavriel, lois de Soukkot, chap. 63, al. 9, note 10). C'est également l'avis du Admour de Munkacz, Rabbi H'aïm El'azar Shapira (dans Nimoukei Ora‘h ‘Haïm 639, et encore dans son Minh'at El'azar et Sha'ar Yissah'ar, essai sur les jours de fête, §5). Tous deux se basent en fait sur Rabbi Pinh'as de Koretz (Imrei Pinh'as – Mo'adim §168 et aussi dans Midrash Pinh'as, cité dans Piskei Teshouvot, OH 639, §3).

Cependant, quasiment tous les grands maîtres d’Israël ne sont pas du tout de cet avis, et n'ont même jamais envisagé d’interdire ! C'est pourquoi, cela figure comme chose permise et simple, sans aucune question, chez les grands décisionnaires.

On notera qu'il y a certes quelques rabbins qui ont discuté la question halah'iquement et ont conclu à la permission - voir par exemple Minh'at Solet du Rav David Tsvi Zehmann, Av Beit Din de Dukla, sur le Minh'at H'inouh', vol. II, introduction, al. 7-8 ; il était le grand-père du Rav Pi‘'has Hirschprung de Montréal - et le Rabbi de Loubavitch a écrit des notes sur son livre, voir Shemen Sasson Me-h'averékha, vol. I, pp. 173-174.