Rav Elikan
Cacherout
Cacherout6 octobre 2025Questeur #170WhatsApp

Question

Bonjour Rav

Un médicament qui contient du lactose parmi ses excipients est il nécessairement Halavi?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Non (1).

En outre, même si on considère que c'est un produit laitier, il est permis tout de suite après avoir consommé la viande de prendre un tel médicament, si cela est nécessaire, à condition d'avoir fait la bénédiction marquant la fin du repas et de bien se rincer la bouche et brosser les dents (2).

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(1) Le lait contient de la matière grasse, deux types de protéines (la caséine et le lactosérum), de l’eau, du calcium et un type de sucre appelé lactose.

Pour fabriquer du fromage, on ajoute au lait de la présure ou un acide (comme le vinaigre), ce qui provoque l’agglutination de la caséine et de la graisse en une masse solide appelée « fromage », laissant derrière elle un liquide grisâtre contenant de l’eau, du lactosérum, du calcium et du lactose.

Ce liquide peut ensuite être filtré pour isoler le lactosérum, qui sera séché et transformé en poudre vendue sous le nom de protéine de lactosérum (whey protein souvent utilisé pour de la musculation).

Le liquide restant après cette étape de filtration contient du lactose ; si l’on en retire l’eau, il reste du lactose pur.

Il y a une discussion à propos du lactose : est-ce qu’il provient du lait et est donc halakhiquement considéré comme produit laitier ou dit on que dès lors que le lait a chimiquement été décomposé - il s'agit d'un nouveau produit (panim h'adashot Baou leKan) ?

On notera par ailleurs quen l'acide lactique porte un nom semblable, mais il n’est pas fabriqué à partir de lait et est considéré comme parvé, selon tout le monde.

Cependant, à la surprise de beaucoup, la halakha enseigne que, puisque le lactose nécessite deux séparations successives pour être isolé du lait, même si on le définit comme "h'alavi", il n’est considéré comme "laitier" que d’un point de vue rabbinique (miderabbanan).

Les décisionnaires les plus stricts considèrent cela comme mei h'alav — « eaux de lait ».

Ce point n’est pas purement théorique : il a une application pratique importante.

Il est interdit de tirer profit (hana’ah) d’un mélange de viande et de lait cuits ensemble, mais cette interdiction ne s’applique que si le mélange est considéré comme basar beh'alav (viande et lait) d’un point de vue biblique (mide'oraita).

Dans ce cas, puisque le lactose n’est laitier que rabbinique ment (miderabbanan), il est permis de tirer profit d’un aliment contenant de la viande et du lactose (s’il ne contient aucun autre dérivé laitier).

Un exemple courant de cette interdiction de profit concerne la nourriture pour animaux :

si elle contient de la viande et du lait, on ne peut pas l’utiliser, car le propriétaire en tire profit en nourrissant son animal.

Mais si le seul ingrédient laitier est du lactose, on peut la donner à l’animal.

Nous voyons donc que le lactose est un sous-produit de la fabrication du fromage.

Or, pour qu’un fromage soit kashère, un Juif doit être présent (et éventuellement participer) au moment de sa fabrication.

Le fromage fabriqué sans la présence d’un Juif est appelé guevinat akoum et n’est pas kasher.

Cependant dans la plupart des cas, le lactosérum et le lactose séparés du gevinat akoum restent kasher, mais doivent avoir une supervision rabbinique (hashgah'a) ; en effet, il est généralement admis que si le lait était chaud pendant la fabrication du fromage, le lactosérum et le lactose deviennent interdits, car ils ont absorbé le goût (ta'am) du fromage non kasher. Cela reste assez rare, mais c’est l’une des raisons pour lesquelles le lactose nécessite une supervision rabbinique (hashgah'a), afin de garantir qu’il ne provient pas d'un tel fromage.

Le lactose est souvent utilisé dans les comprimés à mâcher ou à avaler, et ces produits ne portent en général aucune certification de kasherout.

Cela soulève des questions pour les consommateurs malades qui doivent prendre un médicament :

doivent-ils s’inquiéter de la kasherout du lactose ?

Peut-on prendre ce médicament si on a mangé un repas de viande juste avant ?

Mon maître le Rav N. E. Rabinovitch, soutient que la lactose n'est pas considérée comme produit laitier, même d'ordre rabbinique.

C'est également l'avis du Rav Eliashiv - Kovetz Teshouvot, vol. I, §73, al. 1 et du rav Wozner - resp. Shevet HaLévy vol. VII, §118.

Donc selon eux, aucun problème à prendre cela après avoir consommé de la viande.

(2) cf. resp. Shevet HaLévy vol. VII, §118; Zivh'ei Tzedek YD 89, s.k. 11; Ben Ish H'ai, 2ème année, par. Shelah' Leh'a, §11; resp. Sho'el veNishal YD 58; cf. Yavin Da'at sur YD 89; Darkei Teshouva YD 89, s.k. 21-22 au nom du H'ayei Adam; cf. aussi Pith'ei Teshouva sur YD 89 qui ramène la réponse du H'atam Sofer qui permet dans ce cas - en attendant une heure.