Question
Bonjour et Hanouka Sameah,
Une question peut-etre surprenante: nous avons besoin d'un nouveau paillasson et en voyons un qui porte un design saluant les visiteurs en utilisant le mot "chalom". Il est rigolo, mais c'est aussi l'un des noms d'Hachem. Est-ce manquer de respect de mettre le mot "chalom" sur un paillasson, quand les gens vont essuyer leurs pieds dessus? Ou bien il s'agit juste d'un kinouy?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Bien qu'il y ait sur qui s'appuyer pour permettre, beaucoup écrivent qu'il vaut mieux éviter, alors même qu'halah'iquement l'on ne considère pas ce terme comme un Nom Divin dans ce cas (1).
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(1) Cf. Tossafot sur Sotah 10a (s.v. ela) qui se sont interrogés : pourquoi la Guemara dans le traité de Shevouot n’a-t-elle pas inclus le nom "shalom" parmi les sept noms Divin qu'il est interdit d’effacer ? Les Tossafot expliquent que bien que les noms "Ra'houm" et "'H'anoun" puissent être effacés, le statut du nom "shalom" est néanmoins plus strict, comme en témoigne l'interdiction de le prononcer dans des bains publics ou aux toilettes, etc. - bref, dans des endroits impudiques. Ils répondent que, bien que le nom "Shalom" devrait être inclus parmi les Noms Divins qu’il est interdit d’effacer, le Tanna n’a pas énuméré tous les noms.
Le Rashba, cependant, dans ses responsa (vol. VII, §318) s'oppose aux Tossafot et écrit que bien qu’il soit interdit de prononcer "Shalom" dans des bains publics afin de ne pas le "déconsidérer" ou faire honte au Nom Divin, et qu’il faille éviter d’écrire "Shalom" dans des lettres ou autres, car ces documents risquent souvent de tomber par terre et d’être méprisés, son statut n’est pas celui des sept noms sacrés.
Selon lui, il ressort qu'il faut quand même éviter d’écrire "shalom", alors que ce n'est pas un Nom sacré ! Et ce, même dans des lettres et il serait préférable selon lui d’écrire "Shalo-" à la place. C’est également ce qu’écrit le Rema (OH 276,13) en mentionnant que certains font attention de ne pas écrire le mot Shalom là où ce n'est pas nécessaire.
Le Rav Itzh'ak Weiss (resp. Minh'at Itzh'ak vol. VIII, §126), le Rav Elyashiv (qui écrit ainsi dans toutes ses lettres) et de nombreux autres décisionnaires ont suivi cette position.
Le Ran (Shabbat 10b, s.v. assour) écrit également :
> "Il est interdit à une personne de saluer son prochain par le mot 'shalom' dans un bain public. Et Rabbenou Yé'hiel a écrit que l’on apprend de là qu’il est interdit d’écrire 'shalom' dans une lettre, car c’est un nom sacré, et il est fréquent que ces lettres soient jetées dans des poubelles ou des endroits sales. Nous avons donc l’habitude de ne pas écrire 'shalom'."
Le Rosh (Sotah, chap. 3, §15) écrit, quant à lui, qu’il n'y a pas d'interdiction d’écrire 'shalom' dans des lettres :
> "Dans toutes les lettres, on écrit 'shalom', elles sont jetées et effacées."
De même, le Pith'ei Teshouva (id., s.k. 28), citant le H'ida dans son Birkei Yossef, rapporte que beaucoup ne sont pas vigilants à ce sujet.
Il faut également ajouter les paroles du Radbaz (rapportés par le PT, ibid.), qui écrit que lorsque notre intention n'est pas de désigner le nom divin, il n'y a certainement pas de problème.
Le Rav Ovadia Yossef (resp. Yabia Omer OH vol. VI, §15) a également tranché avec indulgence, permettant l'utilisation du mot shalom pour différents usages profanes, mais il ne parle pas du cas d'un paillasson, qui pourrait être mal perçu.