Rav Elikan
Berakhot
Berakhot22 novembre 2024Questeur #135WhatsApp

Question

Bonjour Rav

Y a t il une obligation a porter le Talit Katan ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

C'est vivement conseillé (1).

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(1) Dans le monde de la halah'a, il existe des mitzvot positives (mitzvot h'iouviot) comme manger de la matza, prendre le loulav, réciter le Shema, etc., et il y a des mitzvot qui sont obligatoires sous certaines conditions (mitzvot kyoumiot).

La mitzvah de la tzitzit est l'une de celles qui n'est obligatoire que dans des conditions spécifiques, à savoir seule une personne portant un vêtement à quatre coins est tenue de mettre des tzitzit.

Cependant, dans la guemara (Menahot 41a), il y a une discussion sur la question de savoir si l'obligation de tzitzit existe pour un vêtement qui n'est pas porté, à savoir s'il est dans ma buanderie ; toutefois, il est clair que si une personne n'a pas de vêtement à quatre coins,. quatre côtés, franges, la mitzvah de la tzitzit ne s'applique pas à elle, et il est également stipulé que le tzitzit est une obligation personnelle.

Le même principe peut être tiré des propos de Rav Nah'man dans le traité Shabbat (118b) qui disait: "Que la mitzvah de la tzitzit m'apporte du mérite", car personne ne s'attribue du mérite pour avoir observé une mitzvah de la Torah... ce qui implique que Rav Nah'man, dans sa piété, était toujours soucieux de porter un vêtement obligatoirement muni de tzitzit. Cela relève donc de la piété et non d'une obligation stricte.

Cela dit, il ne faut pas minimiser l'importance de la mitzvah de tzitzit.

Rashi explique les paroles de Rav Nah'man ainsi :

"Que la mitzvah de tzitzit m'apporte du mérite", en précisant qu'il ne marchait pas quatre coudées sans talith.

Rashi explique ainsi que le terme utilisé en araméen "teti" signifie "tenez-moi une faveur", et apparemment le port du tzitzit est une obligation et non seulement une action de piété, selon Rashi.

Dans Menah'ot (41a), il est précisé qu'on ne doit pas faire des ruses pour échapper à l'accomplissement de la mitzvah de la tzitzit, et en période de "difficulté" (idna derith'a), ceux qui l'ignorent sont punis.

De plus, en Pessah'im (116b) il est dit que ceux qui n'ont pas de tzitzit sur leur vêtement sont comptés parmi "les excommuniés du ciel" ! Les Tossafot étendent cette expression forte non seulement aux personnes qui ont un vêtement avec quatre côtés et des franges et qui refusent de le porter, mais aussi à ceux qui n'ont pas de tel vêtement, car "il faut s'efforcer de s'imposer cette obligation, comme on l'a vu chez Moïse qui désirait entrer en Terre d'Israël pour accomplir les mitzvot qui y sont associées".

De ces propos, on voit l'importance du "désir" d'accomplir les mitzvot. Rabbenou Yonah de Gérone ajoute dans son "Shaarei Teshuva" (port. 3) la valeur de l'effort pour accomplir la mitzvah de tzitzit :

"Concernant la mitzvah de la tzitzit, nos Sages, que leur mémoire soit bénie, ont dit (Sifri, Bamidbar, fin de par. Shelah') que le tzitzit ajoute de la sainteté, comme il est dit (Bamidbar 15,40) : "Afin que vous vous souveniez et accomplissiez tous mes commandements et soyez saints pour votre Dieu". Et bien qu'il n'y ait de mitzvah de tzitzit que pour quiconque possède un vêtement à quatre coins, et qu'il n'ait pas à en acheter un, nos Sages ont aussi dit (Menahot 41a) que celui qui ne chérit pas dans son cœur la beauté de la mitzvah et sa récompense, devra prendre un vêtement à quatre coins pour y attacher des tzitzit."

Le Rambam (Hil. Tzitzit chap. 3, hal. 11) écrit dans le même esprit :

> "Bien qu'une personne ne soit pas obligée d'acheter un talit pour s'y envelopper afin d'y mettre des tzitziot, il n'est pas approprié pour un homme pieux de se soustraire à cette mitzvah, mais il devrait toujours s'efforcer de porter un vêtement obligatoirement muni de tzitzit pour accomplir cette mitzvah, et particulièrement lors de la prière. Il est très honteux pour les érudits de prier sans être enveloppés d'un talith".

Le Shoulh'an Arouh' (Orah' Hayim 24, 1) statue également :

> "Si une personne ne porte pas un talit à quatre coins, elle n'est pas obligée de mettre des tzitzit. Il est bon et approprié que chaque personne soit précautionneuse et porte un petit talit toute la journée afin de se rappeler la mitzvah à chaque instant. Ainsi, il aura cinq nœuds, correspondant aux cinq livres de la Torah, et quatre coins, afin qu'à chaque direction qu'il prenne, il se souvienne. Il est aussi approprié de le porter sur ses vêtements. Au moins, il doit veiller à être enveloppé de tzitzit lors de la prière."

L'expression "bon et approprié" empruntée du "Tour" (OH id.) indique qu'il ne s'agit pas d'une obligation, mais d'une conduite appropriée pour toute personne craignant Dieu.

Dans une réponse sur le sujet, le rav Shloush, de mémoire bénie, rabbin de Netanya (resp. H'emda Gnouza, vol. II, §2), écrivait :

> "Le Rambam n'a pas mentionné que, dans des moments difficiles, on punit ceux qui négligent cette mitzvah, car elle n'est pas une obligation céleste".

Il ajoute que l'usage de rendre obligatoire le talit katan n'existait pas dans les yeshivot séfarades de la génération précédente, et même les rabbins séfarades ne le pratiquaient pas.

Cependant, il remercie Dieu que dans notre génération, toute personne craignant Dieu cherche à accomplir la mitzvah de la tzitzit.

Ainsi, à la lumière de ce qui précède, il semble que c'est une grande vertu de rechercher activement la mitzvah de la tzitzit et d'en désirer l'accomplissement, mais ce n'est pas une obligation. Il est donc difficile de comprendre la position de certaines institutions éducatives qui imposent l'accomplissement de la mitzvah de la tzitzit aux élèves au lieu de les éduquer à désirer accomplir cette mitzvah, comme le préconisent la guemara et les Rishonim d'une part et d'autre part il faut se rappeler que c'est un grand mérite que de porter un talith katan toute la journée.

Il est donc clair que, tout comme lorsqu'une personne nage dans une piscine, il n'est pas pertinent de porter un talith katan, il en va de même pour une activité physique où le talit katan devient un fardeau et perd son statut de vêtement. Il n'y a pas d'obligation de porter de tzitzit quand on fait du sport, par exemple. Cependant, il est souhaitable qu'une personne craignant Dieu, dans son désir d'accomplir la mitzvah de la tzitzit et de reconnaître sa grande importance, limite les occasions où elle ne sera pas enveloppée de cette mitzvah qui est si grande.