Question
En ces temps d'azakot si on se lève plus tard, faut-il préfèrer faire le kriat chema au zman et prier beyahid ou bien louper le zman du kriat chema et prier betsibour (au temps approprié pour la amida). Je précise que je n'ai pas l'habitude de faire kriat chema sans tefilin (à raison?) pour ne pas transgresser edout cheker.
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il vaut mieux dire le Shema à temps, même sans tefilin puis aller prier avec l'assemblée et redire le Shema avec les tefilin même après le temps imparti a priori, halah'iquement.
Il n'y a pas de "faux témoignage" si on sait qu'on va dire plus tard le Shema avec les tefilin (1).
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(1) La question aurait pu se poser du fait ce qui est expliqué dans la Guemara (T.B. Berah'ot 14b) que :
> "quiconque récite le Shema sans tefillin est comme s'il témoignait un faux témoignage".
Le Rama (Rabbi Menah'em Azaria) de Fano dans son livre Alfasi Zuta (sur Berah'ot 14b) soutient que tant qu'une personne met son talith et ses tefillin plus tard dans la journée, ce n'est pas considéré comme un faux témoignage contre lui-même, car une personne peut offrir son sacrifice et ses libations même dix jours après les avoir promises (cf. TB Menahot 15b).
Rabbi Yitzh'ak Schmelkis a également écrit dans ses Responsa Beit Yitzh'ak (OH §17, al. 3) que l'on ne dit que c'est comme s'il témoignait faussement contre lui-même que lorsqu'il ne les met pas du tout, mais pas s'il les met plus tard dans la journée.
Et c'est ainsi qu'écrivent différents décisionnaires (comme resp. Maharshal (vol. III, §359), H'atam Sofer (Sha'ar Kriat Shema et ses bénédictions, p. 67), et d'autres).
Par conséquent, quiconque se réveille un peu tard et craint que le temps de la récitation du Shema ne passe avant qu'il ne puisse mettre ses tefillin pendant l'ordre de la prière, peut réciter le Shema, puisqu'il a l'intention de mettre les tefillin par la suite.
Par ailleurs, Rabbi Menah'em haMeïri de Perpignan (Beit haBeh'ira Berakhot 14b) écrit que cela n'est dit que lorsqu'une personne agit par mépris ou pour se débarrasser du joug des mitzvot des tefillin, ce qui n'est pas le cas si elle agit pour une autre raison, comme un corps n'étant "pas propre" (gouf she'eino naki), etc.
Selon cela, quiconque suit la coutume de mettre les tefilin le 9 Av qu'à Minh'a en raison du deuil, il n'y a pas à craindre que cela soit considéré comme un "faux témoignage".
Il y a une preuve à cela dans la Mishna (Berah'ot 22b) concernant quelqu'un qui descend se tremper juste avant le lever du soleil :
> "S'il peut remonter, se couvrir et réciter le Shema avant que le soleil ne se lève, il le fait ; sinon, il se couvre d'eau et récite",
et dans un tel cas, il récite le Shema sans tefillin, et il n'est pas à craindre que ce soit considéré comme un faux témoignage contre lui-même.