Question
Bonjour Rav
Y a t il un moment mieux qu'un autre si je veux me reposer afin de tenir la veillée si je ne peux le faire avant la nuit?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Je n'ai pas compris la question.
Il n'y a absolument aucun devoir de rester éveillé la nuit d'Hoshana Rabba.
Il y a effectivement une coutume, surtout pour les gens pieux de rester éveillé et étudier le Tikoun mais ce n'est en rien astreignant (1), surtout si on est fatigué, notre santé prime.
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(1) Il existe une coutume dans certaines communautés juives de rester éveillé pendant la nuit de Hoshana Rabba et d'étudier la Torah.
Cette coutume a diverses sources et raisons.
Au XIIIè siècle, Rabbi Tzidkiya ben Avraham mentionne dans son livre Shibbolei HaLeket (§ 271) ceux qui ont l'habitude de rester éveillés toute la nuit et de lire toute la Torah, de la parasha Bereshit à la parasha VeZot HaBerah'a. Rabbi David Abudraham, qui vit au siècle d'après, mentionne également cette coutume, en donnant sa raison : terminer la lecture de toute la Torah avant Simh'at Torah, par crainte que durant l'année ils n'aient pas complété la lecture hebdomadaire avec la répétition du texte en hébreu et en araméen (Shnayim Mikra Ve'Eh'ad Targum). Ces sources ne relient pas cette coutume spécifiquement au caractère particulier de la journée de Hoshana Rabba, mais plutôt à sa proximité avec la complétion de la Torah à Simhat Torah. Aboudraham lui-même s'oppose à cette pratique, affirmant qu'elle n'est pas utile pour compléter les lectures manquantes, car on y lit toute la Torah une seule fois, sans la répétition (Shnayim Mikra VeEhad Targum) - cf. Abudraham, Portail III, Seder Mitzvot Souka.
La coutume de rester éveillé la nuit de Hoshana Rabba a perduré quasiment uniquement parmi les cercles kabbalistiques en Espagne, mais là, une autre raison lui a été donnée, basée sur la signification accordée à cette journée dans le Zohar en tant que jour de la clôture du jugement, qui a commencé pendant les Jours Redoutables. Rabbi Moshé de Léon a alors souligné qu'il est approprié d'étudier la Torah toute la nuit. Les kabbalistes de Safed ont poursuivi cette pratique et en ont souligné l'importance. Dans le livre Shaar HaKavanot, il est écrit au nom de l'Ari qu'il faut rester éveillé toute la nuit, et que dans la première moitié, où le jugement est scellé, il faut lire le livre de Devarim (Deutéronome) et s'occuper exclusivement de la Kabbale. Dans la deuxième moitié, Shaar HaKavanot permet d'étudier d'autres sujets ou de réciter les Seli'hot (sans prononcer les treize attributs de miséricorde) - cf. Rabbi H'aim Vital, Sh'aar HaKavanot, Droushei H'ag haSouccot, §1].
Plus tard, Shadal s'opposera à ce Tikkoun qui, selon lui, n'a aucune source biblique et talmudique. Rabbi Eliahou Benamozegh lui répondra longuement dans son livre "Ta'am LeShad".
Rabbi Moshé ben Mah'ir, dans son livre Seder HaYom, mentionne la coutume de rester éveillé pendant la nuit, mais ne fait pas mention de l'étude de la Torah ni de la lecture du livre de Devarim. Il mentionne plutôt la lecture des Psaumes, ainsi que des supplications et des chants, et lors de la veille du matin, également des Seli'hot, "et plus on multiplie les supplications, mieux c'est" [Seder HaYom, 106b – ordre du jour d'Hoshana Rabba].
Suite à la diffusion de l'enseignement de l'Ari, cette pratique s'est répandue tant en Orient qu'en Europe. Finalement, les deux coutumes ont été combinées, créant ainsi une version du Tikoun (réparation) comprenant à la fois l'étude de la Torah et la récitation des Psaumes, des louanges et des hymnes. Cette coutume s'est répandue tant au Moyen-Orient qu'en Afrique du Nord et en Europe, surtout dans les communautés espagnoles, et elle est mentionnée dans la littérature halah'ique, comme Kaf HaH'aïm (Sofer – OH 664, s.k. 3) et Ben Ish H'ai (première année, par. VeZot HaBerah'a, al. 3), ainsi que dans la Mishna Beroura (OH 664, s.k. 1). Cette coutume, au départ répandue uniquement parmi les 'hassidim et les hommes pieux (généralement kabbalistes), principalement dans les communautés séfarades, a commencé ces dernières années à se propager dans la majorité des communautés, mais il faut se rappeler qu'il s'agit d'un usage qui n'est pas astreignant.