Question
Bonsoir,
Un.e israélien.ne peut-il/elle voyager vers l'étranger le lendemain de la fête (en l'occurrence isrou 'hag de Chavouot, qui correspond donc au deuxième jour de la fête en diaspora) ?
Si oui, sous quelles conditions ?
Merci beaucoup
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Si l'aéroport se trouve en dehors de la ville (à une distance supérieure au teh'oum Shabbat – environ un kilomètre de la ville) ou dans une ville où il n'y a pas de communauté juive, il est permis à un habitant d'Israël d'y atterrir lors du deuxième jour de Yom Tov. Il lui est également permis d'y effectuer des travaux pendant son séjour à l'aéroport.
Tout cela à condition que personne ne sait qu'il est Juif et/ou que là bas c'est un jour de fête pour les Juifs.
Si l'aéroport se trouve dans une ville où réside une communauté juive, les décisionnaires sont divisés, mais l'avis majoritaire est qu'il est interdit à un habitant d'Israël d'effectuer des "melah'ot" à l'aéroport dans ce cas, et donc qu'il ne devrait pas atterrir, car cela nécessiterait de faire des "melah'ot" (1).
Cependant, certains autorisent en arguant que l'interdiction de travail ne s'applique pas à lui dans l'aéroport (2).
Il semble que, a priori, il faille éviter cette situation, mais en cas de besoin important, on peut s'appuyer sur l'avis des décisionnaires permissifs.
Si l'atterrissage a lieu en fin de journée, de sorte que la personne n'aura pas besoin d'effectuer de travaux, mais seulement de quitter l'avion et d'attendre la sortie des étoiles, il semble permis de le faire, même sans nécessité particulière.
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(1) Le principe général accepté est qu'un résident d'Israël qui arrive dans un lieu à l'étranger où il existe une communauté juive ne peut pas effectuer de travaux lors du deuxième jour de Yom Tov. En revanche, s'il arrive dans un lieu dépourvu de présence juive, il peut travailler - cf. Shoulh'an Arouh' 496,3 et comm. ad loc. dont Mishna Beroura s.k. 10.
En outre, si l'aéroport est situé dans une ville où résident des juifs, ou à proximité d'une telle ville, il est interdit à un habitant d'Israël d'y effectuer des travaux. Mais si l'aéroport est dans une ville sans juifs ou éloigné de toute ville, il est permis d’y travailler. C’est ce qu’écrivent plusieurs décisionnaires- cf. resp. Betzel HaH'oh'ma (Stern) vol. III, §35 ; resp. Or Letzion, vol. III, chap. 23, §4 ; MiBeit Levi (Wozner) §103, al. 6 ; Tzeida Ladereh', vol. IV, §5.
Certains sont encore plus stricts et considèrent que même si l'aéroport est éloigné de toute résidence juive, il est interdit d’y travailler si des juifs non pratiquants y travaillent habituellement lors de Yom Tov. Ils considèrent alors l'aéroport comme un lieu habité par des juifs - c'est notamment l'avis du Rav Elyashiv, cité dans resp. Rivevot Ephraim (Greenblatt), OH §187 ; Torat Hadereh', chap. IX, al. 3. Selon cet avis, pratiquement tous les aéroports en Europe et aux États-Unis seraient interdits pour une arrivée durant le deuxième jour de Yom Tov.
(2) Certains considèrent même un aéroport international comme une entité indépendante, distincte de la ville voisine et de fait permettent à un résident d’Israël d'atterrir et de travailler dans un aéroport, même s'il est situé dans une ville juive ou à proximité, en se basant sur le fait qu'un aéroport est un lieu international, où il est reconnu que des voyageurs viennent du monde entier, y compris des habitants d’Israël qui ne sont pas concernés par le deuxième jour de Yom Tov - cf. Shoulh'an Shelomo (Auerbach), Hil. Yom Tov, 496, al. 12, s.k. 22 ; resp. Divrei David, OH §28 ; resp. Pele Yoetz (Stollman) §28.