Rav Elikan
Fetes
Fetes8 avril 2025Questeur #8WhatsApp

Question

Je quitte mon appartement jeudi matin.

Je vais faire la bdika hametz mercredi soir. Est ce que je dois faire la braha mercredi ou jeudi soir a l hôtel.

Merci beaucoup

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Bien que ce soit sujet à discussion (1), l'avis généralement répandu est le suivant :

Mercredi soir - vérification du h'ametz à la maison, sans bénédiction.

Jeudi soir - vérification du h'ametz dans la chambre d'hôtel. S'il s'agit d'un hôtel de luxe où il n'y a aucun risque de reste de nourriture et que la chambre a été scrupuleusement nettoyée et qu'on est certain qu'il n'y a pas de h'ametz - on la fera sans bénédiction également ; à moins qu'on y ait entré du h'ametz ou qu'on est certain qu'il y en ait eu récemment, dans quel cas - on récitera avec bénédiction (2).

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(1) Selon Rabbi Aharon Halévi (le Ra'ah) et le Pri H'adash (OH 436), quiconque inspecte sa maison parce qu’il y est halah'iquement astreint récitera la bénédiction ; en effet, le but de la recherche est de s’assurer que l’on n’enfreindra pas, par la suite, les interdits de bal yiraéh et de bal yimatséh ; or, puisque nos Sages ordonnent à quiconque doit voyager avant la nuit du 14 de faire sa recherche durant la nuit précédant son voyage, il dira la bénédiction. Cependant, le Ritva et le rav Yoël Sirkis (Bayit H'adash OH 436), etc., estiment que l’on ne dira la bénédiction qu'à la condition que la recherche se fasse dans les trente jours précédant Pessah'. Toutefois, le Kolbo et le Rema (OH 436,1 qui tranche selon lui) sont d’avis que la bénédiction de la recherche se rapporte également à la destruction qui, elle, n’aura lieu que le lendemain ; c’est aussi ce qu’écrit le Gaon de Vilna (id. al. 2, rapporté par le Mishna Beroura id. s.k. 4), et ce à quoi semblent s’accorder la majorité des Ah'aronim, dont le Maguen Avraham (ibid. s.k. 1), le TaZ (ibid. s.k. 2) et de nombreux autres - selon eux on ne récite la bénédiction que la veille de Pessah', avant de brûler le h'ametz le lendemain (or le'arba assar - qui cette année est avancé au vu de Shabbat). Or, en cas de doute portant sur une bénédiction, on s’abstient ; c’est aussi ce qui semble ressortir du Be'our Halah'a, ad loc. et c'est également la conclusion explicite de nombreux décisionnaires contemporains (cf. Halih'ot Shelomo (Auerbach), Moadim - Pessah', chap. 5, Dvar Halah'a §29 ; resp. Tefila LeMoshé (Lévy), vol. II, §3 ; etc.).

(2) On pourrait penser que louer un chalet ou une chambre d'hôtel ne constitue pas une véritable location au sens strict, car le locataire ne devient pas pleinement propriétaire de l’espace, même s’il en reçoit les clés. Cependant, le rav Wozner (resp. Shevet HaLévy, vol. X, §68) explique que ce n'est pas l'acte d’acquisition qui impose l’obligation de vérification, mais bien le fait que le locataire obtient un droit d’usage total du lieu et peut y entrer et sortir à sa guise. Ainsi, la location d’une chambre d'hôtel, qui confère un droit d'usage contre paiement, oblige le locataire à faire la Bedikat H'ametz avec une bénédiction.

Cependant, certains affirment que dans les hôtels de grand luxe, où la propreté est scrupuleusement respectée et où l’on ne trouve généralement pas de H’ametz, la vérification ne serait pas nécessaire. Si l’hôtel appartient à un non-juif, et que la seule raison de vérifier est de ne pas voir de h'ametz pendant la fête (et non de prendre possession du lieu), alors il n’y aurait pas d’obligation de faire la vérification, car il s’agit d’un endroit où l'on ne dépose pas habituellement de h'ametz.

Mais, pratiquement, si aucune Bedikat H’ametz n’a été effectuée avant Pessah' dans la chambre d'hôtel, le locataire est tenu de la faire à son arrivée, au moins à l'heure de la bedika. S’il ne l’a pas encore effectuée avec bénédiction avant la fête, il doit la faire avec bénédiction. Même si l’endroit ne lui appartient pas totalement, dans la mesure où il y a un risque qu’il y trouve du h'ametz et qu’il l’oublie et le consomme, c'est ainsi que tranchent le resp. Shevet HaLévy (id.) et rav Karelitz (H’out HaShani, Shabbat vol. I, p. 317).