Rav Elikan
Couple
Couple14 mai 2026Questeur #87WhatsApp

Question

Bonjour Rav

Je n’arrive pas à comprendre pour quelle raison est ce permis au Hatan de prendre la main de sa Kalla après la houpa (dais nuptial) d’après les sefaradim qui tiennent comme le Choulkhan Aroukh que c’est le Yihoud une fois rentré chez eux qui fait office de Houpa ?

Tant que le Yihoud n’est pas effectué, cela devrait être interdit de la toucher pour Choulkhan Aroukh

Merci pour vos explications

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Il n'y a ni d'interdit ni de problème à ce que les mariés se donnent la main après la H'ouppa (le dais nuptial), selon la majorité des opinions (1).

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(1) Cependant, dans son livre Beit H'atanim (vol. II, p. 292), le Rav M. Panieri fait remarquer qu'apparemment, pour les Séfarades, il serait interdit au marié de toucher sa mariée jusqu'à ce qu'ils arrivent chez eux, car ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle est considérée comme mariée (Nessoua) ; et quant à la coutume des Ashkénazes de donner la main à la mariée sur le chemin de la salle d'isolement ('Heder Yi'houd), c'est afin qu'il n'y ait pas d'interruption (Hefsek) entre les bénédictions et le 'Heder Yi'houd.

Toutefois, comme l'ont fait remarquer de nombreux décisionnaires, sur le plan de la Halakha, il semble que ce ne soit pas exact et selon toutes les opinions, il n'y a pas de problème. En effet, la source de l'interdiction de toucher la mariée avant le mariage provient du Traité Kala (chap. 1, hal. 1) :

> « Une mariée sans bénédiction est interdite à son mari comme une Nida ».

Et dans la bénédiction des fiançailles (Birkat HaEiroussin), il a été institué de dire :

> « Qui nous a interdit les femmes fiancées (Aroussot) et nous a permis celles qui nous sont mariées (Nessouot) par le biais de la H'ouppa et des Kiddoushin ».

Et Rachi (Ketoubot 7b) a expliqué :

> « 'Qui nous a interdit les femmes fiancées' – d'ordre rabbinique (miderabanan), car ils ont décrété sur l'isolement (Yi'houd) d'une femme célibataire, et même pour une femme fiancée, ils ne l'ont pas permis jusqu'à ce qu'elle entre sous la H'ouppa avec la bénédiction, comme je l'ai expliqué : 'Une mariée sans bénédiction est interdite à son mari comme une Nida'. Et même sur un décret rabbinique on récite la bénédiction 'Qui nous a ordonné et nous a interdit', comme nous le trouvons pour la bougie de 'Hanouka ».

Autrement dit, l'interdiction est due à (l'absence de) la bénédiction. Dès qu'on a bénit, les mariés peuvent se toucher.

Et les Tossafot là-bas ont écrit :

> « Et nous disons qu'une mariée sans bénédiction est interdite à son mari comme une Nida, et puisque parfois il a des relations avec elle sans intention de faire la H'ouppa, on récite la bénédiction au préalable afin qu'elle soit une mariée avec bénédiction ».

Autrement dit, que ce soit selon l'opinion de Rachi pour qui l'interdiction est due à la bénédiction, dans notre cas nous récitons les bénédictions sous la H'ouppa, et par conséquent elle n'est plus interdite, même si elle n'est pas encore mariée selon tous les avis jusqu'à ce qu'ils arrivent à leur domicile.

Et même selon l'opinion des Tossafot, il n'y a pas de problème, car la crainte est qu'il ait une relation avec elle sans l'intention de faire la H'ouppa.

Or maintenant, après les bénédictions, il n'y a plus cette crainte, d'autant plus qu'une personne ne délaisse pas ce qui est permis pour commettre un interdit ("lo shavik einich hetera ve-a'vid issoura"), et dans ce cas, il est évident qu'il ne le fera pas sans l'intention de la H'ouppa.

Et voir également dans le Shita Mekoubetzet as loc. qui écrit au sujet de l'opinion des Tossafot que cela correspond seulement à l'opinion de Rabbi Yéhouda, mais selon les Sages (Rabbanan), seule la relation intime est interdite, tandis que l'isolement (Yi'houd) est déjà permis.

De tout cela, il ressort que même selon l'opinion de quiconque pense que le mariage n'est effectif que lorsqu'il s'isole avec elle dans sa maison, il n'y a malgré tout aucun problème à donner la main à la mariée après la Houppa et les bénédictions.

Et dans le livre du Rishon Letzion ribbi Refael Meyouh'as, Pri Ha'Adama (vol. III, §10, p. 14), il est rapporté que la coutume est que le marié conduise par la main la mariée à sa maison, et cet acte même de la conduire constitue un acte d'acquisition (Ma'asseh Kinyan).

Et dans le livre Shoulh'an HaEzer (p. 67, al. 3), il a également écrit ainsi.

Et voir encore ce qui est noté à ce sujet dans le livre Shorchei Minhag Achkenaz (Hamburger - vol. IV, pp. 502-515) et dans les nombreuses sources qu'il cite.

Il existe aussi une lettre du Rav Avraham Dov Auerbach, le Rabbin de Tibériade, au nom de son père le Rav Shlomo Zalman Auerbach - selon laquelle c'est la coutume de Jérusalem depuis des générations.

Il semble que dans la joie du mariage, et s'agissant d'un acte qui a une signification halakhique du fait même de l'acquisition (Kinyan), ils n'y ont pas vu un acte d'affection qui serait interdit.

Et ceux qui ont été stricts à ce sujet l'ont fait pour des questions de pudeur (pritzout) - et non parce qu'il n'y aurait pas de permission de contact - voir p. ex. le livre Shoshanat HaAmakim, Houppa et Kiddoushin, p. 287 ; Darkei Tahara, p. 314, §12, et d'autres. Mais il s'agit de rigueurs datant de la dernière génération, avant cela on ne trouve pas de sources à cela. Voir aussi le Shoulh'an Aroukh HaMekoutsar, vol. VII, pp. 328-330, qui a écrit que chez les Yéménites, il n'était pas d'usage que le marié et la mariée se tiennent la main après la H'ouppa et qu'il ne faut pas agir ainsi, car cela pourrait être considéré comme inconvenant et impudique (pritzout), puisque toutes les personnes présentes les regardent. Cependant, juste avant leur entrée dans la chambre, étant donné qu'ils ne sont plus devant le public, le marié peut lui tenir la main et la faire entrer sur une distance de quatre coudées (Arba Amot) ou un peu plus. Voir là-bas. C'est donc une question de pudeur et de norme sociale et non de permission de de donner la main avant d'entrer chez eux, comme dit.