Rav Elikan
Fetes
Fetes12 août 2024Questeur #130WhatsApp

Question

Bonjour rav

Concernant la seoudat àmafseket

On ne dois pas consommer 2 mets différents ce qui voudrait dire que par exemple si on cuisine une hreira ( soupe marocaine composée de plusieurs féculents ) on ne pourra pas manger d œuf dur à côté ? Par contre on peux manger des salades crues ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

La séouda mafseket (repas d'interruption) est un repas "halah'ique" ; c'est le dernier repas avant le jeûne.

L'usage est qu'on le mange seul, sans parler, assis par terre.

On s'y abstient de consommer plus d'un plat (1), car à cet instant le deuil pour la destruction du Temple s'amplifie, et il ne convient pas que l'on voue à ce moment-là un temps de plaisir pour sa propre personne, en se délectant et mangeant plus de deux plats différents.

En revanche, en mangeant un seul mets, nos Sages considèrent qu'il n'y a pas de délectation particulière.

De même, on ne mangera pas de viande, ni ne boira de vin durant ce repas (Ta’anit ibid.), car ces aliments sont importants et réjouissent.

L'usage est donc de manger du pain et des œufs ou des lentilles qui sont des aliments de deuil et rien d'autre.

Aussi, l'usage couramment adopté consiste à prendre, en milieu de journée, un bon repas normal, avec plusieurs mets, puis, à l'approche du jeûne, à faire le repas de séparation, qui ne comprendra qu'un seul mets, comme dit (2).

Il est permis de manger, au repas d'interruption, des aliments crus, tels que des fruits et des légumes, sans limitation.

Mais si on les a cuits, ils sont considérés comme des « mets », bien qu’ils soient aussi comestibles crus.

Le fromage, le petit lait, le beurre et l’ensemble des produits laitiers ayant subi une pasteurisation ne sont pas pour autant considérés comme cuits, car on ne les chauffe que pour des motifs de santé, et non pour améliorer leur goût (3).

Si l'on a fait cuire ensemble des carottes avec des pommes de terre, il est interdit de manger des deux, car il faut les considérer comme deux mets différents.

On mangera donc soit des carottes, soit des pommes de terre.

De même, si l'on a cuit des pâtes avec du fromage, ou des lentilles avec des œufs, on est en présence de deux mets, joints l’un à l’autre, et qu’il est interdit de manger ensemble.

Même si l’on a cuit ensemble deux mets de même sorte, mais que la texture de l’un soit tendre et l’autre épaisse, on considère que ce sont deux mets.

De même, un œuf dur et un œuf à la coque sont considérés comme deux mets différents.

Toutefois, un mets dans lequel on a généralement l'usage de mêler deux aliments, l’un principal et l’autre pour y ajouter du goût, par exemple du riz accompagné d'un peu d'oignons ou une soupe avec plusieurs légumes, est considéré comme un seul mets (4).

Quand, dans une communauté donnée, on a pour usage de consommer un plat particulier aux endeuillés, par exemple des lentilles aux œufs, ce plat est considéré comme un seul et même mets, qu'il est permis de manger, bien que ce dernier contienne deux aliments différents (5).

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(1) Cf. Taanit 26b et comm.

(2) Cf. Sh. Ar. OH 552,9 et comm. dont Mishna Beroura s.k. 22.

(3) Id. 552,4 et comm. dont Ba'er Heitev id. s.k. 5 et Kaf haH'ayim ibid. s.k. 13.

(4) Id. 552,3.

(5) Id. al. 5 ; Ateret Avot, vol. II, p. 351.