Question
Bonjour rav
Pour une personne étant née d'un père juif et d'une mère non juive
L'enfant s'étant converti avec sa mère en étant petit au judaïsme
Est ce que celui ci a un statut de converti ?
Et est ce que le père de celui ci (donc juif) est considéré selon la halaha comme son père ( héritage, respect des parents)?
Doit on l'appeler à la Torah ben avraham ou ben [nom du père] ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
1. Si l'enfant s'est converti petit avec sa mère et que cette conversion a été reconnue par des autorités religieuses compétentes, à savoir un tribunal rabbinique reconnu - il est juif,
dans la mesure où à l'âge de 13 ans il n'a pas renoncé à son identité juive.
A noter que certains requièrent malgré tout un guiyour leh'oumra c'est-à-dire une conversion rapide supplémentaire "pour être sûrs".
En outre, si cette personne convertie enfant a renoncé à son judaïsme ou que la première conversion n'a pas été reconnue ou validée, il devra se convertir à nouveau.
2. Dès que l'on se convertit on est "comparable à un enfant naissant" c'est à dire que l'on devient une "nouvelle entité" et par conséquent il n'y a plus de lien halah'ique au père biologique. Ainsi, halah'iquement, son héritage ne nous revient pas de droit (1).
Dans certains cas, bien souvent, s'il n'y a pas d'autres héritiers, le tribunal rabbinique tente de trouver des moyens de faire parvenir malgré tout l'héritage, mais ce n'est pas évident.
Concernant le respect des parents, on le leur doit dans la mesure où ils nous ont élevé, nonobstant le fait qu'halah'iquement on n'ait pas le yih'ouss de son père (c'est à dire qu'on n'est pas considéré comme sa descendance) (2).
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(1) cf. resp. Maharshdam HM § 305 ; resp. Mishpetei Ouziel vol. II YD § 60, al. 3 ; resp. Mishneh Halah'ot vol. XIV, § 238.
(2) cf. Rambam, hil. Mamrim, chap. 5, Hal. 10 ; resp. Iggrot Moshé (Feinstein), vol. II, §130.