Rav Elikan
Deuil
Deuil12 avril 2026WhatsApp

Question

Bonjour, un onen peut-il se laver les cheveux ? J’ai vu qu’il ne pouvait pas les couper mais je n’ai pas trouvé pour les laver.

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Si c'est pour enlever des saletés (gênantes notamment), beaucoup permettent.

Pour le plaisir et/ou par routine : on évite jusqu'à la fin du deuil (1).

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(1) La question de savoir si un onen (une personne endeuillée avant l'enterrement) peut se laver les cheveux fait l'objet d'un débat halakhique trouvant ses racines chez les Rishonim, opposant l'approche permissive du Rambam (Mishné Torah, Lois sur le deuil chap. 1, hal. 2) et du Ritz Ghayyat, qui estiment que les interdictions classiques du deuil ne s'appliquent pas tant que le mort n'est pas enterré, à l'approche stricte du Ramban (Torat HaAdam) et de Rabbenou Peretz, qui interdisent la toilette en appliquant déjà certaines règles de deuil à l'onen.

Dans le Shoulh'an Aroukh (Y.D. 341,5), Rabbi Yossef Karo ne tranche pas explicitement l'interdiction de se laver, se contentant de lister des dispenses spécifiques (comme le fait de ne pas retirer ses chaussures), ce qui a conduit le Rema (id.) à formuler une interdiction claire de la toilette pour le rite ashkénaze, tandis que les décisionnaires ultérieurs se sont divisés, certains déduisant une rigueur de l'omission de Rabbi Yossef Karo (comme le H'ida ou le Levoush) et d'autres y voyant une permission (comme le Aroukh HaShoulh'an dans YD 341,28, etc.).

En pratique, on établit une distinction fondamentale basée sur la notion de nécessité : il est formellement interdit à l'onen de se laver les cheveux pour le plaisir ou par simple routine de confort, conformément à la rigueur dominante. Toutefois, en cas de réelle souffrance (tza'ar), par exemple lors de chaleurs extrêmes engendrant une forte transpiration ou si les cheveux sont souillés, il est permis de se laver la tête en s'appuyant sur les avis permissifs initiaux du Maïmonide et sur des décisionnaires contemporains comme le Rav Ovadia Yossef (cf. Yalkout Yossef, Lois du deuil), à la condition stricte d'utiliser de l'eau tiède ou froide et non de l'eau chaude, afin d'éliminer toute notion d'agrément et de se limiter au simple nettoyage de la saleté.