Rav Elikan
Divers

Question

Bonjour,

Nous suivons dans ma famille la coutume suivante, qui viendrait d'Alsace.

La famille se lave les mains puis retourne à table en silence pour le Kidouch.

Tous réunis autour de la table, nous récitons ensuite le Kidouch sur le vin, puis nous prenons le pain et récitons à la suite la Beraha pour Netilath et le Motsi.

Est-ce conforme à la HalaKha ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Shalom,

C'est effectivement un usage, principalement ashkénaze, très ancien (1), rapporté par de nombreux décisionnaires, qui eux-mêmes agissaient de la sorte (!) ; et encore pratiqué dans de nombreux endroits, même aujourd'hui (2).

Il n'y a donc aucune de raison d'arrêter un tel usage, si c'est votre usage familial, et ce, bien que plusieurs décisionnaires, a priori, s'y soient opposés (3) ; parce que c'est un usage conforme au texte de la

guemara

d'une part, et qu'il constitue une tradition ancienne d'autre part (et ce n'est pas quelque chose que l'on "annule" sans raison).

Cordialement,

Notes

:

(1) cf.

Rabbenou Tam

rapporté dans les

Tossafot

sur

Pessah'im

106b s.v.

mekadesh

;

Hagahot Maimoniot

sur hil. Shabat, chap. 29, hal. 10, §60 ;

Mordeh'ai

sur Pessah'im, ad loc ;

Rosh

rapporté dans le Tour OH 271 ;

Minhaguei Maharil

(éd. Spitzer, Jérusalem, 1989) p. 203 ;

Minhaguei R' Eizik Tirna

(éd. Spitzer, Jérusalem, 1979), p. 21 en note ;

Rema

(dans son Darkei Moshé et sur le Sh. Ar.) OH 271, 12 ; cf. encore

Rashba

, resp. I, §188.

(2) cf. p. ex.

Yalkout Minhaguim : MiMinhaguei Shivtei Israël

(éd. par r'

Asher Wasserteil

), 2ème éd., Jérusalem, 1980, p. 12 ; cf. encore

Ziv HaShabat

du

Rav Yehouda Dov Singer

, 2ème éd. Jérusalem, 1977, p. 102 et le témoignage du prof.

Itzh'ak Hildesheimer

à ce sujet dans la revue

HaMaayan

n°233, Nissan 5780 (2020), p. 109-110 concernant l'usage de son grand-père le

rav Azriel Hildesheimer

de procéder à l'ablution rituelle avant le kidoush, et les propos du

Rav Neuwirth

à ce sujet qui justifie cet usage s'il est pratiqué par toute la famille (contrairement à ce qu'il écrit dans

Shemirat Shabat Kehilh'ata

(2è éd.), II, chap. 47, §26, a priori) ; ainsi que l'usage de ses enfants de faire de la sorte aujourd'hui.

(3) Tels le

Taz

(OH 271, s.k. 14), le

Gaon de Vilna

(ad loc.),

Arouh' HaShoulh'an

(id. §33) et le

Mishna Beroura

(ibid. s.k. 62).

cf. encore à ce propos -

Kaf HaH'ayim

(Sofer) ad loc. s.k. 78-79 et

Yessodei Yeshouroun

(Felder), t. III, p. 232-233.