Rav Elikan
Fetes
Fetes23 janvier 2024Questeur #80WhatsApp

Question

Chalom Rav,

À Tou Bichvat 🍍🍇🍌nous allons consommer des fruits d'Israël comme la date, figue...etc

Q1 :

Faut il que le fruit d'Israël ait poussé/recolté en Israël ?

Q2:

Si je peux trouver pour un fruit donné, comme la date, à la fois des Deglet (d'Algerie) que des Medjoul (d'Israel) sans possibilité de savoir comment le prélèvement a été fait, que vaut il mieux acheter ?

Q3:

Même sans aucun doute sur les prelevements (ils ont ete fait correctement et le hercher a les bonnes mentions), et pour reprendre l'exemple de la datte, puis je privilégier des achats de fruit cultivés/récoltés hors d'Israël car c'est mon choix ?

Q4:

Sans politique aucune, le concept de fruit d'Israël correspond il au israel avec ces frontieres du dernier royaume juif par exemple ? Dit autrement, est ce qu'acheter une datte de Jordanie reviendrait à acheter une datte d'Israël ?

Merci

Chavoua tov

Réponse du Rav Shmuel Elikan

1. Il y a certes un usage de manger des fruits le 15 Shevat (1), mais ce n'est certainement pas un devoir. Ainsi il n'y a aucune nécessité quant à la provenance des fruits.

2. Si l'on veut consommer des fruits, il vaut mieux acheter des fruits d'Israël que des fruits d'ailleurs si on a le choix, pour deux raisons :

A. Renforcer l'économie israélienne et la fraternité au sein du Peuple Juif (2).

B. Il y a peut-être une valeur religieuse à manger des fruits d'Israël (3).

3. Si les fruits d'ailleurs étaient bien moins chers et éventuellement meilleurs, rien ne nous empêche de les acheter, bien entendu (4). On n'est pas astreint à consommer uniquement des fruits d'Israël, comme dit.

4. La sainteté de la Terre d'Israël est définie selon la halah'a concernant les lois de jachère (shemita), et prélèvements (teroumot et maasrot). Dans ce cadre, il s'avère qu'acheter des fruits en provenance de Jordanie n'est pas considéré comme l'acquisition d'un "fruit d'Israël". Il y a par ailleurs, selon de nombreux décisionnaires, une corrélation complète entre la présence juive sur le territoire et la sainteté de la Terre (5).

A noter encore que certains grands décisionnaires ont vu dans le fait de préférer l'achat des fruits provenant d'ailleurs qu'Israël - lorsqu'à prix égal on a les mêmes d'Israël - une faute, faisant "honte à Dieu et à sa Torah" (sic) (6).

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(1) cf. Maguen Avraham OH 131, s.k. 15 et dans Shevet haMoussar (Turquie, 5495), chap. 16 (p. 85) il est écrit que la source à cet usage de trouverait dans le testament de Rabbi Eliezer de Worms, dit "le Grand".

(2) cf. Sifra, Behar 3,1 ; Rashi et Rabbenou Bah'ya sur Vayikra 25,14 ; Resp. Rema §10 ; Ahavat H'essed, I, chap. 5, al. 7 ; resp. Mishpetei Ouziel vol. I, OH §24 ; etc.

(3) cf. Jérémie 2,7 et Malbim ad loc. ; Sifrei, Devarim, par. Ekev, §43 ; BaH' OH 208 ; resp. Radbaz vol. I, §580 qui soutient qu'il y a une mitzva de manger des fruits d'Israël ; Alei Tamar sur le Talmud de Jérusalem, Sheviit chap. 4, hal. 7 ; h'idoushei H'atam Sofer sur H'oulin 142a qui souligne leur sainteté particulière ; etc.

(4) cf. resp. Toafot Re'em OH §22 ; Mishpetei Shalom §189 ; etc.

(5) cf. Yalkout Yossef, Sheviit et sources citées sur ce sujet ; Pninei Halah'a (Melamed), HaAm veHaAretz, chap. 3, hal. 19 ; etc.

(6) Arouh' Hashoulh'an dans une lettre reproduite dans H'ashoukei H'emed (Zylberstein), Pessah'im 36b.