Question
Bonjour,
On dit que רשע וטוב לו, Dieu lui donne toute sa récompense dans ce monde mais n’aura rien dans le monde futur.
Tandis que צדיק ורע לו, Dieu lui fait tout payer dans ce monde pour qu’il arrive pur dans le monde du haut.
Que se passe-t-il si cette personne est un juste, puis tombe de son niveau, comme le fameux cohen gadol à la fin de sa vie dans le Talmud?
A plus forte raison si elle se repentit puis retombe plus d’une fois ?
Comment Dieu gère sa récompense ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Nous ne savons pas comment la rétribution des mérites fonctionne (1).
Même le postulat de la question sur le juste qui souffrirait en ce monde et le mécréant qui souffrirait dans le prochain, est sujet - dès le début du Moyen-âge - à une vive discussion entre nos maîtres (2).
Ainsi nos Sages nous enseignent que c'est la raison pour laquelle nous devrions faire attention à toutes nos actions et traiter tous les commandements de manière égale (1).
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(1) cf. Avot chap. 2, Mishna 1 et comm.
(2) ainsi, en effet, certains parlent de récompense dans le monde futur, alors qu'on donne aux mécréants tout leur mérite dans ce monde-ci, pour qu'ils n'en aient pas au monde futur - cf. TB Kidoushin 39b; Sanhédrin 111a; TY Peah chap. 1, hal. 1 (5a dans l'éd. Vilna); TY Kidoushin chap. 1, hal. 9 (49a); Avot deRabbi Nathan 25,1; Bereshit Rabba 33,1; Vayikra Rabba 27,1; Kohelet Rabba 7,23; Tanh'ouma Kedoshim, 1 et Emor, 5; Emounot veDe'ot du Rav Saadia Gaon Maamar V, chap. 2 ; Ramban, Sha'ar HaGuemoul et Drashat Rosh HaShana ; Sha'arei Tshouva de Rabbeinou Yonah de Guérone, part. III, §122; Sefer HaIkarim (le livre des Principes) du Rav Yossef Albo, Maamar IV, chap. 12; Ramh'al, Dereh' Hashem, part. II, chap. 2; il est toutefois à noter que le Ramh'al dans Da'at Tevounot §168 et §36 parle du fait que Dieu peut faire le bien à qui Il veut, sans aucune règle, et c'est là un grand le dévoilement de l'Infini.
D'autres disent qu'il ne faut pas se fier aux apparences - et qu'un homme qui nous semble juste n'est pas forcément le plus juste du monde et que si quelqu'un souffre cela n'est pas forcément lié à ses mérites d'une quelconque manière - cf. p. ex. TB Brah'ot 7a où c'est l'opinion de Rabbi Yossei ; Rambam, Guide des Egarés, part. III, chap. 17 et 51 ; Sefer HaIkarim, id. - qui ramène les différents avis ; Rav Sa'adia Gaon à la fin du IIIème Maamar d'Emounot veDeot écrit que c'est pour le monde ne dise pas que les juifs font les commandements pour ne pas être blessés - ça va aussi un peu dans ce sens, bien que cela ne soit pas son avis. Quoi qu'il en soit, cela semble être aussi l'avis du Zohar qui dit que "ra lo" signifie qu'il a encore du "mal" en soi - Ki Tetze, p. 4, lettre 13 dans le Soulam et cf. l'article 38 (1984-1985) du Rav Barouh' Ashlag à ce sujet ; c'est également l'avis du Tanya (Loubavitch), chap. 1. Il est encore à noter que d'aucun, comme le Nefesh HaH'ayim (cf. encore H'ayei Olam (Kanievsky, I, 12) parlent de phénomènes mystiques - tels les "guilgoulim" etc. comme définissant cette problématique du Juste souffrant.
Tous sont cependant d'accord "qu'aucun mal ne provient d'En-Haut" (selon l'expression du midrash Bereshit Rabba, 52). Tout ce que l'on perçoit comme mal dépend de nous.