Question
Bonjour,
Je repose ma question à l’approche de Roch Hachana.
Merci d’avance.
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Le principe fondamental est que, bien que le port soit en général interdit du domaine privé au domaine public sans érouv à Shabbat, la Torah a permis, pour Yom Tov uniquement, le port, pour les besoins d’« oh'el néfech » (préparations alimentaires).
À partir de là, les Sages ont enseigné que cette permission inclut toute chose qui procure une jouissance ou un bénéfice le jour de Yom Tov, matériel ou spirituel.
Ainsi, il est permis de porter des objets utiles, même sans rapport avec la nourriture, s’ils procurent un agrément au jour de fête (montre, lunettes, bijoux, vêtements de rechange, jouets d’enfants, etc.).
De la même manière, il est permis de porter pour une mitzva, hidour mitzva, ou pour une élévation spirituelle : loulav, shofar, etc.
Lire des livres de Torah fait partie de la jouissance spirituelle de Yom Tov. Donc, il est évident qu'il est permis de les transporter, même en un lieu dépourvu d’érouv, exactement comme pour un loulav ou un shofar.
Cependant, comme pour les vêtements ou les objets personnels, la règle est de ne porter que ce dont on a effectivement besoin ou dont il est possible qu’on ait besoin le jour même. Transporter des livres religieux que l’on n’utilisera pas du tout pendant Yom Tov (par exemple, une bibliothèque entière sans intention d’étude ni de consultation) ne serait pas permis, car cela reviendrait à porter « sans nécessité ».
Toutefois, comme dans le cas du trousseau de clefs ou du sac d’un bébé, si l’on prend plusieurs livres en même temps et qu’il y a une chance réelle d’en utiliser plusieurs, cela reste permis (ribouy shiourim) (1).
Par extension, transporter des livres profanes pour un plaisir de lecture, si cela procure de la joie, serait permis, dans la mesure où on les lit. A noter que beaucoup de décisionnaires expliquent que la permission s’applique surtout à ce qui est lié à la mitsva ou à la jouissance permise du Yom Tov ; or, la lecture profane le jour de fête est en général déconseillée, voire, selon certains, interdite (2).
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(1) Le Mishna Beroura OH 518, s.k. 10 nous apprend que, lorsqu’il y une chance pour que l’on ait besoin d’un objet pendant Yom tov, il est permis de le porter ; mais quand il n’y a absolument aucune chance pour cela, c’est interdit. C’est aussi l’avis du Shemirat Shabbat Kehilh'ata chap. 19, al. 2.
(2) cf. Sh. Ar et Rema OH 307, 17 et comm.