Rav Elikan
Cacherout
Cacherout29 octobre 2025Questeur #163WhatsApp

Question

Bonjour Rav,

Doit on tremper au mikvé des boîtes en verre avec fermeture à joint utilisées pour conserver des fruits ou légumes en saumure ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Si on les a achetées telles qu'elles afin d'y mettre de la nourriture il faut les tremper, a priori.

En outre, les boîtes en métal et les bocaux en verre vendus avec les aliments ou boissons qu’ils contiennent, comme le café dans une boîte métallique ou en verre, les confitures dans des bocaux en verre ou les boissons dans des bouteilles en verre, etc. - puisque l’usage courant est de les jeter après consommation, sont considérés comme des ustensiles à usage unique, et il n’est pas nécessaire de les immerger au mikvé (tevila – immersion rituelle des ustensiles achetés à un non-Juif).

Cependant, un doute s’est posé concernant quiconqie souhaite continuer à les utiliser.

Certains estiment qu’il faut les immerger, car en décidant d’en faire un usage permanent, on les a transformés en ustensiles réguliers, et puisqu’ils ont été fabriqués par un non-Juif, ils nécessitent alors l'immersion rituelle.

D'autres sont plus indulgents et pensent que, puisqu’à l’origine ils ont été fabriqués pour un usage unique, ils étaient exempts de tevila au moment de leur acquisition par le Juif ; dès lors, le fait que ce dernier décide de les réutiliser ne crée pas une obligation d’immersion, car c’est lui-même qui les a transformés en ustensiles par sa propre décision.

En pratique, quiconque souhaite adopter la position indulgente et ne pas les immerger en a le droit, et celui qui veut se montrer rigoureux les immergera sans bénédiction (1).

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(1) En effet, les ustensiles à usage unique n'ont pas le statut d'ustensiles en ce qui concerne les lois de pureté et d’impureté, comme il est expliqué dans la Mishna (Kelim 16, 5) et dans le Rambam, Hil. Kelim (chap. 5, hal. 7). On en déduit également qu’ils n’ont pas besoin d’être immergés (resp. H'elkat Yaakov, vol. III, §115). Certains ajoutent même qu’ils ne sont pas considérés comme des ustensiles du tout (resp. Iggrot Moshé (Feinstein) YD vol. III, §23 ; resp. Minh'at Yitzhak (Weiss), vol. V, §32, al. 1 et c'était également l'avis du Rav Mordeh'ai Eliyahou).

Il existe toutefois des décisionnaires qui estiment qu’il faut immerger les ustensiles à usage unique sans bénédiction (cf. H'azon Ovadia (Yossef), Shabbat, vol. II, p. 56 ; resp. Mishné Halah'ot (Klein), vol. VII, §111).

Mais l’opinion principale reste qu’ils sont dispensés d’immersion, surtout qu'il s'agit d'un doute sur une loi rabbinique, pour lequel on est munificent (mekeil) et c’est ainsi qu’on a coutume d’agir.

On eût pu objecter qu’en matière de Kiddoush (sanctification du vin) ou de Nétilat Yadaïm (ablution des mains), on puisse a posteriori utiliser un gobelet jetable, preuve qu’il est considéré comme un ustensile... Mais en réalité, le fait qu’un objet soit considéré comme ustensile ne suffit pas à créer une obligation de le tremper au mikvé : en effet, les ustensiles en argile ou en bois, par exemple, en sont dispensés.

Ainsi, seuls les ustensiles importants faits de métal ou de verre sont concernés, et par conséquent, même un ustensile métallique jetable est dispensé d’immersion.

Les emballages alimentaires (boîtes, bocaux, bouteilles) qu’on a l’habitude de jeter après usage sont, tant que leur contenu n’est pas fini, selon la majorité des décisionnaires, exempts de tevila, soit parce qu’ils sont considérés comme ustensiles jetables, soit parce qu’il ne s’agit pas d’un usage d’ustensile (on s’en sert seulement pour sortir le contenu et non pour y introduire quelque chose), soit encore parce que l’acheteur n’a pas l’intention d’en acquérir l’ustensile lui-même, mais seulement le contenu.

Les autorités rabbiniques divergent lorsqu’après avoir fini le contenu, quelqu’un décide de réutiliser le récipient.

Certains estiment qu’il faut alors l’immerger sans bénédiction (Sefer Tevilat Kelim, chap. IV, §12–13 ; Shmirat Shabbat Kehilh'ata chap. 9, al. 12 ; resp. Az Nidberou vol. VII, §71).

D’autres sont indulgents pour le verre (puisque l’obligation d’immersion n’y est que rabbinique), et pour le métal, ils estiment qu’il n’y a pas lieu de protester contre ceux qui se montrent indulgents (resp. Iggrot Moshe (Feinstein) YD vol. II, §40).

D’autres encore sont totalement indulgents, considérant que le récipient n’était pas un ustensile au départ, et que c’est le Juif, par sa décision, qui en a fait un ustensile (resp. Tzitz Eliezer vol. VIII, §26 ; Olat Shabbat vol. I, §24 ; etc.).