Rav Elikan
Fetes
Fetes1 décembre 2025Questeur #164WhatsApp

Question

Bonjour Rav,

J’ai un voyage organisé Beezrat Hachem le week-end d’avant Hanouka, l’allumage du premier soir dimanche soir se fera sans aucun problème.

Maintenant le lundi j’aurai une journée de voyage pour arriver à l’aéroport et je reprendrai le vol le soir à 21h et j’arriverai à 00h30 en Israël. Je serai donc chez moi certainement Vers 1h30 du matin ça sera le deuxième soir de Hanouka et j’aimerais savoir est-ce que je pourrais allumer la deuxième bougie de Hanoukka pendant la nuit et si oui jusqu’à quelle heure je pourrais l’allumer? Merci

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Il est permis d’allumer les bougies de H'anouka avec la bénédiction même après minuit, à condition qu’il y ait encore des personnes éveillées dans la maison au moment de l'allumage.

À défaut, on peut allumer avec bénédiction sur le rebord de la fenêtre/à côté de la porte donnant sur la rue, s’il y a encore des passants dehors à cette heure-là.

Si aucune de ces conditions n’est remplie, on allume sans bénédiction jusqu’à l’aube (1).

Dans le cas où l'on voyage en avion durant l'un des soirs de H'anouka de telle sorte qu'on ne puisse pas allumer de bougies du tout - si on allume pour nous à la maison, cela est certainement valable.

Mais si personne n’allume pour nous à la maison, on pourrait allumer une bougie de H'anouka dans l’avion, sans réciter de bénédiction (2).

Et si on ne nous permet pas d’allumer une flamme dans l’avion - ce qui est généralement le cas, de nos jours, puisqu'il est interdit d'allumer du feu dans un avion - on allumera une lampe électrique ; les décisionnaires préconisent d'allumer à temps (dès/après le coucher du soleil), avec une lampe de poche. Si celle-ci est constituée d'une ampoule à filament/incandescence ayant le statut halah'ique de "feu" - c'est mieux.

Et si cela non plus n’est pas possible, on pourra allumer une bougie dans l’aéroport, sans bénédiction, afin de publier le miracle (3).

Répétons : si on allume pour nous à la maison, c'est mieux, car on accomplit ainsi la mitsva de « une bougie pour chaque foyer », et on nous rend quitte de l’essentiel de la mitsva.

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(1) Cf. Sh. Ar. et Rema OH 672,2 et comm. dont Piskei Teshouvot §4.

(2) cf. resp. Maharsham, vol. IV, §146, concernant une personne voyageant en wagon ou en diligence où il soutient que puisqu’il s’agit de son lieu de résidence pour cette nuit, elle y allume. Cependant, de nombreux décisionnaires contestent cette opinion ; voir Hilh'ot H'ag beH'ag (Karp) - H'anouka, p. 29. C’est pourquoi on allume sans bénédiction, à cause du doute. Dans le livre Halih'ot Shelomo (H'anouka, chap. 13, §3), il est rapporté au nom du Rav Shlomo Zalman Auerbach :

> « Quiconque voyage en avion et pour qui on n’allume pas les bougies de H'anouka à la maison allumera une bougie sur la petite table devant lui, mais sans réciter de bénédiction. »

Et dans Devar Halakha (ad loc.) la raison de cette instruction est expliquée :

> « Certes, ce n’est pas sa demeure fixe, mais de même que nous exigeons une maison d’au moins quatre coudées sur quatre, il est possible que la même règle s’applique à un bateau, un train ou un avion : si la personne y séjourne comme dans une résidence pour une période complète [c’est-à-dire qu’elle y reste vingt-quatre heures], elle peut y déposer sa ‘h'anoukia’ sur la table, comme l’a écrit le Maharsham. C’est pourquoi on allume, mais sans bénédiction. »

Dans les annotations Orkhot Halakha (ad loc.) on rapporte également :

> « Une fois, on demanda à notre maître (R. Shlomo Zalman) au sujet d’un voyageur revenant de l’étranger, quittant son hôtel avant la tombée de la nuit, et n’arrivant chez lui que le lendemain matin, sans que personne n’allume pour lui à la maison. Il répondit qu’il devra allumer dans l’avion, comme ci-dessus, et de plus, demander à un ami d’allumer pour lui à la maison. »

Le Rav Shlomo Zalman Auerbach ajoute encore (ibid.) :

> « Et si l’on n’autorise pas à allumer une flamme dans l’avion (comme c’est généralement le cas), il allumera une petite lampe de poche qui peut brûler une demi-heure, après l’avoir posée de manière visible comme un acte de mitsva, mais sans bénédiction. »

Il convient de noter qu’à propos de l’allumage de H'anouka au moyen d’une lampe électrique, il est rapporté au nom du Rav Yossef Shalom Elyashiv (Peniné Hanouka, p. 146) qu’il a statué :

> « Lorsque l’on ne peut pas allumer une bougie comme d’usage, on peut allumer une lampe électrique ou un luminaire branché au courant, et on peut même réciter la bénédiction. Et même si, de ce fait, il n’est pas évident qu’il s’agit d’un allumage de mitsva, de même en temps de danger, lorsqu’on allumait simplement sur sa table, ce n’était pas reconnaissable comme une mitsva — et malgré tout on récitait la bénédiction. »

Cependant, comme mentionné plus haut, concernant l’allumage dans un avion, en raison du doute quant au fait de savoir si l’avion peut être considéré comme une « maison », le Rav Shlomo Zalman Auerbach a tranché d’allumer une lampe — mais sans réciter la bénédiction.

(3) Hilh'ot H'ag beH'ag (Karp) - H'anouka, p. 28. A noter que si on a déjà récité la bénédiction sur le fait de voir les bougies (Birkat ha-Roé - she'assa nissim) le soir, à l’aéroport, en voyant des bougies allumées à un endroit où l’allumage serait obligatoire, on ne redira pas ces bénédictions ensuite.