Question
Bonjour,
Existe-t-il des sources de richonims residents en dehors d'erets israel qui affirment que le fait d'habiter en houts laarets est considerée comme de la avoda zara ( et par consequent assument leur statut de oved avoda zara)?
Merci
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Le Rambam (1), Rashi (2) et certains Tossafistes (3) définissent le fait de sortir d'Israël, sans raison valable, comme comparable à l'idolâtrie.
Selon d'autres, la comparaison avec l'idolâtrie est un "fait" lié à l'astrologie - en Israël, on est directement sous l'influence Divine, alors qu'en dehors, les astres auraient une quelconque "influence". Continuant cette même idée, certains y voient plus quelque chose d'ordre mystique ou spirituel que proprement "astrologique", mais l'idée reste la même : une Présence Divine plus grande en Israël qu'ailleurs (4).
Selon d'aucun, c'est lié à la présence du Temple en Israël et cela ne s'appliquerait pas sans cela (5), mais c'est avis ne fait clairement pas le consensus.
Il existe une autre interprétation qui voit "quasiment" de l'idolâtrie "concrète" dans le fait de vivre en dehors d'Israël, car on ne pourrait pas y accomplir convenablement les commandements, cela semble notamment être l'avis du rav Yaakov Emden (6) ou encore de Rabbi Yehouda HaLévy (7).
Il y a également des kabbalistes qui abondent en ce sens, expliquant qu'en dehors d'Israël, spirituellement, on ne peut être que dans le monde de l'action (olam ha'assia) et seulement en Israël on peut-être dans le monde de la création (olam hayetzira) (8) ; ce qui pousse certains à dire que notre "âme" risque de changer son "revêtement" en dehors d'Israël, comme si on avait commis de l'idolâtrie (9) !
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(1) cf. hil. Melah'im chap. 5, hal. 10.
(2) cf. Rashi sur la Torah, Vayikra 25,38.
(3) cf. Toss. Avoda Zara 13a s.v. lilmod ; cf. encore Rashbam sur Baba Bathra 91a-b et en part. s.v. shenith'ayvou.
(4) cf. Rashba, Peiroushei Aggadot, Taanit 10a s.v. eretz israël ; ses H'idoushim sur TB Guittin 2a ainsi que dans ses resp. vol. I, §134 ; cf. encore Maharsha, Taanit id. ; Ramban et Rabbeinou Bah'ya ibn Asher, Bereshit 24,2 et 28,21 ainsi que sur Vayikra 18,25 ; etc. ; Kolbo, §127 au nom de Maharam de Rottenburg (cf. à ce propos resp. Minh'at Itzh'ak (Weiss), vol. VI, §96) ; Drashot HaRan, droush §4 ; Maharal, H'idoushei Aggadot sur Ketoubot 110a s.v. vekhol hadar ; Rif (Pinto) sur Eiyn Yaakov, Ketoubot §44 (s.v. hadar be'eretz israël) ; H'ida, Petah' Einayim sur Ketoubot 110b s.v. kol hadar ; RY Eybeschütz, Ye'arot Dvash, droush II, 1, s.v. velah'en asseret yemei teshouva ; Hafla'a, sur Ketoubot 110a ; Malbim sur Shemouel I 26,19 ; resp. Noda BiYehouda, Tanyana,OH §107 ; resp. Avnei Nezer, YD §454, al. 14 ; Ben Yehoyada (de Rabbi Yossef H'aim de Bagdad) sur Taanit 8b s.v. dikhtiv venatzouma ;
cf. encore r' Shraga Zvi Altmann, Torat HaAklimim leRabbi Yehouda HaLévy, Melila n°1 (Manchester, 1944), p. 1-17 ; prof. Dov Schwartz, Mishnato HaPhilosophit-Datit shel Rabbi Shemouel ibn Zarza Ramat-Gan (1989), vol. I, p. 120-121 ; etc.
(5) cf. Vayoel Moshé (Satmar), Maamar Yishouv Eretz Israël, §155-156.
(6) cf. Mor OuKetzia §306 ; intro. au Sidour Beit Yaakov, Soulam Beit-El, al. 6 (p. 44 dans l'éd. Eshkol) et id. dans son comm. sur le Birkat HaMazon, sur la deuxième bénédiction (nodeh leh'a).
(7) cela ressort de plusieurs de ces poèmes - cf. encore Kouzari II, 24 et comm.
(8) cf. Etz H'ayim, §39, fin du chap. 1
(9) cf. Rabbi Nathan Shapira, Touv HaAretz, éd. Yerid HaSfarim, p. 81 et suiv. ; cf. encore H'essed leAvraham (Azoulay), Maayan III, Nahar 10 ; Malbim, Eretz H'emda, Bereshit 12,5 ; etc.