Question
Autre question sur p.230
Était-ce courant pour des femmes d’embrasser la main du rabbin/saint qu’elles consultaient?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Oui et ce n'était pas toujours bien vu (1), bien que certains l'ont parfois justifié (2).
_____________________
(1) Par exemple, le rav H'ayim Pallache (resp. Lev H'ayim, vol. II, §4 et resp. H'ayim VéShalom vol. II, §17) écrit qu'il faut être vigilant concernant les femmes embrassant les mains de rabbins et personnages illustres, en veillant à ce qu'elles ne touchent pas la chair de la main. Si elles viennent embrasser la main d'un Sage ou d'une personne similaire, cela doit se faire par l'intermédiaire de gants (ou d'un vêtement). Le rav H'izkiahou Médini (Sdé H'emed, Ma'arekhet Kouf, Klal 7) ajoute qu'il lui a été clairement rapporté que le Rav H'ayim Pallache portait toujours des gants, été comme hiver, précisément à cause de cette coutume. Il est en effet notoire qu'il se conduisait en toutes choses avec une piété (h'assidout) exceptionnelle.
(2) Le Ben Ish H'ay, par. Shoftim, al. 22 écrit :
> "Un Sage ou un vieillard dont les femmes baisent la main n'a pas besoin de les repousser ni de les éconduire, car le baiser sur le dos de la main n'est pas considéré comme une marque d'affection à connotation intime. Le sentiment d'affection intime ne s'exprime, dans ce cas, que par un baiser sur le visage, etc. De plus, il est évident que lorsqu'elles embrassent la main d'un Sage, elles le font pour l'honneur de la Torah, tout comme on embrasse un Sefer Torah. Comme il est dit dans le traité de Kiddoushin (81b) : « Tout dépend de l'intention (si elle est dirigée vers le Ciel) »".
On peut amener une autre preuve de la Mishna (Sotah 19a et Toss. ad loc.) affirmant que le Cohen mettait sa main sous celle de la Sotah lorsqu'elle amenait son offrande (Minh'a) et on ne voyait pas en cela un problème, parce que c'était commis dans un acte rituel de sainteté, au Temple. Cf. comm. ad loc.