Question
Shalom Harav
Est ce qu on peut a priori utiliser les ascenseurs de shabat qui se trouvent un peu partout en Israel ?
Y a t il une différence s’il on est en bonne ou mauvaise sante ?
Peut on en ce sens décider de prendre un appartement au 15e ou 20e etage sachant que quasiment tout le temps, on prendra l’ascenseur de shabat
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Oui, il y a sur qui s'appuyer (1).
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(1) L'ascenseur de Shabbat s'arrête automatiquement à chaque étage et les portes s'ouvrent d’elles-mêmes. L'avis du Rav Shlomo Zalman Auerbach, tel que rapporté dans le livre Shemirat Shabbat KeHilh'ata (chap. 23, al. 49, et dans la nouvelle édition chap. 58 ; voir là-bas la note 166), est de permettre l'utilisation d'un tel ascenseur pendant Shabbat, à condition de ne presser aucun bouton, et de faire attention à ne pas passer ou toucher les portes de l’ascenseur au moment où elles vont se refermer. Sa raison est que, même si l’intensité du courant augmente ou diminue, on ne peut attribuer cette variation au poids du corps, car il n’y a aucun changement dans la vitesse de descente et tout fonctionne exactement de la même façon que s’il n’y avait personne à l’intérieur. C’est donc comme si l’homme n’avait rien fait : il n’a eu aucune intention particulière, tout se fait automatiquement et de manière indirecte (grama). Voir aussi la note là-bas où il développe longuement sa position.
Malgré tout certains sont plus stricts, ainsi dans les responsa Minh'at Yitzh'ak (vol. III, §60), et selon d'autres décisionnaires, on peut trouver que l'usage de cet ascenseur pendant shabbat serait interdit, car le poids de la personne entraînerait une augmentation du courant et l’activation de plusieurs circuits électriques lors de la descente. Parfois, des voyants lumineux s'allumeraient lors de la montée ou de la descente, et le poids de l'homme contribuerait à tout cela.
Je ne crois pas que ce soit le cas aujourd'hui.
Dans le livre Ma'aliot beShabbat (chap. 1 et chap. 7), il est écrit qu'il est quand même permis de monter avec un tel ascenseur pendant shabbat, car le poids de la personne ne participe pas à l’élévation de la cabine.
"Et bien que le poids entraîne une consommation de courant plus élevée par le moteur, l’ajout de courant en soi ne constitue pas une interdiction. Toutefois, descendre avec cet ascenseur serait interdit, car le poids de l’homme participe à la descente, ce qui activerait plusieurs circuits électriques et générerait ainsi un nouveau courant. De plus, des voyants lumineux peuvent s’allumer, contenant des filaments incandescents. Cela serait alors considéré comme un acte direct et non indirect (kile'ah'ar yad), car c’est ainsi que ces circuits sont activés".
Dans le livre Menouh'at Ahava (vol. I, chap. 24, al. 16), le rav Lévy écrivait qu’il fallait être strict et ne pas utiliser du tout l'ascenseur, car même si lors de la montée, le poids ne participe pas à l’élévation de la cabine, il provoquerait néanmoins une augmentation de l’intensité du courant. En effet, lorsque le poids des passagers dépasse la moitié de la charge maximale, le moteur consomme plus de courant. Selon lui, la halah'a suit principalement l’avis du Minh'at Yitzh'ak (ibid. §38) qui interdit toute augmentation de courant pendant Shabbat. Néanmoins, en cas de besoin, on peut être indulgent, mais uniquement pour la montée, comme il est écrit dans le livre "Ma'aliot beShabbat" (ibid.).
En résumé, malgré ces avis plus stricts, ceux qui se montrent indulgents ont sur qui s’appuyer - voir resp. Yabia Omer (Yossef), vol. XI, OH §24.
En particulier en cas de besoin, comme pour des personnes âgées ou malades ou dans de hauts bâtiments.
Il convient encore de souligner que certains décisionnaires de la génération précédente (dont certains sont mentionnés ci-dessus) parlaient d’ascenseurs automatiques d’autrefois, sans mécanisme spécifique pour shabbat. Aujourd’hui, des certifications sont délivrées par des instituts technologiques qui s’assurent que les ascenseurs ne fonctionnent pas selon un principe de grama, mais d'une manière encore plus éloignée de l'action humaine directe, chacun selon sa méthode. Ces certifications ont reçu l’approbation de grands décisionnaires. Ainsi, dans les immeubles à plusieurs étages équipés d’un ascenseur certifié par un institut reconnu, et dont l’autorisation halah'ique est en vigueur, on peut tout à fait se montrer indulgent.