Rav Elikan
Fetes
Fetes22 septembre 2025Questeur #13WhatsApp

Question

Un enfant (mais je pose la question théorique donc non urgente pour un adulte aussi) qui a un seul des tympans troués et utilise donc un appareil acoustique pour une seule de ses oreilles, celle-ci entendant mal et l'autre parfaitement, doit-il a priori enlever cet appareil pour s'acquitter de la mitsva d'écouter le Chofar?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

C'est sujet à de vives discussions - certains considèrent l'appareil acoustique comme "oreille de remplacement" et considèrent l'écoute du son via l'appareil comme valide, d'autres disent qu'il vaut mieux, dans un tel cas - comme celui décrit ici dans la question - se tenir proche du Baal Tokéa et enlever l'appareil (1). Il me semble qu'on peut largement s'appuyer sur ceux qui permettent de laisser l'appareil en place (2).

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(1) Avec l’invention de l’appareil auditif, la question s’est posée de savoir si une personne malentendante, qui entend le son du shofar à l’aide de son appareil auditif, accomplit la mitsva. Certains estiment que le son entendu à travers l’appareil auditif est considéré comme le son du shofar, car ce son provient bien de la tekia et se perçoit comme un son de shofar (cf. Yalkout Yossef, p. 397 ; voir aussi resp. Iggrot Moshé, OH, vol. II, §108, et resp. Shevet Halévy (Wozner), vol. V, §84 et autres sources ramenées dans Minh'a Maafeh, cité en n. 2).

Cependant, beaucoup des décisionnaires considèrent que le son émis par l’appareil auditif n’est pas un son de shofar. En effet, les ondes sonores qui sortent de l’appareil ne sont pas celles issues du shofar, mais de nouvelles ondes sonores générées par des signaux électriques, et qui se transforment artificiellement en un son ressemblant à celui du shofar. C’est pourquoi une personne malentendante utilisant un appareil auditif devrait l’enlever de son oreille au moment des sonneries, et se tenir près du baal toke’a (celui qui sonne), afin d’entendre le son du shofar directement, autant que possible (cf. Halih'ot Shlomo (Auerbach), chap. 2, al. 18 ; resp. Minh'at Itzh'ak, vol. III, §38 ; resp. Or Letzion (Abba Shaoul), vol. IV, chap. 5, §16 ; resp. BeOhala shel Torah (Ariel), vol. V, §37. Le Min’hat Yits’hak (ibid.), citant le rav Tzvi Pesah' Frank, qui explique que même selon ceux qui considèrent que pour d’autres mitsvot de la Torah, comme la lecture de la Torah ou de la Méguila, entendre par l’intermédiaire d’un appareil auditif est valable, pour la mitzva du shofar il faut être plus strict : car celui qui entend le son du shofar mélangé à un écho (kol havara) ne s’acquitte pas de son obligation, et il est possible que l’audition à travers un appareil auditif soit assimilée à une écoute mêlant le son du shofar à un autre son.

(2) cf. ce qu'on a écrit sur le sujet dans Minh'a Ma'afeh, pp. 19-32.