Question
Bonjour Rav, quelle est la position de la Halaha sur le kissouye d une femme qui a divorcé ? A t elle l obligation de garder la tête entièrement couverte ? Peut elle se couvrir moins les cheveux (garder un signe distinctif comme un serre tête un peu large) ?
Merci
Réponse du Rav Shmuel Elikan
A priori, même une femme veuve ou une divorcée est tenue de se couvrir la tête (1).
Cependant en cas de besoin important, comme pour son travail - à savoir subvenir à ses besoins (2), ou pour se remarier (3), voire pour des raisons de santé mentale, plusieurs décisionnaires permettent de le retirer.
D'autres sont plus stricts et préconisent alors le port de la perruque (4).
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(1) Cf. Shoulhan Arouh', Even HaEzer 21,2 ; Beit Shmouel as loc. s.k. 5. La source se trouve dans le Talmud de Jérusalem (Ketouvot chap. II, Hal. 1) :
> "Une jeune fille (qui a été) mariée ne sort pas avec sa tête découverte."
Une lecture simple implique que dès le mariage, la femme est tenue de couvrir sa tête, même si le mariage n’a pas été consommé. L’obligation débute avec le mariage et découle de la considération que la tête est une partie du corps qui se couvre habituellement.
Cependant, certains décisionnaires, tels que le rav Moshe Feinstein, considèrent que l’obligation pour une veuve ou une divorcée est d’origine rabbinique (Dat Yehoudith) et donc moins stricte (cf. Resp. Iggrot Moshe, EH vol. I, §57).
La base de cette affirmation figure dans les écrits dueà petit-fils du rav Yaakov Ornstein (rapportés dans le Yeshouot Yaakov, sur EH id.) qui écrit :
> "Une veuve ou une divorcée est interdite de marcher la tête découverte, non pas à cause d’une interdiction de la Torah, mais parce qu’ayant déjà couvert leur tête, elles sont interdites de la découvrir pour cause d’ervah."
Le rav Tsvi Hirsch Ornstein (auteur du livre Birkhat Retzeh), cité ici, précise que, puisque ces femmes étaient tenues de couvrir leurs cheveux lorsqu’elles étaient mariées, la même logique s’applique à tout autre endroit du corps qui doit rester couvert. Elles restent interdites de les découvrir pour cause d’ ervah (nudité).
De fait, l'interdiction de marcher la tête découverte pour une veuve ou divorcée n'est pas une interdiction de la Torah. Cela ouvre la possibilité d’assouplir la règle en cas de besoin important.
(2) Le rav Feinstein (resp. Iggrot Moshe, Even Haézer vol. I, §57) permet à une veuve de découvrir sa tête si cela est nécessaire pour travailler et subvenir aux besoins de ses enfants. La perte de revenus nécessaire à la survie dépasse la limite autorisée pour une mitsva positive. Pour la femme mariée, cette exception ne s’appliquerait pas, car l’obligation est d’origine Torahique.
(3) Le couvre-chef pouvant gêner la recherche d’un futur conjoint, car il signale le statut marital passé et pouvant dissuader des partenaires potentiels. Le rav Feinstein (resp. Iggrot Moshe, Even Haézer vol. IV, §42, al. 4) reconnaît ce souci et permet, dans certains cas, que la femme découvre sa tête pour se remarier. La limite exacte — seulement lors des rencontres ou en toute situation — varie selon les communautés et les circonstances individuelles.
(4) En effet, tous les décisionnaires ne suivent pas l’approche du rav Feinstein. Par exemple, le rav Ovadia Yossef n’autorise pas les veuves ou divorcées à sortir la tête découverte. Toutefois, il permet dans ce cas, le port de perruques discrètes (pe’ot), même si les femmes mariées ne sont pas autorisées, selon lui, à en porter comme couvre-chef (resp. Yabia Omer, EH vol. IV, §3).