Rav Elikan
Fetes
Fetes20 mars 2025Questeur #174WhatsApp

Question

Bonjour 👋

Est ce qu’il est permis de louer un appartement air bnb pendant Hol Hamoed pessah lorsque les propriĂ©taires ne veillent pas Ă  Ă©vacuer le Hametz avant la fĂȘte ?

Si c’est autorisĂ© que doit on faire une fois sur place ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Oui. Il faudra y vérifier le h'ametz dans la zone qui nous est impartie (1).

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(1) Il faudra y effectuer la vérification (Bedikat H'ametz) et il y a une discussion si c'est avec ou sans bénédiction (berah'a). Cependant, si on a déjà récité une bénédiction pour la vérification du H'ametz ailleurs, on de fera cette vérification sans réciter de bénédiction.

La source à cela est dans la Guemara (TB Pessah'im 4a) enseignant que lorsqu'une personne loue une maison, si le 14 Nissan arrive avant que le propriétaire ne lui ait remis les clés, c'est au propriétaire de faire la vérification. En revanche, si le 14 Nissan survient aprÚs la remise des clés, c'est au locataire de la faire. Cette rÚgle est tranchée dans le Sh. Ar. (OH 437,1). Cf. comm. ad loc.

On pourrait penser que louer un chalet ou une chambre d'hĂŽtel ne constitue pas une vĂ©ritable location au sens strict, car le locataire ne devient pas pleinement propriĂ©taire de l’espace, mĂȘme s’il en reçoit les clĂ©s. Cependant, le rav Wozner (resp. Shevet HaLĂ©vy, vol. X, §68) explique que ce n'est pas l'acte d’acquisition qui impose l’obligation de vĂ©rification, mais bien le fait que le locataire obtient un droit d’usage total du lieu et peut y entrer et sortir Ă  sa guise.

Ainsi, la location d’une chambre d'hĂŽtel, qui confĂšre un droit d'usage contre paiement, oblige le locataire Ă  faire la Bedikat H'ametz avec une bĂ©nĂ©diction.

Si on entre dans un lieu louĂ©, en plein H'ol HaMo'ed, et que celui-ci appartient Ă  un non-juif ou Ă  un Juif non pratiquant, la Guemara et le Shoulh'an Arouh' (OH 437) statuent que si le locataire arrive aprĂšs le 14 Nissan et qu'il ne peut pas demander au propriĂ©taire s’il a fait la vĂ©rification, il peut supposer que l’endroit est dĂ©jĂ  vĂ©rifiĂ©. Toutefois, si le lieu appartient Ă  un non-juif, et qu’il est certain qu'aucune vĂ©rification n’a Ă©tĂ© effectuĂ©e, le locataire est tenu de la faire, mĂȘme en plein H'ol HaMo'ed.

On pourrait argumenter qu’en arrivant dans un chalet, airbnb ou un hĂŽtel appartenant Ă  un non-juif, le H'ametz qui s’y trouve ne nous appartient pas, et on ne transgresserait donc pas l’interdiction de Bal Yiraeh OuBal Yimatseh (« qu’on ne voie pas et qu’on ne trouve pas de H'ametz chez toi »). Cependant, selon Rashi (sur Pessah'im ad loc.), la raison de la Bedikat H'ametz.est d’éviter la transgression de cette interdiction, tandis que selon Tossafot, elle vise Ă  Ă©viter qu’à'on oublie et qu'on consomme du H'ametz (Ś©ŚžŚ Ś™ŚžŚŠŚ Ś’ŚœŚ•ŚĄŚ§Ś ڙڀڔ). Le Mishna Beroura (OH 431, s.k. 2) tranche que la vĂ©rification est requise non seulement pour Ă©viter la possession de H'ametz, mais aussi pour empĂȘcher qu'on en consomme par inadvertance.

Il ajoute par ailleurs (OH 435, s.k. 5 et Sha’ar HaTziyon 435, s.k. 12) une controverse parmi les dĂ©cisionnaires quant Ă  savoir si une personne qui a dĂ©jĂ  vĂ©rifiĂ© et annulĂ© son H'ametz avant Pessah', et qui en retrouve ensuite pendant la fĂȘte, doit refaire une bĂ©nĂ©diction. Le Maguen Avraham (OH 435) hĂ©site, mais penche dans un autre passage (OH 446) en faveur de la rĂ©citation de la bĂ©nĂ©diction. Le H'ok Yaakov (OH 435, s.k. 5), le Makor H'aĂŻm (OH 435, s.k. 3) et le Shoulh'an Arouh' HaRav (H'abad - OH 435,4) tranchent Ă©galement en ce sens.

En revanche, l’Elya Rabba, le H'ok Yossef (OH 435, s.k. 3), le Pri Megadim (Eshel Avraham OH 435, s.k. 2) et le Magen haAlef (435, s.k. 2) adoptent une position plus prudente et estiment que, par principe de doute concernant les bĂ©nĂ©dictions (Safek Berah'ot LĂ©hakel), on ne doit pas rĂ©citer de bĂ©nĂ©diction. Le Mishna Beroura conclut que la bĂ©nĂ©diction rĂ©citĂ©e lors de la premiĂšre vĂ©rification couvre aussi toute Ă©ventuelle vĂ©rification ultĂ©rieure pendant Pessah'.

Certains affirment que dans les hĂŽtels de grand luxe, oĂč la propretĂ© est scrupuleusement respectĂ©e et oĂč l’on ne trouve gĂ©nĂ©ralement pas de H'ametz, la vĂ©rification ne serait pas nĂ©cessaire. Si l’hĂŽtel appartient Ă  un non-juif, et que la seule raison de vĂ©rifier est de ne pas voir de H'ametz pendant la fĂȘte (et non de prendre possession du lieu), alors il n’y aurait pas d’obligation de faire la vĂ©rification, car il s’agit d’un endroit oĂč l'on ne dĂ©pose pas habituellement de H'ametz.

Pratiquement, si aucune Bedikat H'ametz n’a Ă©tĂ© effectuĂ©e avant Pessa’h dans le chalet, airbnb ou la chambre d'hĂŽtel, le locataire est tenu de la faire Ă  son arrivĂ©e, mĂȘme en plein H'ol HaMo'ed. S'il ne l'a pas encore effectuĂ©e avec bĂ©nĂ©diction avant la fĂȘte, il doit la faire avec bĂ©nĂ©diction. MĂȘme si l’endroit ne lui appartient pas totalement, il y a un risque qu’il y trouve du H'ametz et qu’il l’oublie et le consomme.

Le resp. Shevet HaLĂ©vy (id.) et le rav Karelitz (H'out HaShani, Shabbat vol. I, p. 317) tranchent Ă©galement que toute personne sĂ©journant dans un hĂŽtel ou une auberge pour Pessah', oĂč la Bedikat H'ametz n’a pas Ă©tĂ© faite, doit procĂ©der Ă  cette vĂ©rification.