Question
Shalom rav, un shoffar dont la sortie est creusée de cette façon est-il casher?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Oui, il est casher (1).
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(1) Cf. Sh. Ar. OH 686,13-14 et comm.
Notons que quand bien même un shofar serait totalement percé et que l'orifice n'ait pas été rebouché, la majorité des décisionnaires estime que cela n'invalide pas l'instrument, même si la sonorité a changé
(selon l'avis des Toss. qui se fondent sur le Talmud de Jérusalem ; c'est également l'avis du Ramban, du Rosh, du Ran, de Rabbenou Yerouh'am, et d'autres auteurs cités notamment par le Beit Yossef, id.). Et c'est ainsi que tranche le Shoulh'an Arouh' (OH 586, 7).
Certains décisionnaires estiment cependant que si la sonorité a changé, le shofar est invalidé (c'est l'avis notamment du Ritva et du Kolbo).
Le Rema (ibid.) tranche qu'a priori, il y a lieu de tenir compte de leur opinion.
Mais si la sonorité n'a pas changé du fait du trou, tout le monde s'accorde pour dire qu'il n'y a là aucune cause d'invalidation (cf. Mishna Beroura id. s.k. 28).
Notons encore concernant les règles liées au changement de sonorité, qu'il n'est question que de changement notoire, clair et net ; en effet, si le changement est moindre, c'est à dire minime, il serait difficile de le percevoir et ne serait pas considéré comme tel.
Se basant sur la Mishna et le Talmud (Rosh Hashana 27a-b), le Rambam et le Ran estiment que trois conditions sont nécessaires pour que le recollement de l'orifice n'entraîne pas l'invalidation du shofar :
1. que l'orifice n'affecte qu'une minorité du shofar.
2. que le recollement soit faite avec un élément de la même espèce que le shofar, c’est-à-dire avec un fragment de shofar, ou en collant l'une à l’autre les deux extrémités de l'orifice.
3. que la sonorité n'ait pas changé par rapport à ce qu'elle était de prime abord, à savoir avant que le shofar ne fût percé.
Et dès lors qu'une de ces conditions manquerait, le shofar ne serait plus valide.
Pour les Tossafot et le Rosh, une seule de ces trois conditions est nécessaire - le fait que l'orifice n’affecte qu'une minorité de l’instrument.
Quant aux deux autres conditions, selon eux, il suffit qu'une d’elles soit réalisée : soit que l'on ait obstrué l'orifice avec un élément de la même espèce que le shofar – celui-ci sera alors valide, bien que sa sonorité ait changé –, soit que sa sonorité soit semblable à ce qu'elle fût originellement – le shofar sera alors valide, même si on l'a refermé le trou avec un élément exogène.
Selon le Pri H'adash (da Silva) et le Gaon de Vilna, (dans leurs gloses sur le Sh
Ar. ad loc.) cette opinion est la principale.
Par conséquent, le Pri Megadim et le Mishna Beroura (s.k. 35) concluent qu'en cas de nécessité, on pourra même prononcer la bénédiction sur un tel shofar.
A l'aune de tout cela, il semble évident que dans un cas, comme celui présenté ici - il n'y ait aucun problème.