Rav Elikan
Couple
Couple25 juillet 2024Questeur #113WhatsApp

Question

Bonjour Rav.

La houpa a t elle la même valeur que le yhoud. Cad que pour les sepharadim qui ne le font pas. La femme ne se couvre pas la tête à l'issue de la houpa, en revanche pour les ashkenazim, les femmes ne devraient elles pas se couvrir ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

La question de savoir qu'est-ce qui détermine la fin de la h'ouppa et/ou s'il y a eu yih'oud ou pas, n'est pas liée aux différents usages et communautés mais à une définition halah'ique.

Ainsi le Rav Mordeh'ai Eliahou (1), contrairement au rav Ovadia Yossef (2) est d'avis que les mariées séfarades devraient se couvrir la tête dès la fin de la h'ouppa. On retrouve cette même discussion, dans les communautés ashkénazes : certains pensent qu'il faudrait se couvrir la tête après la h'ouppa/h'eder yih'oud (3) et d'autres pensent que le voile du mariage est suffisant, voire que la nécessité de se couvrir les cheveux ne commencerait que le lendemain du mariage (4).

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(1) Le Sh. Ar. (EH 55, 1) écrit :

> "La fiancée est interdite à son mari par décret rabbinique tant qu'elle est chez son père ; celui qui a des relations avec sa fiancée chez son beau-père est puni de coups... Même s'il l'a sanctifiée par le biais des relations, il lui est interdit d'avoir des relations une deuxième fois chez son père jusqu'à ce qu'il la ramène chez lui, qu'ils s'isolent et qu'il la sépare pour lui ; cet isolement est appelé "entrée dans la h'ouppa", ce qui est appelé "mariage" partout..."

Le Rema (ad loc.) ajoute à cela :

> "Certains disent que la h'ouppa n'est pas un isolement, mais tout moment où le marié ramène la mariée chez lui pour se marier (ainsi a écrit le Ran au début de Ketoubot). D'autres disent que la h'ouppa est lorsque l'on étend un tissu sur leur tête lors de la bénédiction (ainsi l'a rapporté le Beit Yossef). D'autres disent que la h'ouppa d'une vierge est lorsqu'elle sort avec un voile ; et pour une veuve, lorsqu'ils s'isolent (Tossafot au début de Yoma). L'usage répandu est maintenant d'appeler h'ouppa l'endroit où l'on tend un tissu sur des poteaux, et où l'on introduit sous celui-ci le marié et la mariée en public, où l'on procède à la sanctification et où l'on récite la bénédiction de fiançailles et de mariage, puis on les conduit à la maison où ils mangent ensemble en privé, et c'est la houppa telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui."

Le Rav Mordeh'ai Eliahou en conclue resp. Maamar Mordeh'ai, vol. II, Even HaEzer, §6 :

> "...vous pensiez que la principale raison pour laquelle nous, les Sépharadim, ne pratiquons pas l'isolement immédiatement après la h'ouppa, est que nous nous fions à l'isolement effectué à la fin de la soirée lorsqu'ils rentrent chez eux... en réalité, ce n'est pas pour cette raison. Mais la raison réelle est comme il est rapporté dans Shaar HaMifkad (vol. II, lois de Kiddushin, Nahar Pekod, page 16b, 17-18) : 'Et de nos jours, avec notre h'ouppa, que nous faisons pour le marié et la mariée, nous sortons d'obligation pour toutes les opinions sur la définition de la h'ouppa, car nous faisons un lieu spécial pour la h'ouppa, appelé en langue étrangère "talamo" avec des tentures décorées et dorées, et c'est la h'ouppa mentionnée dans le Talmud de Jérusalem, rapportée par le Gaon de Vilna dans ses commentaires sur Even HaEzer 55, note 9, voyez là-bas. Ainsi l'a également écrit le Tour (EH 62), et c'est appelé "Apirion", voyez là-bas. De plus, nous étendons le talith sur le marié et la mariée, comme dans le verset "et tu étendras tes ailes sur ta servante", et c'est la h'ouppa rapportée par le Rema dans ses notes sur EH 55,1, d'après le Beit Yossef... De plus, amener la mariée de la maison de son père et l'introduire dans la maison du marié est la houppa selon le Ran. Et nous faisons les trois ensemble et un des trois suffit. Et par cette h'ouppa, elle est entièrement acquise sans nécessiter aucune autre acquisition, ce qui est clair pour tout érudit'. Le principal motif est donc que nous suivons tous les avis mentionnés dans le Sh. Ar. et le Rema (Even HaEzer, 55,1). Voyez resp. Yeshouot Ya'akov (vol. VII, §10)."

Sa conclusion est donc :

> "Par conséquent, il faut veiller à ce qu'un rideau soit étendu au-dessus d'eux, ainsi qu'un talith ; et si possible, les asseoir sous une telle houppa seuls, ils recevront une bénédiction, car selon de nombreux avis, l'isolement entre un jeune homme et une jeune fille n'a pas besoin d'être apte à des relations, contrairement à l'isolement entre une veuve et un divorcé qui doit être apte à des relations. Voyez là-bas. Voyez également Eretz H'aim (EH 55,1) où ce sujet est longuement discuté… donc en ce qui concerne le fait de se couvrir la tête, voyez Sdei H'emed (Medini), section Dat Yehudit, lettre Aleph où il est clair qu'il faut donc se couvrir la tête immédiatement après la h'ouppa sans lien avec la chambre d'isolement".

(2) cf. p. ex. resp. Yeh'aveh Da'at, vol. V, §62 ; resp. Yabia Omer vol. V, EH §8

(3) cf. resp. H'avot Yaïr §196 ; resp. Mahari HaLévy §9 rapporté par le Ba'er Heitev EH 21, s.k. 5 ; resp. Mayim Rabbim, §30 ; resp. Rabbi Akiva Eiger, Tanyana, §79 ; Apei Zoutrei EH 55, s.k. 11 ; resp. H'azon Yishaya, vol. IV, §10 ; resp. Shevet HaLévy (Wozner), vol. IX, §259 ; resp. Az Nidberou (Silver), vol. XII, §50 ; resp. Shraga HaMéïr, vol. VIII, §24 ; resp. Teshouvot veHanhagot (Sternbuch), vol. V, §334 ; resp. VeDarashta veH'akarta, vol. V, EH §11 ; Levoushah shel Torah, vol. I, §27, al. 6-11 ; Minh'a LeH'ayim, §14, al. 18 au nom du rav Sh. Z. Auernach et sources en note, ad loc.

(4) cela est basé sur l'enseignement en TB Sotah 23a où il est enseigné dans la Mishna :

> "Une fiancée ne boit pas [les eaux amères] et ne prend pas sa ketouba, comme il est dit : 'quand une femme se détourne alors qu'elle est sous son mari'."

Dans une Beraïta, il est enseigné à ce propos : "l'expression 'sous ton mari' exclut la fiancée."

Et en 24b, la Guemara demande :

> "Donc, c'est seulement à cause de ce verset, sinon on aurait pensé que la fiancée boit. Or, lorsque Rabbi Elazar bar Hanina est venu du Sud, il est venu et a apporté une Mishna avec lui : 'sauf sous ton mari' - sauf si la cohabitation avec le mari a précédé celle avec l'amant, et pas si la cohabitation avec l'amant a précédé celle avec le mari." Rabbi H'ama bar H'anina dit : "On peut trouver un cas où son fiancé a eu des relations avec elle chez son père."

Et Rachi explique :

> "En adultère - ainsi, elle est encore fiancée, donc on aurait pensé que même une fiancée boit, c'est pourquoi le verset 'sous son mari' est nécessaire pour exclure la fiancée, même si la cohabitation avec le mari a précédé celle avec l'amant."

Par conséquent, une fiancée après l'isolement (yih'oud), où il n'y a pas encore eu de cohabitation préalable avec le mari, ne devient pas sotah.

Nous n'avons donc pas l'enseignement de 'et il découvrira la tête de la femme', et elle n'a donc pas besoin de couvrir sa tête selon la Torah.

En réalité, c'est ce que dit le Rosh ; que la fait de devoir découvrir la tête pour une fiancée, dans le cas de la Sota, ne commence qu'à partir du lendemain du jour de la h'ouppa. Voici ce que dit le Rosh au début du chap. 2 de Kétoubot, §3 :

"Rabbi Shmouel bar Nah'mani dit au nom de Rabbi Yoh'anan : il est permis de regarder une fiancée pendant les sept jours [de festivités], pour l'affectionner à son mari, mais la halah'a ne suit pas cet avis. En effet, certains disent que pendant les sept jours, c'est interdit ; toutefois, le premier jour, qui est le jour principal d'affection avec son mari, c'est permis…"

Ce qu'il veut dire ici, c'est que ce n'est pas interdit de regarder la fiancée le premier jour, car cela n'est pas considéré comme une vision impudique, du fait qu'elle a un voile, même si sa chevelure est découverte.

C'est ainsi que le comprenait Mahari HaLévi (frère du TaZ, dans ses resp. § 9) : selon le Rosh, il est permis de découvrir la tête toute la première journée, même après la h'ouppa, tant qu'elle a un voile qui couvre principalement sa tête. C'est également ce que dit le resp. Massat Moshé EH §7.

De manière similaire, dans le livre 'Meshivat Nefesh' sur la Torah, d'un des grands maîtres allemands au temps du Maharil Mintz (Édition du Mah'on Yeroushalayim, 1993, par. Beha'aloteh'a, p. 215), il est dit :

"De même, concernant une jeune mariée, il est d'usage de découvrir sa tête, et de la placer parmi les hommes. Et les pieux la voient et la considèrent comme une poutre de bois". Et là-bas, il explique longuement en comparant l'introduction de la fiancée sous la h'ouppa à la construction du Tabernacle. C'est pourquoi Dieu a ordonné de faire d'abord les ustensiles du Tabernacle, puis le Tabernacle lui-même, afin qu'ils soient vus de tous, montrant à tout le monde la beauté des ustensiles. S'il y avait une interdiction de découvrir la tête immédiatement après la h'ouppa, quelle est la pertinence de cette comparaison, puisqu'il y aurait une interdiction de découverte, même si c'était comparable à une poutre/pilier du Tabernacle ? Donc, selon son avis, l'obligation de couvrir la tête commence seulement le lendemain du mariage. C'est également l'avis du resp. Shevout Yaakov, vol. I, §103 également rapporté dans Shoulh'an HaEzer §9 al. 10, s.k. 3 et 6 ;

De manière similaire le Ba'er Hetev EH 21,5 écrit :

> "Toute femme qui n'a pas eu de relation intimer, même si elle a été sanctifiée, est autorisée à aller avec la tête découverte comme les autres vierges."

Le H'atam Sofer (resp. vol. II (Yore Dea), §195) écrit aussi :

> "Ici, les femmes ont l'habitude de ne pas couper les cheveux jusqu'après la consommation réelle du mariage, et elles insistent pour venir au marié avec des cheveux longs, peut-être que cela vient de 'sortie avec un voile et la tête découverte' (dans la mishna du traité de Ketoubot)".

Si elle devait couvrir sa tête immédiatement après la houppa, comment pourrait-on apprendre de 'sortie avec un voile et la tête découverte', puisqu'elle aurait l'interdiction de découvrir sa tête ?

Ainsi, il est dit dans "Halih'ot Beit Yisrael", p. 80 :

> "Certains se fient aux paroles du Be'er Hetev (EH 21,5) et du responsum H'atam Sofer (II, §195), qu'après les fiançailles, tant qu'elle n'a pas été déflorée, elle est autorisée à aller avec la tête découverte comme les autres vierges".

Aussi, dans le "Yalkout Minhagim" - usages des juifs d'Allemagne (Proushim) en Israël (p. 86, al. 31) on peut lire :

> "Le lendemain du mariage, ils organisent chez les parents de la fiancée un repas des sept bénédictions... où la jeune femme apparaît pour la première fois en public, couverte d'un châle".

Cela montre clairement qu'au repas de mariage, ses cheveux n'étaient pas couverts.

Il reste à expliquer pourquoi une vierge mariée, qui a divorcé ou est devenue veuve, doit couvrir sa tête, selon toutes les opinions. A priori, ce qui ressort d'ici c'est que seule une femme qui aurait connu intimement un homme doit couvrir sa tête.

Une réponse possible serait ce qui est écrit dans le resp. Yeshouot Yaakov EH §28, selon lequel l'obligation de se couvrir la tête ne commence que chez une mariée qui a connu l'intimité maritale, et la raison pour laquelle une vierge mariée doit couvrir sa tête est qu'elle est présumée avoir connu cela, et cette présomption, commençant seulement le lendemain du mariage, fait force de loi.