Rav Elikan
Fetes
Fetes12 février 2024Questeur #3WhatsApp

Question

Bonjour Rav, j'ai déjà entendu qu'il était a priori interdit d'inviter à la table du seder de Pessah une personne non juive, pourriez-vous le confirmer ou l'infirmer.

Si la réponse est positive, serait-il également interdit problématique d'inviter un couple marié dont le mari est juif et la femme convertie chez les libéraux.

En vous remerciant

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Il est permis a priori d'inviter une personne non-juive au séder de Pessah', dans la mesure où l'on ne cuisine pas durant la fête pour lui (1).

Certains requièrent alors de ne pas donner de part d'Afikoman (2), mais beaucoup de décisionnaires autorisent (3).

__________

(1) Bien qu'il soit permis d'inviter un non-juif pour shabat, selon beaucoup ce n'est pas le cas a priori pour Yom-Tov où c'est interdit, de peur qu'on vienne à en cuisiner plus pour lui, et ce, même si on cuisine pour toute la famille - cf. TB Beitza 21b; Sh. Ar. OH 512,1. Selon certains c'est le cas même si toute la nourriture est déjà cuisinée avant Yom-Tov - cf. Mishna Beroura, ad loc, s.k. 3 et Sha'ar HaTzion, ad loc. 3. Cependant selon beaucoup c'est permis si les repas sont prêts à l'avance. A noter que même le Mishna Beroura rapporte l'opinion du Tanya amenée dans le Maguen Avraham qui permet dans ce cas - cf. resp. BeMareh HaBazak vol. III, §56 où l'on permet selon cela et n'acceptons pas la h'oumra du Mishna Beroura.

Cependant, le Rosh (Beitza, chap. II, §14) écrit que l'interdit est de l'inviter, mais s'il vient de lui-même, il n'y a pas de problème et cette opinion a été retenue par la halah'a. C'est également vrai pour quelqu'un qui se sent à la maison et vient se servir lui-même (comme un esclave, à l'époque (Sh. Ar. id.) et éventuellement des travailleurs domestiques aujourd'hui, tel que le note le Rema (YD 113,4).

Le Rav Shlomo Zalman Auerbach (Shoulh'an Shlomo, Yom Tov, vol. I, §512, p. 207, note 8) permet à un candidat à la conversion d'être invité (à condition de venir seul). C'est également l'avis du Rabbi de Munkacz (resp. Minh'at Elazar vol. III, §8). De plus, si le fait de ne pas inviter restreint, objectivement, la joie de Yom-Tov - on a le droit - cf. Be'our Halah'a, ad loc. s.v. lo.

Il est intéressant de noter que le Ya'avetz, dans sa hagada de Pessah' dit que ce que l'on dit: "kol dih'fin..." (quiconque est affamé vienne et manger) parle de non-juifs !

Il est également rapporté dans Moadei HaRe'aya (p. 320) que le Rav A.I. Kook avait à sa table, le soir de Pessah', le "gouverneur" de Jérusalem (qui était non-juif). Le rav Yossef Lieberman ajoute encore que de la même manière qu'Yitro a entendu l'histoire de la sortie d'Egypte par Moshé, on peut la raconter soir du séder même à des non-juifs (cf. Marganita Tava, p. 475-477).

Quoi qu'il en soit, dans tous ces cas, si cela est possible on pourrait alors lui dire que nous n'ajoutons pas de nourriture pour lui, puisque nous n'avons pas le droit de cuisiner dans ce cas. Il est évident que cela sera dit avec douceur et sans mettre qui que ce soit mal à l'aise - cf. Rashba, Avodat HaKodesh, Beit Moed, chap. 2, rapp. dans le Beit Yossef et Shiltei Guiborim sur le Rif 10b, al. 2.

(2) Du fait que c'est en souvenir de l'agneau pascal et qu'on aurait fait la bénédiction dessus - cf. Beit Yossef OH 167 ; Sefer H'assidim §888 ; TaZ OH id. s.k. 18 au nom du livre Te'amei Mitzvot, §4 ; Maguen Avraham ibid. s.k. 42 ; Mishna Beroura id. s.k. 97 ; Afikei Meguinim OH id. s.k. 22 ; Kaf haH'ayim (Sofer), id. s.k. 139-141 ; Orah' Ne'eman (Auerbach), id. s.k. 92 ; Shl"a, mass. Pessah'im, Matza Ashira, Droush 5.

(3) car il n'y a aucune preuve à cela dans le Talmud, le Rif, Rambam, etc. Aucun d'entre eux n'interdit.