Question
Shalom harav,
Ce matin, l'officiant est arrivé lors de la hazara à la Birkat Cohanim alors que j'étais vers le milieu de ma amida.
Je me suis tu pour écouter la Birkat Cohanim. Était-ce vraiment nécessaire, sachant que physiquement, je me trouvais devant la ligne imaginaire formée par les Cohanim ? Avais-je le droit de faire quelques pas en arrière pendant ma amida pour me retrouver à leur hauteur ?
Merci beaucoup
Réponse du Rav Shmuel Elikan
A priori, comme vous le dites, il faut être face aux kohanim et non derrière eux (1).
En outre, si on est en train de réciter la A'mida alors que l’on se tient derrière les kohanim, on ne se déplace pas en plein milieu de la A'mida pour se tenir devant eux (2).
Quand le fidèle récite la A'mida et que l'assemblée arrive à la Birkat kohanim, le fidèle se tait et se concentre sur la bénédiction (3).
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(1) Cf. Sh. Ar. OH 128,24 et comm.
(2) On considère un tel cas comme un cas de contrainte (onèss), le fidèle ainsi contraint, bénéficie de la bénédiction à l’endroit où il se trouve. C'est semblable à l'usage de l’officiant : même quand les kohanim sont placés derrière lui, il ne va pas se placer face à eux. Bien que la marche ne soit pas une interruption complète, l'avis généralement répandu est qu'il ne faut pas marcher à moins d’y être obligé.
Il est vraisemblable que l’officiant soit, dans un tel cas, considéré comme "contraint" (anouss), et qu’il bénéficie donc de la bénédiction à l’endroit où il se tient.
Cf. Resp. Iggrot Moshé (Feinstein), OH vol. V, §20, al. 23 qui écrit cependant qu’il faudrait marcher un peu si c'est juste quelques pas; mais dans le vol. IV, id. OH §21, al. 2, il écrit que ce n'est pas nécessaire, voire problématique...
(3) Certes, en ce qui concerne la kedousha et répondre Amen yehé shmeih rabbah au kaddish, on n’est pas obligé de s’interrompre, mais quand il s’agit de la Birkat kohanim, puisque certains sont d’avis que l'assemblée, destinataire de la bénédiction, accomplit elle-même un commandement de la Torah par son écoute, il faut s’interrompre et écouter, sans toutefois répondre "amen" - cf. Resp. Har Tzvi (Franck), vol. I, §57.