Question
Moadim leSimha,
Une femme qui veut faire la מצווה du לולב et qui ne l'a pas faite le 1er jour doit-elle dire la ברכת שהחיינו?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
1. Bénédiction sur le Loulav, au féminin
Les femmes sont dispensées du commandement de nétilat loulav, car il s’agit d’un commandement positif dépendant du temps (1).
Cependant, lorsqu'une personne qui n'est pas astreinte, choisit volontairement d’accomplir une telle mitzva, elle en reçoit une récompense céleste.
Selon la coutume qui suit l'avis du Shoulh'an Arouh', les femmes ne récitent pas la bénédiction sur les mitsvot positives dépendantes du temps. En effet, comment pourraient-elles dire : « Béni sois-Tu… qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné… », alors que, précisément, ce commandement ne leur est pas imposé ? (2).
En revanche, d’après la coutume rapportée par le Rema et de nombreux autres, puisque les femmes accomplissent malgré tout un commandement, elles récitent la bénédiction. Et il n’y a pas lieu de s’inquiéter de sa formulation, car l’expression « qui nous as ordonné » est au pluriel : elle s’adresse à l’ensemble du peuple d’Israël, femmes comprises, et non à un individu en particulier. D'ailleurs, certains maîtres donnent une justification fondée sur la Kabbale au fait que les femmes bénissent sur le loulav (3).
2. Shéhéh'yanou : Dans la mesure où l'on récite la bénédiction sur le loulav (al netilat loulav) - si on n'a pas dit la bénédiction de shéhéh'yanou le premier jour sur ce commandement, alors on la récitera la première fois qu'on l'accomplira durant la fête - jusqu'au septième jour (4).
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(1) En effet, la règle générale veut que les femmes soient exemptées des commandements positifs (mitzvot asseh) dont l’accomplissement est lié à un moment précis - cf. TB Kiddoushin 29a.
(2) cf. resp. Yabia Omer (Yossef) - vol. I, OH §39–42 ; vol. V, OH §43 qui renforce cette position.
(3) Ainsi le H'ida estime que les femmes doivent réciter la bénédiction, et cette opinion est partagée par le Zah'or le-Avraham, le resp. Rav Pe'alim du Ben Ish H'aï (vol. I, Sod Yésharim §12) ainsi que le Kaf HaH'aïm (Sofer), OH 589, s.k. 23. Tel était également l’usage dans la famille du Rav Ovadia Hadaya, auteur des resp. Yaskil Avdi. Ribbi Shalom Messas écrit dans ses responsa Shémesh ouMaguen (vol. II, §72, al. 3) que les femmes sont autorisées à réciter la bénédiction.
(4) cf. Sh. Ar. OH 651,6 et Mishna Beroura, ad loc. s.k. 29.