Question
@972547470353
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Je recopie (en adaptant quelque peu):
Il n'y a aucun problème à lire la haggada de Pessah' dans une autre langue que l'hébreu, l'essentiel étant de comprendre ce que l'on raconte (1).
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(1) cf. Sh. Ar. OH 473,6 et comm. A noter qu'il existe une discussion quant à savoir si le fait de lire la haggada est l'accomplissement du commandement consistant à raconter la sortie d'Egypte.
En effet, certains affirment qu'il faut absolument dire "Pessah', Matza, ouMaror" pour effectuer ce commandement (cf. Tossafot Pessah'im 116a s.v. veAmartem ; Mah'zor Vitry sur la haggada ; Shibolei HaLéket §218 ; cf. encore resp. BeOhalah shel Torah (Ariel), vol. V, §45).
Toutefois, concrètement le fait de "raconter" n'est pas limité ou "normé" par le texte de la haggada, ainsi on peut tout à fait "raconter" sans lire le texte et s'acquitter de la sorte
(cf. Aboudraham sur la haggada et R"A Hadida ; le Rashba écrit que c'est pour cela qu'on ne fait pas de bénédiction sur le Maggid, parce que celui-ci n'a pas de contenu fixe, il est variable, changeant, on retrouve des propos similaires chez le Méïri (Beit HaBeh'ira sur Meguila 21b) et dans le Orh'ot H'aim (de Lunel - Leil Pessah', §18) ; ainsi, on peut lire dans les Minhaguei Rabbi A. Kleusner (§99, al. 1) rapporté par le BaH' (OH 460) au nom des Hagahot Maharshal ainsi que par le TaZ (id. s.k. 1) qu'une personne qui était enfermée en prison et n'avait rien pour faire Pessah' s'acquitta en récitant les versets de la sortie d'Egypte et uniquement et tout le monde considéra cela comme étant suffisant. Le Pri Megadim (Petih'a leHil. Kriyat Shema, §4) écrit même que selon la Torah, le commandement est accompli dès lors que nous disons simplement : "Dieu nous a sorti d'Egypte". Toutefois, plusieurs ah'aronim affirment que ce n'est pas suffisant et qu'il faut dire plus que cela pour s'acquitter - cf. Maasseh Nissim (intro. à la Haggada) ; Maharam Schick, comm. §21, al. 1. Quoi qu'il en soit, l'essentiel est de dire quelque chose, la pensée ne suffisant pas - cf. encore resp. Shaagat Aryeh §13 ; Keren Orah sur Berah'ot 3a s.v. vehineh ; Minh'at H'inouh', comm. §21, s.k. 1 ; resp. HaAlef leh'a Shelomo (Klugger), Hashmatot, §40 ; Shl"a, mass. Pessah'im, Matza Shemoura, §159 qui rapporte les propos de Mahari Tav arguant selon le Zohar (Reaya Meheimna, II 41a) qu'il faut dire les mots "pour les anges" !).
Par ailleurs, combien même il faudrait dire le texte de la haggada sur les matzot, selon l'institution de nos Sages
(cf. Sh. Ar. OH 473, 7 et comm. ; Sh. Ar. HaRav, id. al. 20 ; Rav Yerouh'am Fischel Perla sur Sefer HaMitzvot de Rav Saadia Gaon, comm. pos. 33 ; Hagada MiBeit Lévy (Brisk), p. 125),
si on "manque une partie de la lecture", on peut "s'acquitter" en écoutant ceux qui disent le texte à voix haute (cf. resp. Re'em (Mizrah'i) §41 ; Moadei H' sur Smag, comm. pos. §41, al. 1 ; Sh. Ar. HaRav (H'abad), OH 473, al. 24 ; Olat Shabat sur Sh. Ar. OH id. s.k. 5 ; cf. encore Rashi sur Pessah'im 115b ; Rambam, hil. H'ametz ouMatza, chap. 8, hal. 1-2 ; Ran sur le Rif, Pessah'im, id. s.v. koulhou ; Rashbam sur Pessah'im 116b s.v. ke'eyin ; Toss. Eirouvin 96b s.v. dilma ; Raaviah II, §597 ; H'ayei Adam, Klal 130, §19, al. 7, rapporté par le Mishna Beroura OH 473, s.k. 64 ; resp. Maharam Lublin §73 rapporté par le Pri Megadim OH 480, Mishbetzot Zahav, s.k. 1).