Rav Elikan
Berakhot
Berakhot25 septembre 2024Questeur #162WhatsApp

Question

Kavod rav, lors du motsi nous utilisons לחם et מלח qui ont les mêmes lettres. Que peut-on en déduire ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

D'un point de vue halah'ique, pas grand chose, si ce n'est que l'usage est de tremper le pain, après la bénédiction dans du sel, en souvenir des sacrifices au Temple.

Au niveau du drash, les interprétations sont infinies et on peut dire énormément de choses...

Ainsi, par exemple, dans la h'assidout H'abad, pour ne citer que ça, on peut trouver tout un enseignement sur l'importance du sel et son essentialité dans l'offrande du sacrifice. Le Tzemach Tzedek (dans Or HaTorah, Vayikra, I, p. 230) souligne que les lettres du mot hébreu "melah'" (sel) peuvent former d'autres mots tels que - חלם - h'olam ou h'alom (qui signifie à la fois une notion de ponctualisation et à la fois le rêve), חמל - h'amal (a eu pitié), et מחל - mah'al (a pardonné).

Le mot h'olam faisant référence à un type de vocalisation hébraïque (nikoud), qui se distingue par sa position au-dessus des autres points de vocalisation. Par exemple, le h'irik est situé en dessous de la lettre, tandis que le h'olam est placé au-dessus de la lettre. Ainsi, le sel, dans sa symbolique, selon cet enseignement posséderait la propriété d'élévation, ce qui est essentiel dans l'offrande du sacrifice pour qu'il s'élève avec agrément.

De plus, lorsque le sacrifice monte comme il se doit, nous en bénéficions. Grâce au sacrifice, Dieu h'amal (a pitié) de nous et mah'al (pardonne) nos fautes.

On peut encore trouver dans les écrits de cette h'assidout, deux autres significations cachées dans le mot "melah'", sans même changer l'ordre des lettres :

Premièrement, les lettres "מלח" peuvent également être vocalisées "malah'" (marin), désignant celui qui tient les rames et guide le navire. Quel lien avec les sacrifices ? Rashi explique (Shemot 30, 35) que les marins sont appelés ainsi en référence à leur action de remuer l’eau avec les rames, comme une personne mélange des œufs battus avec de l’eau. Il en ressortirait que le malah' (marin) est celui qui mélange, faisant écho aux sacrifices, qui mélangent et unissent le monde inférieur avec les mondes supérieurs (comme expliqué dans Likouté Torah, à la fin de parashat Vayikra, sections 9-10).

Deuxièmement, la Torah associe le sel à l’alliance – « sel de l’alliance de ton Dieu ». De nombreuses interprétations ont été données sur cette « alliance », mais le kabbaliste Rabbi Lévi Yitzhak Schneerson révèle un rémèz (allusion), dans son "Torat Lévi Yitzhak" (p. 334) intéressant.

Selon lui, le sel est lié à l’alliance bien connue – la brit milah (circoncision), et cela devient évident lorsque l’on décompose le mot "melah'" en deux parties : mal (du verbe "lamoul" circoncire) et h’ (la lettre h'et - huit en valeur numérique), se référant à la circoncision qui a lieu le huitième jour.