Rav Elikan
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Question

Bonjour,

Peut-on travailler comme employé du Keren Lididout?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Le "Keren Le'yedidout" ou en français "Fondation pour l'Amitié" (en anglais : "International Fellowship of Christians and Jews" - traduction : 'Fraternité internationale entre juifs et chrétiens'), est une organisation sociale opérant aux États-Unis et en Israël dans les domaines de l'immigration et de l'intégration, de l'aide sociale et de la sécurité.

Les ressources financières de la fondation sont principalement levées grâce aux dons de chrétiens évangéliques soutenant le sionisme aux États-Unis et dans le monde, et dans une moindre mesure par des dons de juifs du monde entier et d'Israéliens.

L'organisation a été fondée aux États-Unis en 1983 par le rav Yechiel Eckstein sous le nom de "Holyland Fellowship of Christians and Jews" dans le but de promouvoir l'amitié, la compréhension et la coordination entre chrétiens évangéliques et juifs en ce qui concerne leur intérêt commun pour le sionisme et le soutien à Israël. Parmi les alliés d'Eckstein figuraient des leaders éminents de la droite américaine, tels que Pat Robertson, Jerry Falwell et d'autres, qui ont jugé opportun de promouvoir auprès de leurs partisans des objectifs d'aide à l'immigration de communautés juives en difficulté et leur intégration en Israël.

En 1991, le nom de l'organisation a été changé en "International Fellowship of Christians and Jews". En 2000, l'organisation a ouvert un bureau en Israël sous le nom de "Fondation pour l'Amitié", sans mention de la collaboration judéo-chrétienne dans le nom hébreu. Le rav Yeh'iel Eckstein, qui était un élève du rav Joseph Dov Soloveitchik et avait été ordonné rabbin à Yeshiva University à New-York, a servi en tant que président de l'organisation jusqu'à son décès. La présidente actuelle de la fondation est Yael Eckstein, sa fille.

La fondation opère de manière indépendante et en collaboration avec d'autres organisations dans les domaines de la pauvreté et de l'aide sociale, des situations d'urgence et de la sécurité, et de l'immigration et de l'intégration. Elle soutient de nombreuses organisations et associations aidant les populations en difficulté, les autorités locales et les projets gouvernementaux, et œuvre pour le bien-être des juifs et le renforcement des communautés juives à travers le monde. Dans ce cadre, elle mène des centaines de projets chaque année, promouvant divers groupes au sein de la société israélienne : nouveaux immigrants, enfants et jeunes à risque, personnes âgées et survivants de l'Holocauste, minorités, etc., et soutient des projets nationaux mis en œuvre par différents ministères. Elle dispose également d'un réseau national de bénévoles.

La fondation a financé, entre autres, l'association caritative "Yehuda Ya'alé" de Yaffa Deri, les institutions "Migdal Or" du rav Yitzhak David Grossman, les soupes populaires de Dudi Zilbershlag, et d'autres. Zilbershlag a nécessité une permission halah'ique spéciale autorisant cette coopération, qui lui a été donnée par d'illustres décisionnaires.

D'autres rabbins ont également permis d'accepter des fonds de cette fondation - et apparemment, il en va de même pour y travailler - parmi eux, notre maître le rav Nah'oum Eliezer Rabinovitch, le rav Yisrael Rosen qui a fondé Zomet (pour la halah'a et la technologie). Ils étaient tous deux superviseurs des responsa BeMareh HaBazak avec le rav Zalman Neh'emia Goldberg, qui, quant à lui ne s'est pas exprimé sur le sujet. Et de nombreux autres rabbins et décisionnaires ont suivi cette voie permissive, tel le rav Eliezer Melamed, le rav H'aim Amsalem, le rav David Stav, le rav Shmouel Eliyahou et bien d'autres qui permettent d'accepter des fonds de la fondation et d'y travailler, considérant le fait que l'argent soit donné par des chrétiens évangélistes pas suffisant pour l'interdire et profiter de son utilisation à la construction de la Terre d'Israël et de son Peuple.

Le rav Ovadia Yossef a également statué au moins deux fois qu'il est permis d'accepter des fonds de cette fondation, mais en 2006, il a ordonné à ses proches de suspendre la réception des dons de ladite fondation, jusqu'à ce que les choses soient clarifiées, car il y avait des accusations selon lesquelles, étant donné que la plupart des donateurs sont évangéliques, il y aurait une volonté "missionnaire" que les juifs se convertissent au christianisme.

En raison de cela, certains ont interdit d'accepter des fonds de leur part et, a fortiori, d'y travailler.

Parmi eux, le rav Avraham Shapira (le premier à statuer contre, en 2001), suivi du rav Mordeh'ai Eliyahou, du rav Simh'a HaCohen Kook, du rav Dov Lior, du rav Yaakov Shapira (fils du rav Avraham Shapira), du rav Zephaniah Drori, du rav Shlomo Aviner, du rav Elyakim Levanon, du rav Nissim Karelitz, du rav Meir Mazouz, du rav Eliyahou Zini (qui a même écrit un livre à ce sujet intitulé "H'essed Le'oumim H'atat"), du rav Oury Sherki, et d'autres.

La position du Kolel Eretz Hemdah est de ne pas accepter de fonds de cette fondation par principe - mais halah'iquement, le Kollel ne voie aucun problème à accepter des fonds de leur part et ne font aucun reproche à ceux qui acceptent des fonds ou travaillent pour eux, car il y a sur qui s'appuyer (1).

Par conséquent, il est possible d'y travailler, si on est dans le besoin, cherche du travail et qu'il y a là bas une proposition intéressante, tant que l'objectif est de promouvoir des actions positives pour le peuple d'Israël.

Si - ne serait-ce qu'un instant - on constaterait qu'il y aurait là-bas une volonté de promouvoir des valeurs ou une idéologie chrétienne au sein de la société israélienne, il faut immédiatement se retirer et, bien sûr, il est interdit de coopérer avec cela.

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(1) cf. resp. BeMareh HaBazak, vol. VIII, §35, note 12, où il est dit que selon le notre maître le rav Nah'oum Eliezer Rabinovitch :

> "Les chrétiens d'aujourd'hui ne croient plus vraiment en plus d'un seul Dieu, et bien qu'ils prient à d'autres entités, celles-ci ne sont considérées que comme des intermédiaires (leur Messie, etc.), et ils ne sont donc pas définis comme des idolâtres, et leur lieu de culte n'est pas considéré comme un lieu d'idolâtrie. Bien qu'il soit clair qu'il est interdit à un juif de croire au christianisme car cela implique une hérésie des principes fondamentaux de la foi, étant donné que les non-juifs ne sont pas définis comme des idolâtres, et… il n'y a pas d'interdiction les concernant (bien que les raisons de suspicion et de peur d'être influencé par eux demeurent). C'est pourquoi... il est bon de s'éloigner de ce qui est laid et de ce qui y ressemble, mais il n'y a pas d'interdiction, surtout en cas de grande nécessité".