Rav Elikan
Chabbat
Chabbat27 mars 2025Questeur #170WhatsApp

Question

Bonsoir Rav

Est il autorisé de porter un enfant shabat dans la rue sans eruv?

Si il sait marcher? Si il dort ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

C'est problématique et on évite a priori (1).

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(1) Dans le traité Chabbat 94a, il est enseigné que "un être vivant porte son propre poids" ("h'aï nossé ète atzmo"), ce qui signifie que celui qui transporte une personne vivante dans le domaine public le shabbat est exempt selon la Torah, mais cela reste interdit rabbinique.

Les décisionnaires divergent sur la raison et la définition de cette exemption : qui est considéré comme "portant son propre poids" ?

Selon tous les avis, une personne malade ou ligotée, incapable de marcher seule, voire endormie, n'est pas considérée comme "portant son propre poids". Par conséquent, quiconque transporte une telle personne dans le domaine public le shabbat est passible.

Concernant un jeune enfant, les avis sont partagés. Pour la majorité des décisionnaires, un bébé incapable de marcher seul ne rentre pas dans la catégorie de "un être vivant porte son propre poids", et le porter dans le domaine public le shabbat constitue une interdiction d’ordre toranique.

Cependant Rabbi Akiva Eiger (Resp. OH §28) cite la réponse du Pri Tevoua, qui tranche que dans un endroit qui n’est pas un domaine public au sens strict de la Torah (où l’interdiction de porter est donc seulement rabbinique - comme "karmelit" ou "mekom ptor"), il est permis de porter un petit enfant capable de marcher, car même dans un véritable domaine public, cette interdiction n'est que rabbinique. L’interdire également dans un lieu qui n’est pas un domaine public au sens strict reviendrait à instituer un décret sur un autre décret, ce que les Sages n'ont pas fait.

Cependant, la plupart des décisionnaires rejettent cette opinion, et même Rabbi Akiva Eiger lui-même la réfute. Il écrit à ce sujet :

> "Dans la mesure où ils transgresseraient de toute façon sans nous écouter, il vaut mieux se taire plutôt que de leur interdire. Mais pour les personnes pieuses qui viennent poser la question et cherchent la vérité selon la loi, il convient de leur enseigner l’interdiction".

Toutefois, certains décisionnaires récents ont écrit qu'en cas de nécessité, par exemple si un enfant pleure et refuse de marcher seul en demandant à être porté, il est possible de s'appuyer a posteriori sur cette opinion.