Question
Consignes principales pour ce Shabbat (Mah'on Tzomet) :
- Téléphone portable et radio :
• Dans un endroit où l’alerte du Commandement du Front intérieur n’est pas audible, il faut préparer un téléphone chargé avec une application d’alerte (Commandement du Front intérieur / Tseva Adom).
• Il est permis de laisser une radio allumée dans la pièce sécurisée (mamad) sur une fréquence silencieuse.
- Alerte entre le kiddouch et le repas :
• Si l’on retourne manger après s’être réfugié dans le mamad, il n’est pas nécessaire de refaire le kiddouch – tant que l’on est resté dans le même espace.
- Douche en situation de stress :
• Une douche chaude (eau du chauffe-eau solaire ou à pompe à chaleur) est permise en cas de stress psychologique intense – en particulier pour les enfants.
• L’eau provenant d’un chauffe-eau électrique ordinaire n’est permise qu’en cas de besoin exceptionnel et avec un changement d’habitude (shinouï).
- Lumière dans le mamad :
• Il est conseillé de laisser une lumière allumée à l’avance. Si cela a été oublié – il est permis d’allumer une ampoule LED (ou de déplacer une bougie allumée dans le mamad). Si aucune autre option – on peut allumer une ampoule à incandescence en procédant avec un changement.
- Transport du téléphone :
• Il n’est permis que pour un secouriste, une personne armée, ou quelqu’un pouvant réellement prévenir un danger.
• Pour les autres – il faut suivre les directives du Commandement du Front intérieur. Si sortir de l’abri sécurisé nécessite de porter un téléphone pour entendre les alertes – il faut agir en conséquence.
- Utilisation du téléphone en situation d’urgence :
• Il est permis de répondre à un appel s’il est probable que l’appelant est en danger.
• Il n’est pas permis de consulter les nouvelles ou de s’informer sur les blessés – sauf si l’inquiétude est telle qu’elle peut causer un réel trouble de santé.
• Si l’on prévoit d’utiliser le téléphone pendant Chabbat, il est recommandé, dans la mesure du possible, de le laisser allumé et actif (sans mode veille / écran éteint).
- Prière et lecture de Téhilim pendant une alerte :
• Il est permis de réciter des bénédictions et des Téhilim même sans s’être lavé les mains – après un nettoyage de base.
• Si l’alerte retentit au milieu de la Amida – il faut immédiatement aller au mamad, y continuer la prière, et si l’on a dû parler, reprendre à la dernière bénédiction.
Enregistrement et saisie de texte :
• Il est préférable d’enregistrer vocalement plutôt que de taper.
• En cas d’urgence – il faut agir de la manière la plus rapide et efficace.
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Je me permets d'ajouter une traduction en français de ce qu'a écrit mon ami le rav Rosenzweig :
Chabbat en temps de guerre – Annexe sur la santé mentale
Chaque personne et chaque communauté reçoit naturellement des directives halakhiques pour le Chabbat à venir de la part de son rabbin local ou du Grand Rabbinat, et les éléments ci-dessous ne sont pas destinés à remplacer ces directives.
Toutefois, ces directives générales ne prennent pas toujours en compte le fait que certaines personnes au sein de la communauté font face à des défis dans le domaine de la santé mentale. Ces défis aggravent considérablement la difficulté de faire face aux événements de guerre.
Cette annexe est rédigée au bénéfice de ces personnes.
Il va donc de soi que ceux qui ne sont pas concernés par les cas mentionnés ci-dessous doivent continuer à suivre les directives halakhiques générales données au public.
(A) De manière générale, lorsqu’il s’agit de santé mentale, l’équilibre émotionnel et pratique a une grande valeur.
Par nature, une guerre perturbe l’équilibre habituel de la vie. Beaucoup parviennent à faire face à cette rupture temporaire de la routine.
Même ceux qui luttent avec leur santé mentale doivent, autant que possible, préparer à l’avance dans la pièce sécurisée (mamad) tout ce dont ils ont besoin pour mieux gérer cette rupture.
Mais si une personne voit que ce changement de routine la fait perdre son équilibre psychologique, elle peut, dans certains cas, faire des actes (même normalement interdits à Chabbat) pour se traiter elle-même et prévenir une détérioration. Bien sûr, cela dépend de la gravité de la situation, et voici quelques exemples :
(B) Une personne qui fait une crise d’angoisse en étant dans un abri sécurisé, et n’a pas de médicament calmant, peut appeler un professionnel ou un proche pour l’aider à gérer la situation.
(C) Une personne qui a des antécédents de crises d’angoisse, et craint qu’en ne pouvant vérifier l’état de ses proches pendant une attaque elle déclenche une crise, peut éviter cela par un appel téléphonique (aux services d’urgence ou à la famille) ou un court message WhatsApp pour vérifier que tout va bien.
Il est préférable d’envoyer un message vocal plutôt que d’écrire.
Il faut préparer les proches avant Chabbat pour qu’ils répondent à l’appel ou au message.
Afin de minimiser les interdits halakhiques, il convient :
- De s’assurer que le téléphone est chargé avant Chabbat, pour éviter de devoir le recharger.
- Si possible, de laisser l’écran allumé pendant Chabbat (à condition que cela n’entraîne pas un besoin de recharge).
- D’utiliser une manière inhabituelle (shinouï) pour toucher le téléphone, par exemple avec le dos du doigt.
(D) Une personne souffrant de dépression ou de syndrome post-traumatique, et craignant que son état s’aggrave pendant Chabbat à cause d’une attaque ou même de l’angoisse d’une attaque, peut utiliser le téléphone pour rééquilibrer son état (par exemple, en écoutant de la musique ou en appelant quelqu’un).
(E) Les directives publiées par l’Institut Tzomet autorisent une douche chaude (eau provenant d’un chauffe-eau solaire) en cas de stress psychologique intense – notamment pour les enfants.
(F) Ils y écrivent également que si l’on a oublié d’allumer la lumière dans le mamad, il est permis d’allumer une lampe LED, et si vraiment nécessaire, même une ampoule à incandescence, à condition de le faire avec un changement (shinouï).
(G) Il est important de se rappeler que de la même manière qu’il faut permettre (être indulgent) quand c’est nécessaire, il ne faut pas l’être quand ce n’est pas justifié.
Parfois, dans des moments de crise, la personne découvre en elle-même des forces insoupçonnées, et c’est ainsi que se construit la résilience intérieure.
Il ne faut pas que l’usage d’allègements halakhiques mène, à Dieu ne plaise, à un état où la personne se sent faible et ne fait même plus l’effort de faire face à la situation dans laquelle elle se trouve.
Ainsi, comme mentionné, il est légitime d’utiliser les allègements mentionnés ci-dessus, mais dès que la personne sent qu’elle a retrouvé un calme et un équilibre, elle doit revenir à l’observance complète de Chabbat selon la halakha.