Rav Elikan
Berakhot
Berakhot12 décembre 2025Questeur #2WhatsApp

Question

Shalom Rav,

Doit-on réciter שהחיינו sur une veste?

Si oui, étant donné que je la porte depuis une semaine, puis-je encore le faire ou cette ברכה ne doit être prononcée que la première fois où porte l'habit?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

1. Oui, on récite shéhéh'eyanou sur une veste, dans la mesure où l'achat nous engendre de la joie (1).

2. On ne fait plus la bénédiction avec le Nom Divin une fois que le vêtement a été porté par nous plusieurs fois, mais on peut la réciter sans Shem ouMalh'out (2).

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(1) La bénédiction de "Shéhéh'eyanou" a été instituée pour les choses nouvelles qui réjouissent l'âme de l'homme, comme celui qui achète des vêtements, des ustensiles, des meubles ou des bijoux, ou qui les reçoit en cadeau. Cependant, pour les choses de la vie courante, comme le salaire mensuel qu'une personne reçoit - bien que sa valeur soit bien supérieure à celle d'un vêtement neuf - on ne récite pas "Shehe'heyanou". De même, pour la nourriture qu'une personne achète de temps à autre, même si son prix est élevé, on ne récite pas "Shehe'heyanou". On peut dire que pour la vie courante (la routine), les Sages ont institué les bénédictions fixes que nous récitons lors des bénédictions du matin (Birkat HaSha'har), dans la prière et dans les bénédictions de profit (Birkat HaNéhénin), alors que la bénédiction de "Shehe'heyanou" a été instituée pour une chose qui comporte une nouveauté et une joie. Même pour un vêtement ordinaire, comme une belle chemise, tant que l'on s'en réjouit, on fait la bénédiction. Même celui qui possède déjà de nombreuses chemises, s'il en achète une nouvelle ou la reçoit en cadeau et qu'il en est heureux, il récitera "Shehe'heyanou". Et même s'il a acheté ou reçu en cadeau un vêtement d'occasion ("de seconde main"), s'il s'agit d'un vêtement honorable que les gens portent avec dignité, et qu'il en est lui-même heureux, il récitera "Shehe'heyanou". La loi est la même concernant la vaisselle, les bijoux et assimilés (Shoulh'an Aroukh OH 223, 3). Toutefois, les personnes riches ou indifférentes, que l'achat d'un vêtement ordinaire ne réjouit pas, ne peuvent pas réciter la bénédiction dessus. En effet, comment pourraient-elles dire "qui nous a fait vivre, qui nous a maintenus et qui nous a fait arriver [à ce moment]" alors qu'elles ne sont pas joyeuses ? Cependant, pour un vêtement important, comme un costume ou une robe de luxe qui leur procure un peu de joie, elles réciteront la bénédiction. Et si elles ne ressentent aucune joie du tout, elles perdent la bénédiction (Radbaz rapporté par le Mishna Beroura OH 223, s.k. 13).

Mais la plupart des gens se réjouissent de l'achat de vêtements ordinaires, tels qu'une chemise, un pantalon, une belle cravate, une jupe, un Talit Katan, un beau chapeau ou un pyjama et a fortiori une veste qui est généralement plus chère ; ainsi, pour tout achat d'un tel vêtement, il convient de remercier Dieu par la bénédiction de "Shehe'heyanou". Ce n'est que pour l'achat de vêtements simples et bon marché, avec lesquels on n'a pas l'habitude de se réjouir - comme des chaussettes, des sous-vêtements, un foulard simple, un T-shirt simple - qu'il ne faut pas nécessairement réciter "Shehe'heyanou". Même une personne pauvre, qui serait très heureux de son achat, ne récitera pas la bénédiction selon la majorité des décisionnaires, car il ne convient pas de prononcer une bénédiction sur une chose mineure qui n'est pas considérée comme joyeuse aux yeux de la plupart des gens. Il convient cependant qu'il remercie Dieu avec ses propres mots, ou qu'il dise la bénédiction sans prononcer le Nom de Dieu ni rappeler Sa royauté (sans "Shem OuMalkhout").

En résumé, deux conditions sont requises pour la bénédiction de "Shehe'heyanu" : a. Que celui qui bénit soit joyeux du vêtement ou de l'objet nouveau.

b. Qu'il s'agisse d'un vêtement ou d'un objet avec lequel beaucoup de gens ont l'habitude de se réjouir.

Quelles sont les sources à cela ? En vérité, c'est ce que nous avons appris dans le traité Berakhot (54a) : "S'il a construit une nouvelle maison ou acheté de nouveaux ustensiles, il dit : Baroukh... Shehe'heyanu Vehigiyanou Lazman Hazé". Et dans la Guémara (60a), une controverse est rapportée quant à savoir sur quel vêtement on bénit. L'opinion de Rabbi Yo'hanan, dans la conclusion (Lichna Batra), est que même s'il a acheté un vêtement neuf et qu'il en achète ensuite un autre similaire, il bénit "Shehe'heyanu". Le Rif, le Rosh et le Shoulh'an Aroukh (OH 223, 3) ont tranché comme Rabbi Yo'hanan. Et dans le Talmud de Jérusalem (chap. 9, hal. 3) : "Rabbi 'Hiya bar Ba a dit : Pas seulement des vêtements neufs, mais même des vêtements usagés, s'ils sont comme neufs pour lui". Ces propos ont été rapportés comme Halakha par les Tosafot (59b), le Rosh et le Shoulh'an Aroukh (OH 223, 3).

Il ressort des paroles du Talmud de Babylone et de Jérusalem que sur un vêtement ordinaire, même d'occasion, s'il est nouveau pour lui, il doit bénir. (Voir Bedek HaBayit dans le Beit Yossef OH 223,3). Cependant, les Tossafot (Berakhot 59b, s.v. Rabbi Yo'hanan) ont écrit : "Et Rabbi (Yitz'hak) dit que c'est précisément pour des vêtements importants — de même qu'il a mentionné 'maison neuve', il parle d'ustensiles neufs — mais pour ceux qui ne sont pas si importants, comme des chaussures, des chaussettes (Anpilaot), une chemise de corps ('Halouk) et assimilés, il n'est pas nécessaire de bénir". (Le terme 'Halouk désigne un sous-vêtement comme un maillot de corps). Il est difficile de dire que son intention était que l'on ne bénisse que sur des vêtements particulièrement importants, car comment expliquerait-il les propos de la Guémara et du Jérusalem ? Il est plutôt venu enseigner une nouveauté : que sur des vêtements très simples, comme des chaussettes et des maillots de corps, qui n'ont pas d'importance, on ne bénit pas. C'est ce qui ressort des propos des Rishonim qui l'ont cité : Le Roch a écrit qu'on ne bénit pas sur "une petite chose qui n'est pas si importante", et c'est aussi ce qu'écrit le Bet Yossef (223, 6). Le Ritva a écrit qu'on ne bénit pas sur "une chose moindre". Le Meïri a écrit qu'on ne bénit pas sur "des vêtements fins" (linge de corps). Et dans le Teroumat HaDeshen (36), il écrit qu'on bénit sur des ustensiles "un peu importants", mais pas sur des ustensiles "qui ne sont pas importants du tout". Il en résulte qu'on ne bénit pas sur des choses qui n'ont aucune importance, mais sur des vêtements standards ("stam"), on bénit. C'est ce qu'a écrit l'auteur du livre Vezot HaBrakha (p. 166, n. 8), contrairement au Sha'arei HaBrakha (§20, n. 79) et au Piskei Teshouvot (OH 223, §6). Il est admis de dire qu'une chemise est déjà une chose importante, à condition qu'il s'agisse d'une chemise que des gens respectables portent.

Nous trouvons de même dans le Shoul'han Aroukh (OH 22,1) : "S'il a acheté un Talit et y a mis des Tsitsit, il bénit Shehe'heyanou, car ce n'est pas moindre que des vêtements neufs". Il n'a pas fait de distinction entre un grand Talit et un petit (Katan). Et dans le Ben Ish 'Haï (Bereshit, al. 7), il écrit que s'il a fait le Talit Katan avec une étoffe importante, il bénit "Shehe'heyanou". C'est aussi ce qu'écrit le Rav Sofer dans son Kaf HaH'aïm (OH 22,5). Et le rav Moshé Lévy écrit dans Birkat Hashem (Vol IV, chap. 2, al. 232) qu'un Talit Katan en laine est considéré comme une chose importante. Mais pour beaucoup, les t-shirts simples, comme ceux sur lesquels on a l'habitude d'imprimer des marques, et que seules les gens simples et les adolescents ont l'habitude de porter - on ne bénit pas. De même pour les ustensiles de maison simples dont le prix est bas, selon beaucoup - on ne bénit pas, sauf si, comme dit, cela nous procure beaucoup de joie et qu'ils ont quand même une valeur minimale objective (ce n'est pas un bibelot).

(2) Le Rav Yaïr Bah'rah', auteur du H'avot Yaïr, dans son ouvrage Mekor H'aïm (Kitsour Halakhot, OH 223,4), écrit qu'il ne faut pas réciter la bénédiction après la première utilisation. De même, il convient de consulter par ailleurs ce que dit le Rav Shnéor Zalman de Liadi (fondateur de la h'assidout H'abad) dans le Seder Birkat Hanéhénin (chap. 12, al. 4) qui écrit que l'on peut réciter la bénédiction sur le vêtement tant qu'on ne l'a pas retiré. Cependant, si on l'a retiré avec l'intention de ne pas le remettre immédiatement, mais seulement ultérieurement, on ne récitera pas la bénédiction lors du second port (le deuxième habillage). Voir également H'azon Ovadia - Berah'ot (p. 402, n. 6) et Halih'ot Shlomo (Auerbach), vol. I (Tefila), chap. 23, Devar Halah'a, s.k. 22).