Question
Bonsoir,
Y a-t-il une quelconque source à l’usage très cher à certains traditionnalistes français de se couvrir de leur talith avec leur famille (y compris les femmes) pendant la sonnerie du choffar à ...
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Cf. Alei Hadas, chap. 9, al. 28 :
"Un usage étrange s’est développé en Tunisie concernant la bénédiction sacerdotale (Birkat Cohanim) de la prière de Ne‘ila. D’ailleurs, on a pris l’habitude de l’autoriser même après la sortie de Yom Kippour, jusqu’après la tombée de la nuit (bein hashmashot).
Voici les termes du Rav Ephraïm Haddad dans son livret Shorashim beYahadout Tunisia (p. 91) :
> « À Tunis et dans les environs, on avait l’habitude que, lors de la bénédiction des Cohanim de la prière de Ne‘ila, toute la famille se réunisse autour du grand-père ou du père, qui les rassemblait tous sous son talith, y compris les garçons et les filles. Celles-ci quittaient alors même la section des femmes pour se tenir sous le talith déployé. » Fin de citation.
À ce sujet, le Gaon Rabbi Meïr Mazouz a écrit dans la revue Or Torah (Tichri 5748, n° 2, p. 12) :
> « Même si, certes, leur intention est bonne – car il s’agit du moment de la clôture du jour redoutable – malgré tout, cet usage n’est en aucun cas souhaitable selon la halakha. Nulle mention de ce minhag ne se trouve dans les livres des sages de Tunisie. De plus, d’un point de vue juridique, il est interdit de toucher sa femme à Yom Kippour, comme à une femme nida, et a fortiori si elle est effectivement nida. Et par honte, certaines femmes viennent aussi avec toutes les autres. Les Tossafot dans Méguila (31a) écrivent que la raison pour laquelle on lit à Min‘ha de Yom Kippour la parasha des interdits sexuels (arayot), c’est parce que les femmes se parent pour l’honneur du jour, et qu’il faut donc rappeler de ne pas trébucher à leur sujet. C’est pourquoi il faut expliquer avec des paroles agréables aux fidèles que cet usage est une grande mitsva à abolir »".