Question
Merci Rav
Je reformule neanmoins ma question, qui n’etait pas très claire ;
Quelles sont les sources qui indiquent que de faire la guerre / s’engager a Tsahal est une mitsva ?
Merci de votre temps
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il y a deux mitsvot fondamentales sous-tendant cette obligation, chacune étant une mitsva générale :
- Sauver Israël de ses ennemis.
- Préserver la Terre d'Israël pour qu'elle reste sous le contrôle du peuple d'Israël.
En effet, nous avons reçu l’ordre que, si nous voyons un membre de notre peuple en danger, nous devons nous mobiliser pour l’aider, comme il est dit (1) :
> « Tu ne resteras pas indifférent devant le sang de ton prochain » (lo ta'amod 'al dam re'eh'a).
Pour cela, une personne doit être prête à prendre un certain risque.
À plus forte raison lorsqu’il s'agit de tout le peuple d’Israël en danger, il est impératif de se mobiliser pour sauver Israël.
Nos Sages ont déjà enseigné (2) :
> « Quiconque sauve une vie d'Israël, c’est comme s'il avait sauvé un monde entier. »
Si cela s'applique à une seule vie, combien plus cela s'applique-t-il à quiconque contribue à la survie de tout le Peuple : il accomplit réellement une action qui équivaut à sauver un "monde".
Et a fortiori lorsque cela constitue une guerre obligatoire (milh'emet mitzva), comme l'écrit le Rambam (3) :
> « Qu’est-ce qu’une guerre obligatoire ? C’est la guerre contre les sept nations [habitantes originelles de Canaan], la guerre contre Amalek et l'aide à Israël contre un ennemi qui l'attaque. » (ezrat Israël miYad tzar)
La mitsva de la guerre oblige chaque individu à prendre des risques bien plus importants que ceux exigés pour sauver des individus (4).
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(1) Vayikra 19,16.
(2) dans la Mishna, Sanhédrin chap. 4, mishna 5.
(3) Hil. Melah'im ouMilh'amoteihem, chap. 5, hal. 1
(4) Concernant l’obligation d’un individu de risquer sa vie pour sauver autrui, deux opinions existent. Selon la majorité des décisionnaires, une personne n'est pas tenue de risquer sa vie pour sauver son prochain. Le principe de « vous vivrez par elles, et non que vous mouriez par elles » (TB Yoma 85b) s’applique également à la mitsva de « ne reste pas indifférent devant le sang de ton prochain ». Autrement dit, toute action comportant un risque sérieux pour la vie, qu’une personne ordinaire ne serait pas prête à prendre même pour protéger ses biens, n'est pas une mitsva, même pour sauver autrui. C'est l'avis notamment de Rabbenou Yona de Gérone ; du SMa (HM 426, s.k. 2) ; du Sh. Ar. HaRav (H'abad - OH 329,8 et hil. Nizkei Gouf VeNefesh, al. 7), du Mishna Beroura (OH 329, s.k. 19) ; du resp. Iggrot Moshé (Feinstein) vol. II YD §174, al. 2 ; du resp. Tzitz Eliezer (vol. IX, §45), et d'autres.
En outre, certains pensent qu’il faut être prêt à risquer sa vie pour sauver un Juif. C'est l'avis du Beit Yossef (HM 426), basé sur les Hagahot Maïmoniyot au nom du Talmud de Jérusalem. C’est également l’opinion du Rav Tsvi Yehouda Kook dans LeNetivot Yisrael (vol. 1, p. 158).
Cependant, concernant la guerre, tous s’accordent pour dire qu’il est nécessaire de risquer sa vie pour assurer la victoire.
Ainsi, si, comme dit, pour sauver une ou plusieurs personnes, il est possible qu'il n'y ait pas de mitzva d'entrer dans une situation où le risque de mort est très élevé ; en revanche, en temps de guerre, lorsqu’il est nécessaire que certains prennent des risques pour garantir la victoire, chaque individu doit être prêt à se trouver dans des situations où le danger est plus grand que la probabilité de succès. Le Rav Avraham Itzh'ak HaKohen Kook explique cela dans ses resp. Mishpat Kohen (§143) que le principe de « vous vivrez par elles » (vah'ai bahem) - selon lequel la préservation de la vie repousse tous les autres commandements de la Torah - ne s'applique pas en temps de guerre, car les lois relatives à la collectivité diffèrent de celles relatives à l'individu. Pour la survie de la collectivité, les individus doivent être prêts à prendre des risques. Dans cet esprit, il est écrit dans responsa Tzitz Eliezer (vol. XIII, §100) que même la règle de « ta vie prévaut sur celle de ton prochain » ne s’applique pas en temps de guerre.
> « Tous les soldats sont comme un seul homme, chacun étant tenu de risquer sa vie pour sauver celle de son camarade. Cela fait partie des lois collectives et des règles de gouvernance et d’organisation de l'État »
(Hatzava KaHalah'a, chap. 15).