Rav Elikan
Cacherout
Cacherout9 mars 2026Questeur #203WhatsApp

Question

Whisky Chita de suntory

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Après avoir discuté avec quelques spécialistes, il s'avère que le whisky Chita Single Grain est vieilli dans une combinaison de fûts de vin (non kasher), de fûts de xérès (sherry) espagnol et de fûts de chêne blanc américain.

Ce qui fait que de nombreuses kashrouyot le considèrent comme "non-kasher" (Klbd, CrC, Australia Kosher, etc.)

Mais d'après la couleur et l'analyse des notes de dégustation des critiques de whisky, il semble que le whisky ne subisse pas une forte influence du goût du Stam Yénam (vin non kasher).

Cela indique que les fûts de vin utilisés ne sont pas récents, mais plutôt d'anciens fûts de vin déjà usagés (ayant servi plusieurs fois).

Ce whisky ne mérite certainement pas de recevoir une certification de kasheroute de la part d'une organisation sérieuse, mais selon de nombreux décisionnaires, il se peut qu'il ne soit pas interdit à la consommation, ainsi il y a sur qui s'appuyer pour le boire (1).

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(1) La question du vieillissement du whisky dans des fûts ayant contenu du vin non kasher, tels que les fûts de xérès ou de porto, est un sujet complexe qui a conduit de nombreux décisionnaires majeurs à justifier sa permission en s'appuyant sur des principes halah'iques solides, même si certains organismes de kasherout contemporains recommandent la rigueur.

Cette indulgence repose sur une combinaison de facteurs codifiés dans le Shoulh'an Arouh' (Yoreh Deah 135 et 137), à commencer par le principe voulant qu'un tonneau n'absorbe le vin que sur une fine couche superficielle de son bois (kedei klipa), ce qui rend la quantité de vin réellement extraite mathématiquement très faible.

À cela s'ajoute la règle d'annulation (bitoul) : une indulgence spécifique au vin non juif (stam Yeinam) permet son annulation si le volume du liquide permis lui est six fois supérieur, bien que l'annulation classique par un volume soixante fois supérieur (bitoul bé-shishim) s'applique aussi largement ici. En se basant sur ces concepts, le rav Yeh'ezkel Landau (resp. Noda' B'Yehouda, Mahadoura Tinyana, Y.D. §58) a avancé dès son époque que le goût du vin absorbé par le bois, puis relâché dans un alcool fort par un trempage prolongé (kevisha), est considéré comme détérioré (noten ta'am lifgam), l'alcool fort neutralisant de surcroît l'interdit.

Dans la même lignée, le Rav Moshé Feinstein (Resp. Iggrot Moshé Y.D. vol. I, §62-63) s'est appuyé sur le principe d'annulation par le volume pour justifier que la proportion infime de vin transférée dans le whisky ne l'interdit pas. En effet, la quantité de vin véritablement extraite du bois vers le whisky est proportionnellement infime par rapport au volume total d'alcool, et se trouverait donc annulée.

Le resp. Minh'at Yitzh'ak (vol. II, §28) - bien qu'il ait penché vers la rigueur et interdit ce genre de whiskys - a témoigné de la coutume très répandue d'en consommer chez les Juifs pratiquants et l'a justifiée par le principe de "Zeh VeZeh Gorem" - puisque le goût final du whisky provient simultanément d'une source permise (le bois du fût) et d'une source interdite (les résidus de vin), le résultat global reste permis.

Enfin, certains comme le Rav Shlomo Miller se basent sur le H'azon Ish (YD 55,6) selon lequel l'absorption ne s'étend pas à toute l'épaisseur du bois, validant ainsi la pleine application des règles d'annulation, d'autant plus que l'intention principale des producteurs lors de ce processus est d'adoucir le bois pour affiner les arômes du whisky de grain, et non d'y ajouter le goût du vin en lui-même.