Rav Elikan
Fetes
Fetes21 octobre 2024Questeur #86WhatsApp
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Question

Moadim lesimha Rav

Peut on raccrocher des décorations du skah pendant hol amoed, ou il est mouktse et il faut le laisser par terre

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Oui, on peut accrocher des décorations de la souka qui seraient tombées, mais on n'a pas le droit de les utiliser pour autre chose (1).

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(1) Nous avons appris dans le traité Soukka (9a) :

« Rav Shishat a dit au nom de Rabbi Akiva : D'où savons-nous que les bois de la soukka sont interdits pendant les sept jours ? Il est écrit : 'La fête des cabanes (Soukkot) pendant sept jours pour l’Éternel'. Et il est enseigné : Rabbi Yehouda fils de Beteira dit : De même que le Nom du Ciel repose sur le sacrifice de H'aguiga, ainsi repose-t-il sur la soukka, comme il est dit (Lévitique 23:34) : 'La fête des cabanes pendant sept jours pour l’Éternel'. De même que la fête est dédiée à l’Éternel, ainsi la soukka est dédiée à l’Éternel. »

Selon le Rosh (ad loc.), il n'y a pas d'interdiction concernant les parois, alors que selon le Rambam, les parois sont également interdites à l'utilisation.

Le Beit Yossef (OH 638) et le TaZ (ad loc. s.k. 1) expliquent que, selon le Rambam, cette interdiction est rabbinique, tandis que le rav Yoël Sirkis (Bah' OH id.) pense qu'elle est d'ordre toranique.

Quant au Ran, il considère que les parois sont interdites par la Torah (cf. Beour Halah'a, OH 638,1 s.v. ‘bein’).

Nous apprenons donc que selon toutes les opinions l'interdiction concernant le toit de la soukka (le seh'ah') est de'oraïtha.

Cependant, il y aurait une contradiction avec un autre passage talmudique, puisque la Guemara (en TB Beitsa 30b) enseigne que l’interdiction est rabbinique en raison de mouktsé :

« Mais les bois de la soukka, sur lesquels repose une sainteté, sont mouktzé pendant les sept jours. »

Le Ramban (Nahmanide), le Ran et le Ra'ah expliquent que l’interdiction de la Torah concerne les sept jours de la fête, tandis que l’interdiction rabbinique s’étend au huitième jour, car au crépuscule de ce jour, la soukka était déjà consacrée (Ran Soukka 4b, ‘al haH'aguiga’, et dans ses comm. sur Beitsa 7b au nom du Ramban ; Ra’ah Soukka 9a).

Et cette opinion est tranchée par le Shoulh'an Arouh' OH 638,1.

Selon les Tossafot (Soukka 9a, et dans Beitsa 30b, s.v. ‘aval’, au nom de Rabbi Yitzhak), ainsi que les Piskei HaRosh (chap. 1, §13), l’interdiction de la Torah s'appliquerait uniquement lorsque la soukka est encore "valide", tandis que l’interdiction de mouktsé s’applique après que la soukka soit tombée.

Leur avis est également tranché, par le Rema (OH 638, 1.et.comm. dont Mishna Beroura s.k. 5).

Cependant, selon le Maharshal (Beitsa chap. 4, §3), même après la chute, les débris de la soukka sont interdits par la Torah !

Pour Rabbenou Tam (Beitsa 30b), l’interdiction de la Torah ne s'appliquerait qu'à la partie de la soukka qui remplit les conditions de validité, c’est-à-dire un toit de 7 fois 7 tefah'im (dimensions minimales), et deux parois plus un tefah' (minimum requis). Tout ce qui dépasse cette mesure est interdit par décret rabbinique, comme il est expliqué dans la Guemara Beitsa.

Le Ran estime que, si on a d’abord construit une soukka valide et qu'ensuite on y a ajouté une paroi supplémentaire, cette paroi n’est pas concernée par l’interdiction. Mais si tout a été construit en une seule fois, même quatre parois, cela est interdit par la Torah, même selon l'avis de Rabbenou Tam.

Cette opinion du Ran est également tranchée dans le Shoulh'an Arouh' (OH 638,1 - voir aussi Be'our Halah'a ibid. s.v. 've'im').

Selon tout cela, il est clair que l'interdiction concernant les décorations ne peut être que d'ordre rabbinique.

Ainsi, dans le traité Chabbat 22a, il est demandé à Rabbi Yehoshoua ben Lévi :

« Est-il permis de profiter des décorations de la soukka pendant les sept jours ? »… Il est enseigné : « Si on a fait un toit conforme à la halah'a et l'a décoré avec des guirlandes et des draps brodés, et qu’on y a suspendu des noix, des pêches, des amandes, des grenades, des grappes de raisins, des couronnes de blé, du vin, de l'huile, et de la farine – il est interdit d’en profiter jusqu'à la sortie de la dernière fête. »

Rashi explique que cette interdiction est rabbinique, car ce serait un mépris du commandement (bizouy mitsva).

Les Tossafot dans le traité de Soukka ajoutent que, pour cette raison, les décorations sont également interdites à l'utilisation pendant H'ol Hamoed (les jours intermédiaires).

Une autre raison est que ces objets sont consacrés à la mitsva (cf. TB Shabbat 45a), ce qui signifie que même si les décorations tombent et ne sont plus visibles, elles restent interdites à l'utilisation.

Cette loi est tranchée dans Sh. Ar. OH 638,2, où même les décorations tombées restent interdites.

Il en ressort que l'interdiction concerne le fait de prendre quelque chose de la soukka et de l'utiliser, comme par exemple prendre une planche de la soukka pour un usage de construction ou même un petit bâton pour se curer les dents (Rema 638,1; Mishna Beroura id. s.k. 4).

De même, il est interdit de retirer les tissus accrochés aux parois de la soukka, ou les décorations et les fruits suspendus comme ornements au toit (seh'ah'), pour les utiliser à d'autres fins.

Il est également interdit de prendre quoi que ce soit sans raison, car cela abîme la soukka ou la laisse incomplète.

Même un tapis ou des carreaux posés sur le sol sont considérés comme des ornements qui sont consacrés à la mitsva de la soukka - cf. resp. Iggrot Moshé (Feinstein), OH vol. I, §181.