Question
Bonsoir
Dans le seder de rosh Hashana dans les simanim
Rubiah רוביה
Ce sont les haricots blancs ou les haricots verts ? Merci
Réponse du Rav Shmuel Elikan
L'usage de manger du "Roubia" dans le Séder de Rosh HaShana figure déjà dans le Talmud (1).
Mais il existe différentes identifications.
- L'identification la plus courante est une sorte de haricot appelée en arabe "loubia", c'est ce qu'on appelle en français le niébé (Vigna unguiculata). A noter que d'autres haricots (blancs, rouges ou verts, voire des pois) peuvent également parfois être considérés comme du "loubia".
- Cependant, Rashi l'identifie avec le "tiltan" (fenugrec), et il fait probablement référence au "tiltan" mentionné dans la Mishna, qui est la plante du fenugrec. Selon cette interprétation, il est courant chez les juifs du Yémen de prendre du fenugrec - h'ilba (2).
- Dans une réponse, Rav Haï Gaon (3) l'identifie avec la fève égyptienne (foul mitzri), et, de ce fait, certains juifs d'Afrique du Nord ont l'habitude de manger des fèves (4).
Ainsi le RaShbaTz (Duran), identifie (5) la fève égyptienne mentionnée avec une espèce appelée en arabe "loubia", comme dit plus haut, c'est l'identification la plus courante.
- Certains l’identifient encore avec le fenouil et d'autres avec le sésame (6). L'usage généralement répandu chez les juifs tunisiens et marocains est de manger du sésame pour le "roubia" (7).
- Certains ont pour usage de manger du chou à Rosh Hashana, et il a été suggéré que cette coutume découle de l'identification du chou avec le Roubia. Cependant, il est probable que cette identification n'ait aucun fondement, et il se peut que la coutume découle d'autres raisons (8).
Bref, comme l'écrivent les décisionnaires, le "roubia" symbolise la pluralité, le dénombrement ; ainsi tout ce qui marque la multiplication (ribouy), en fonction de chaque culture culinaire, fait l'affaire (9).
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(1) cf. TB Kareitot 6a.
(2) cf. Halih'ot Teiman, p. 12 selon Rashi sur Karetot, id. et Horayot 12a et c'est ainsi que l'écrit le Sh. Ar. OH 583,1 : le "roubia" est le "tiltan". Et selon le Rambam (comm. sur Mishna Kilayim 2,5), le tiltan se dit h'ilba en arabe.
(3) Otzar HaGeonim, Rosh Hashana, §92, p. 52 ; également rapporté par le Or Zaroua §257.
(4) cf. Te'amei Tzfon Africa, p. 246
(5) dans ses commentaires sur Rosh Hashana 25a ; rapporté par le H'ida, Birkei Yossef OH 583, s.k. 2.
(6) cf. Shaar HaMifkad, p. 127 qui mentionne le fenouil et le sésame et qui écrit que dans les villes du Maroc, on avait l'habitude de les prendre en plus du loubia pour satisfaire toutes les interprétations.
(7) cf. Ateret Avot, vol. II, p. 66-67 (chap. 16, al. et n. 47) au nom du Netivei Am (p. 255), de Ribbi Yossef Messas - resp. Mayim H'ayim, vol. I, §242 et Maguen Avot, p. 293 (n. 367) ; Zoh'er Brit Avot p. 125 qui dit que c'est l'usage de Marrakech ; Mah'zor Avoteinou, Rosh HaShana, p. 92 qui ajoute que l'usage au Maroc n'a jamais été de manger des haricots verts et fins à Rosh HaShana, mais uniquement du sésame; Alei Hadas, p. 459.
(8) Dans les communautés où l'on mangeait du chou, il existait un autre aliment considéré comme "Roubia" - voir dans le livre "Pekoudat Elazar" de Rabbi Elazar ben Touvo (un des sages de la communauté marocaine à Jérusalem), 3ème part., §583, concernant la coutume au Maroc. Cf. encore Minhagei Bouh'ara (Georgie), chapitre 3, section 3, al. 8.
(9) cf. Maguen Avraham OH 583, s.k. 1 ; Eliah Rabba, id. s.k. 2 ; Sh. Ar. HaRav (H'abad), ibid. al. 1 ; Mateh Efraim, id. s.k. 2 ; H'ayei Adam, Klal 139, al. 6 ; Mishna Beroura OH ibid. s.k. 1 et Kaf HaH'ayim (Sofer), OH ibid. s.k. 8.