Rav Elikan
Torah
Torah13 septembre 2023Questeur #41WhatsApp

Question

Chalom,

Selon le Rambam dans son introduction au Mishné Torah, le Talmud de Babylone est l’autorité halakique suprême:

(לא) לפיכך אין כופין אנשי מדינה זו לנהוג במנהגנא מדינה אחרת, ואין אומרין לבית דין זה לגזור גזירה שגזרה בית דין אחר במדינתו. וכן, אם למד אחד מן הגאונים שדרך המשפט כך הוא, ונתבאר לבית דין אחר שעמד אחריו שאין זה דרך המשפט הכתוב בתלמוד, אין שומעין לראשון, אלא למי שהדעת נוטה לדבריו, בין ראשון בין אחרון:

(לב) ודברים הללו בדינים וגזירות ותקנות ומנהגות שנתחדשו אחר חיבור התלמוד. אבל כל הדברים שבתלמוד הבבלי, חייבין כל בית ישראל ללכת בהם, וכופין כל עיר ועיר וכל מדינה ומדינה לנהוג בכל המנהגות שנהגו חכמים שבתלמוד ולגזור גזירותם וללכת בתקנותם:

(לג) הואיל וכל אותן הדברים שבתלמוד הסכימו עליהם כל ישראל, ואותן החכמים שהתקינו או שגזרו או שהנהיגו או שדנו דין ולמדו שהמשפט כך הוא, הם כל חכמי ישראל או רובן, והם ששמעו הקבלה בעיקרי התורה כולה איש מפי איש עד משהנג:

Dans ce cas, pourquoi s’est-il basé sur d’autres sources halakhiques (midrashe halakha et Yerushalmi) qui contredisent parfois le Bavli, ainsi que sur des sources aggadiques (Hilkhot Maakhalot Assourot 9:2 selon le Maggid Mishné; Hilkhot Issourei Biah début chap. 21 et Avot DeRabbi Nathan début chap. 2), des interprétations bibliques de son cru et des svarot (Hilkhot Issourei Biah 12:10 ; Hilkhot Melakhim 6:7 ; Hilkhot Evel 1:5…)?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Il existe trois grandes approches :

1. Maïmonide a toujours donné préséance au Talmud de Babylone et lorsque d'autres sources sont rapportées c'est qu'on peut lire le Talmud de Babylone ainsi (selon la tradition des Guéonim notamment qui avaient souvent une version du texte un peu différente) ou que ce n'est pas contradictoire

(c'est l'approche des rabbanim Benedict, Kaffih', Goren, nos maîtres le rav Rabinovitch zts"l et (pour une longue vie) le rav Yonathan Rozin, ainsi que de nombreux autres).

2. Il y aurait une distinction à faire entre "Talmud Arouh'" qui fait force de loi et les questions d'ordre philosophique, médical, etc. qui ne font pas autorité et dans quel cas le Talmud de Jérusalem ou d'autres sources peuvent être plus pertinentes que le Talmud de Babylone

(thèse défendue par prof. Ouziel Fuchs à noter que le Rav Shilat soutient des propos assez proches dans son article sur l'autorité rabbinique quant aux questions philosophiques dans Maaliot n°40).

3. Il faudrait voir le Talmud comme composé de différentes parties. Or, seulement ce qui a été largement accepté par la suite, fait office d'autorité selon le Rambam et c'est ainsi qu'il faudrait lire cette introduction

(thèse défendue, entre autres, par le rav Sagi Mazouz d'Eretz H'emda dans sa thèse de Master en Talmud à l'université de Bar Ilan, intitulée "Stiotav shel haRambam min haTalmud haBavli").