Question
מועדים לשמחה, comment se fait-il que les femmes ne soient pas astreintes à la mitzva de souccah mais astreintes à la mitzva de matsah alors qu'elles étaient concernées autant par la sortie d'Egypte que par les raisons citées pour la souccah (nuées de gloire ou cabanes dans le désert)? Merci
Réponse du Rav Shmuel Elikan
C'est une très bonne question que les Tossafot posent également (1).
Ils répondent que les femmes étant exemptées des commandements positifs dépendant du temps ( mitzvat asseh sheHazman grama) devraient également être exemptées des quatre coupes de vin à Pessah', des bougies de h'anouka et de la lecture de la meguilat Esther, or cela n'est pas le cas.
Ils expliquent que pour ces commandements d'ordre rabbinique nos Sages ont l'autorité de dire "que les femmes ont fait partie intégrante du miracle", or on ne peut pas dire cela à propos d'un commandement explicite dans la Torah comme la Souka (2).
Autre explication, proposée par le rav Yossef Dov Soloveitchik (3), entre autres (4), est que c'est lié à l'essence du commandement.
Seuls les commandements qui ont pour but de publier un miracle (Pirsoumei Nissa), malgré le fait qu'ils soient liés au temps, peuvent astreindre les femmes, or il n'y a pas cet élément de "publication" dans la Souka, alors qu'il existerait à propos de la matzah (5).
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(1) sur Pessah'im 108b.
(2) La question qui se pose à propos de cette réponse des Tossafot est effectivement le commandement de la matzah qui est également de la Torah et auquel les femmes semblent également être astreintes, tout comme les hommes.
Certains, comme Rabbi Akiva Eiger (dans ses h'idoushim sur Meguila 4a, etc.) semblent comprendre que les Tossafot ont suivi l'avis du Talmud de Jérusalem (Pessah'im chap. 8, hal. 1) selon lequel cette question est liée à une autre discussion : à savoir si une femme a le devoir d'amener un sacrifice pascal (korban Pessah'). Si elle n'en a pas l'obligation elle n'aurait pas l'obligation non plus de manger de la matzah et son obligation serait d'ordre rabbinique et donc similaire aux autres commandements rabbiniques à propos desquels on peut dire "elles furent également partie prenante du miracle". Cf. encore Sfat Emet sur Meguila 4a ; cf. aussi Pri Megadim, Eshel Avraham OH 472, s.k. 16 qui comprend qu'il faut inverser la causalité pour comprendre les Tossafot et que si un commandement peut astreindre par la Torah il le peut également rabbiniquement du fait du hekesh - "af hen hayou be'oto haNess".
D'autres comprennent que c'est du fait que pour la souka il y a une gzeira shava particulière de laquelle on apprend l'exemption des femmes - cf. Hagahot Barouh' Taam sur Tourei Even Meguila 4a ; H'ida, Birkei Yossef, OH 473, al. 16.
(3) cf. Iggrot haGrid haLévy, hil. H'anouka, chap. 4, hal. 9-11 (p.91-92) également rapporté dans Shiourei haGrid leMasseh'et Souka.
(4) Cf. resp. HaAlef leh'a Shelomo (Klugger), §114 à propos du leh'em mishneh qui tient des propos similaires.
(5) cf. Midrash Seh'el Tov (éd. Buber), Shemot, chap. 12
"ומצה נמי בלילי פסחים כי אכיל לה צריך הסיבה, משום פרסומי ניסא".