Question
Shalom Rav,
Peut on faire la vaisselle l’après midi du premier jour de rosh hashana pour le repas du deuxième soir ?
Sachant que sinon le repas se fera donc avec du plastique (beaucoup moins mekhoubad) ou qu’il commencera beaucoup beaucoup plus tard.
Réponse du Rav Shmuel Elikan
A priori on évite de préparer d'un jour à l'autre et il vaut mieux attendre la fin du premier jour de Rosh Hashana afin de faire la vaisselle pour le deuxième jour (en cas de besoin on peut faire ça dès le coucher du soleil).
Si les ustensiles sales nous dérangent et qu'on ne les nettoie pas comme préparatif du deuxième jour, on peut les laver après utilisation le premier jour (1).
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(1) Le premier jour de Rosh Hashana, il est interdit de faire des préparatifs en vue du second jour de Rosh Hashana. Par exemple : il est interdit de mettre la table, de laver la vaisselle ou de sortir de la nourriture de son emplacement, si c’est en vue du second jour.
La raison de cette interdiction est liée à la cause même pour laquelle Rosh Hashana est célébré deux jours. En effet, à l’époque où le calendrier était fixé selon le témoignage de la nouvelle lune, la majorité du peuple juif ne savait pas si Rosh Hashana tombait le 30 du mois d’Eloul ou le 31. Or, en ce temps-là, il était interdit, le 30, de préparer quoi que ce soit en vue du 31, car il était possible que le 30 soit jour de fête et que le 31 soit un jour profane. Préparer d’un jour saint pour un jour profane est interdit.
Puisque nous célébrons aujourd’hui deux jours de Rosh Hashana en souvenir de cette pratique ancienne, nous appliquons les mêmes règles : il est donc interdit, le premier jour, de préparer des choses pour le second (cf. Sh. Ar. OH 503,1 ; Mishna Beroura ad loc. ; Rema OH 667,1).
En cas de nécessité, il est permis d’alléger la règle et de faire, le premier jour, une action qui servira aussi pour le second jour, à condition que cela ne paraisse pas clairement être destiné au lendemain.
Par exemple : si besoin est, on peut sortir des aliments du congélateur dans l’après-midi pour qu’ils décongèlent et puissent être consommés au repas du soir. Cela est permis car il se peut que la nourriture décongèle déjà avant la nuit et puisse être mangée le premier jour, et ainsi il n’apparaît pas que l’action est faite pour le second jour.
De même, il est permis, en cas de besoin, d’apporter de la nourriture pour le repas du soir, tant que cela ne semble pas explicitement destiné à ce repas. Toutefois, cet allègement ne s’applique qu’aux actions qui ne relèvent pas d’un melah'a (travail interdit), et qui sont interdites seulement en raison de l’interdit de préparer d’un jour saint pour un jour profane (hah'ana mi-kodesh leh'ol). Mais les actions qui impliquent un véritable melah'a, comme cuisiner ou cuire, sont interdites pour le second jour, même si cela n’apparaît pas clairement comme étant fait pour lui (cf. Mishna Beroura 667 s.k. 5 ; Yalkout Yossef, Yom Tov ve’Hol HaMo’ed 503, al. 6 ; Hilkhoth ‘Hag be-‘Hag, Yamim Noraïm, chap. 15, al. 4. Cf. aussi ‘Hazon Ovadia (Yossef), Shabbat, vol. II, p. 447, qui estime que pour une mitsva, on peut s’appuyer sur l’opinion selon laquelle sortir un aliment du congélateur pour le décongeler n’est pas considéré comme une préparation interdite, soit parce que cela revient seulement à déplacer la nourriture d’un endroit à un autre, soit parce que, selon le Maharshag (resp. vol. I, §61), l’interdit de préparer d’un jour saint pour un jour profane ne s’applique que lorsqu’on fait une action le Shabbat pour s’éviter un effort ou gagner du temps à la sortie de Chabbat. Mais lorsqu’on le fait pour éviter une perte, ou parce qu’il sera impossible de le faire après Shabbat, cela n’est pas interdit).
Dès la sortie du premier jour de Rosh Hashana, il est permis de commencer les préparatifs pour le second (cf. Sh. Ar. 503,1 ; Be'our Halah'a ad loc. s.v. beyom tov ; Yeroushalayim be-Mo’adé'a du Rav A. Nevenzhal, p. 227).
De plus, le Rav Ovadia Yossef (Halih'ot ‘Olam, vol. I, p. 329) autorise de commencer à préparer environ un quart d’heure après le coucher du soleil. Et en cas de grande nécessité, il permet même immédiatement après le coucher du soleil, selon son avis qu’en cas de nécessité pressante, il est permis d’accomplir un interdit rabbinique durant le crépuscule (bein ha-shmashot) à la sortie de Chabbat. Cependant, le Be'our Halah'a (OH 342,1 s.v. bein ha-shmashot) interdit tout interdit rabbinique durant le crépuscule de sortie de Shabbat, même en cas de grande nécessité, par crainte de l’opinion de Rabbi Yossi, selon laquelle le temps de bein ha-shmashot ne commence pas au coucher du soleil mais plus tard.
C’est pourquoi, en pratique, beaucoup de communautés suivent l’avis des calendriers, qui indiquent l’heure de la sortie de la fête (tzet ha’hag), et n’autorisent pas à commencer les préparatifs du second jour avant cette heure, afin de sortir de tout doute (cf. Yéroushalayim be-Mo’adé'a, p. 227 ; Loua’h Bina La‘ittim).