Question
Chavoua tov. Je ne sais pas si la question a déjà été posée. Les restrictions liées au COVID semblent heureusement derrière nous, mais le pli est pris et nous sommes nombreux à préférer prier en plein air (minyan dits de cour). Cela poserait-il problème si c'est là qu'on y trouve son compte ? Qu'un tel minyan soit voué à passer finalement en intérieur (synagogue en construction) change-t-il la donne ?
Merci beaucoup
Réponse du Rav Shmuel Elikan
A priori, - à moins d'être voyageur - on évite de prier de manière fixe dans les champs, pour que la pensée ne s'égare pas et on préfère prier, dans un endroit calme et "discret", c'est-à-dire, par exemple, un endroit entouré de murs, où il nous sera plus simple d'avoir un "cœur brisé" devant Dieu, pour prier (1).
Toutefois, bien que certains écrivent, selon le Zohar, qu'il faut que ce soit dans un bâtiment (2), selon la majorité des décisionnaires une "cour" entre des bâtiments peut tout à fait correspondre à cette description de lieu "discret" (3), ainsi il n'y a aucun problème à y prier de manière fixe, a fortiori si c'est une communauté qui a pour projet de se construire une synagogue.
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(1) cf. TB Berah'ot 34b ; Sh. Ar. OH 90, 5 et comm. ; cf. encore Toss. sur Berah'ot id. et Sefer HaEshkol, §25 qui semblent dire que cela est également vrai pour des endroits où il y a des passants qui dérangent et empêchent une bonne concentration. A noter que ni le Rif, ni le Rambam, ni le Rosh ne tranchent cet enseignement (cf. Maadnei Yom-Tov, Berah'ot, fin du chap. 5). A noter encore que certains écrivent qu'il ne s'applique que dans des cas où l'on prie seul et pas lorsqu'on prie en public - cf. Sefer HaEshkol, id. ; Sefer HaBatim, port. VIII, §11 ; Piskei RiYaZ, Berah'ot, fin chap. 5 dont les propos sont également rapportés par le Ritva sur Pessah'im 8a et le Kaf HaH'ayim (Sofer), OH 90, s.k. 31 au nom également du Yaffeh LaLev et du Pith'ei Olam ; resp. Batei Kehouna, vol. I, §9 ; Torat H'ayim (Sofer), id. s.k. 7 ; etc.
(2) cf. Shoulh'an HaTahor (Kumerno), OH id. al. 3. Cependant il ajoute dans son Zer Zahav, id. s.k. 3 que tout cela est vrai en dehors de Jérusalem, mais à Jérusalem, du fait de la sainteté de la ville qui influencerait sur la concentration on pourrait même prier dehors.
(3) cf. Piskei Teshouvot OH 90, §5 et sources citées.