Question
Bonjour Rav,
Est-ce problématique de recevoir (et consommer) une bouteille de vin casher d'un non-juif en cadeau?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Dans la mesure où le vin est fermé - il n'y a là aucun problème (1).
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(1) Le Rambam (Lois des Aliments Interdits, chap. 12, hal. 4) a statué que lorsqu’un récipient est fermé, un non-Juif peut le déplacer d’un endroit à un autre, même si le vin à l’intérieur est agité, car cela n’est pas considéré comme une manière de faire une libation. Ainsi, s’il déplace une outre de vin tout en tenant son ouverture dans la main – que l’outre soit pleine ou partiellement remplie – cela reste permis, bien que le vin bouge à l’intérieur. Le Shoulh'an Arouh' (Yoré Déa, 125, 9) tranche de même.
Le Siftei Kohen (ad loc s.k. 17) précise que l’expression « il tient l’ouverture de l’outre » signifie que le récipient est fermé, et donc il ne s’agit pas d’un contact direct avec le vin.
La raison de cette permission, comme l’expliquent le Rambam et le Beit Yossef (ibid., au passage commençant par « OuMah shékatav »), est que le fait d’agiter un récipient fermé n’est pas une manière usuelle de faire une libation.
Il faut aussi souligner que le terme « récipient fermé » signifie fermé par un bouchon, et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un double scellement (ḥotam betokh ḥotam). En effet, la règle du double scellement ne s’applique que lorsque le vin est passé en possession du non-Juif, et non dans un cas où le vin reste dans le domaine du Juif et que le non-Juif ne fait que le manipuler brièvement.
Par conséquent, en pratique, si un non-Juif déplace une bouteille de vin bien fermée, le vin n’est pas du tout interdit, ni à la consommation ni au profit.